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Les jardins publics et les arbres protégés des fortes chaleurs

Mise à jour le 18/07/2019
Cet été, la Ville de Paris veille sur ses arbres et la végétation de ses jardins publics en adoptant un dispositif d’arrosage optimal. Le point.
Arbres qui perdent leurs feuilles, signes de sécheresse apparents des végétaux… Cette année, le constat ne diffère pas des étés précédents. Les végétaux en ville sont caractérisés par un stade d’avancement saisonnier plus marqué que les territoires moins urbanisés et moins imperméabilisés. De la même façon, un écart de température est ainsi constaté entre Paris intra-muros et les Bois de Vincennes et de Boulogne.

Arroser de nuit pour limiter l'évaporation

Les végétations les plus sensibles et exposées souffrent donc des fortes chaleurs. C’est particulièrement le cas des pelouses très fréquentées, des jeunes arbres et des jardinières en bacs. Dans certains jardins (le parc André Citroën par exemple), des arroseurs ont été mis en fonctionnement en journée au niveau des pelouses pour limiter leur dépérissement. Dans la mesure où la présence du public rend difficile cette pratique, la Ville privilégie plutôt l'arrosage automatique de nuit pour la plupart de ses espaces, limitant ainsi l'évaporation.
Concernant les plantations en bacs, qui disposent d'une réserve d'eau beaucoup plus limitée que la pleine terre, les jardiniers assurent des tournées d'arrosage en utilisant des véhicules équipés de tonne à eau, ou en se branchant sur les bouches d'arrosage se trouvant le long des trottoirs.
De plus, une soixantaine de jardinières ont été équipées de capteurs communicants. Ils permettent de connaître précisément les besoins en arrosage et ainsi d'optimiser les consommations d'eau et les déplacements des agents. Pendant la saison estivale, des régies associatives d’insertion locale et des entreprises extérieures viennent renforcer les équipes de la Ville pour assurer l'arrosage des milliers de points de végétalisation sur espace public.

À chaque arbre son arrosage

Comme tous les végétaux, les arbres sont éprouvés par la hausse des températures. Mais contrairement à ce que l'on pourrait penser, ces derniers laissent tomber des feuilles pour diminuer leur surface foliaire, et ralentir l’évapotranspiration, afin de préserver leurs ressources en eau pour assurer la photosynthèse. Il s’agit donc d’une réaction naturelle et sans danger.
Pour assurer l’entretien des quelque 100.000 arbres d’alignement de Paris, les services de la Ville suivent un protocole précis. Ils réalisent par exemple pendant environ six mois de l’année l’arrosage des jeunes plantations (arbres de moins de trois ans) soit entre 4 000 et 5.000 arbres. Cet arrosage des jeunes sujets, qui ne disposent que de peu de réserves et sont donc très sensibles au stress hydrique, leur permet de développer leur système racinaire durant les premières années afin de les rendre autonomes par la suite.
Afin d’optimiser cet arrosage, la Ville équipe un échantillon représentatif des jeunes arbres de sondes tensiométriques qui permettent de surveiller le stress hydrique des végétaux. Ainsi, chaque semaine, des consignes sont données aux ateliers de bûcherons afin de procéder à des arrosages ciblés (arbres de première année, deuxième année, troisième année, sites spécifiques, etc.).
En période de forte chaleur, l'arrosage se concentre donc sur les jeunes sujets, les arbres matures étant plus résistants et capables de déclencher des réactions de protection naturelle. L’arrosage de ces sujets nécessiterait en outre des volumes très importants d’eau et pourrait in fine être contre-productif puisqu’il mettrait les sujets dans une situation de confort artificiel pouvant conduire à un dépérissement.
Quels sont les arbres les mieux adaptés au réchauffement climatique ?

Bien consciente de l’évolution du climat à Paris, la Ville a lancé une étude prospective Arbre et Climat, afin d’étudier précisément le comportement des essences existantes dans les rue de Paris face à une élévation des températures et une baisse des précipitations. Cette étude permettra ainsi d’identifier les essences les mieux adaptées aux conditions climatiques de demain et susceptibles de contribuer au rafraîchissement de la ville.

Utiliser dans la mesure du possible le réseau d'eau non potable

Le plan sécheresse, lui, n’a pas encore été déclenché en 2019 à Paris. Les débits au niveau des stations de mesure n’ont pas atteint les seuils de vigilance. A priori, il ne devrait pas être mis en œuvre prochainement. Ce plan prévoit quatre niveaux de réaction, d’une simple limitation de l'arrosage (en dehors des heures chaudes de la journée) à partir du seuil de vigilance, à une interdiction totale lorsque le seuil de crise est atteint. Dans ce dispositif, la préservation de la ressource en eau prime sur l'état phytosanitaire des végétaux.
Toutefois, afin d'économiser l'eau potable, la Ville utilise dans la mesure du possible le réseau d'eau non potable (eau de Seine ou de canal) pour l'arrosage des jardinières sur espace public et dans une partie des jardins. Conjointement avec Eau de Paris, la Ville mène actuellement un travail pour optimiser l'usage de ce réseau parallèle et convertir davantage de jardins à l'utilisation de cette eau brute. Dans tous les cas, l’arrosage s’effectue toujours en tenant compte des consignes sur les potentielles restrictions liées à la préservation des ressources en eau.

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