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Rencontre avec celle qui fait pousser des fleurs à Paris

Mise à jour le 02/04/2019
Situé sur l’un des points les plus hauts de l’espace public parisien, le cimetière de Belleville (20e) abrite un jardin presque secret, le champ du Télégraphe, où poussent des centaines de fleurs. Derrière cette idée se trouve Masami-Charlotte Lavault, 31 ans, lauréate des Parisculteurs de 2017.
Le projet de faire pousser des fleurs à Paris trottait dans la tête de Masami-Charlotte depuis presque six ans. Il ne lui manquait qu'un coup de pouce… qui arrive en 2017 lorsqu'elle est lauréate de l'appel à projets Parisculteurs. Grâce à un bail long de dix ans accordé par la Ville de Paris, renouvelable une fois, Masami-Charlotte peut planter des fleurs à foison et s’implanter durablement dans ce champ de 1200 m2 qu'elle partage avec deux autres associations, Pépins Production et Interface Formation.
floriculture
Emilie Chaix / Ville de Paris
Rien ne la destinait a priori à devenir l’une des premières floricultrices de Paris. Parisienne d’origine, une formation de designer industriel en poche, Masami-Charlotte était plutôt éloignée de la culture des plantes. Mais la jeune femme décide de se former à l’horticulture et à la biodynamie. Puis elle y découvre les micro-organismes efficaces lors d’un voyage à Okinawa au Japon en 2016. Elle apprend à dompter des bactéries qu’elle fait fermenter dans de l’eau et du sucre qui lui permettent ensuite de nourrir le sol et les plantes. Un traitement doux d’autant plus utile que le champ du Télégraphe qu’elle cultive maintenant était très pollué par de nombreux métaux lourds. S’il était interdit d’y faire pousser des fruits et légumes, impropres à la consommation, la culture de fleurs ne pose en revanche aucun problème.

Travailler au milieu des fleurs à Paris, un privilège

Même si l’affaire n’est pas encore rentable, une petite exploitation ayant besoin de plusieurs années avant de stabiliser, Masami-Charlotte, douce et sereine, est très satisfaite de son environnement de travail. « C’est merveilleux d’être dans un champ de fleurs à Paris » confie-t-elle en souriant. Elle ne s’y sent pas seule, puisqu’elle a la compagnie d’un crapaud qui habite dans la seule petite mare du champ, au pied d’un arbre. Un couple de pies a aussi élu domicile dans le jardin. « Gare aux corbeaux qui voudraient s’y aventurer ! », les pies défendent leur territoire sous l’œil amusé et complice de Masami-Charlotte. Lorsqu’on lui demande si elle envisage d’installer une ruche, elle explique que les abeilles pollinisent les fleurs et entraînent leur fructification trop rapidement. Il est donc préférable de ne pas leur installer une maison à proximité.
Les humains sont en revanche les bienvenus. La floricultrice n’hésite pas à cultiver tranquillement son réseau de clientèle grâce aux réseaux sociaux, et notamment Instagram, qui l’aide à se faire connaître des amateurs et amatrices de fleurs. Professionnels et particuliers constituent donc sa clientèle locale. En saison, il est possible de venir lui rendre visite le samedi après-midi de 14h à 17h à condition de dénicher la petite porte verte au fond du cimetière de Belleville qui donne accès au champ de fleurs.

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