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Le saviez-vous ?

Changement d'heure : quand, comment, pourquoi… encore longtemps ?

Mise à jour le 23/03/2021
Dans la nuit de samedi 27 au dimanche 28 mars, la France passe à l'heure d'été, et comme chaque année, vous avez un doute : on avance ou on recule d'une heure ? Allez, pas de suspens : à 2h du matin, il sera en fait 3h ! On perd une heure de sommeil, certes, mais on gagne une heure de soleil en fin de journée… La question étant réglée, on vous propose de découvrir ces anecdotes étonnantes (ou pas) autour de cette drôle de manie semestrielle.

En 1973, un choc pétrolier fait (de nouveau) basculer le temps

Le changement d'heure a été instauré en France en 1975 à la suite du choc pétrolier de 1973. Cette crise économique et énergétique contraint les gouvernements à réduire leur consommation d'énergie en alignant les heures de travail sur les heures d'ensoleillement, afin de limiter les besoins d'éclairage professionnel en soirée. La perte de luminosité implique donc la perte d'une heure en hiver (moyen mnémotechnique pour savoir si on recule ou on avance sa montre).
Selon une étude de l'Ademe, l'Agence de la transition écologique, le changement d'heure permettrait à la France d'économiser 351 GWh chaque année, soit 0,07% de sa consommation énergétique totale.

Le fuseau horaire français tire ses origines dans les deux Guerres

L'heure d'hiver correspond à l'heure dite "normale" de la France. Pourtant, elle est en décalage d'une heure par rapport à ce qu'on appelle le Temps universel coordonné (UTC), soit UTC+1. Il faut chercher la raison du côté de la Seconde Guerre mondiale. La France occupée passe à l'heure allemande, et le régime de Vichy suivra quelques temps plus tard pour des raisons logistiques. L'Allemagne pratique en fait l'heure d'été depuis la Première Guerre mondiale, comme l'avait d'ailleurs fait la France et la Grande-Bretagne en 1916 pour pallier une pénurie de charbon.
Après la Libération, le décret du 14 août 1945 fixe finalement l'heure légale avec une heure de décalage par rapport à l'heure de son fuseau horaire. Avec le retour de l'heure d'été en 1975, ce décalage passera à 2 heures en été.

En 2002, les 27 pays européens se sont coordonnés

Dans les années 1980, le changement d'heure s'est généralisé à toute l'Europe, chaque pays ayant ses propres dates. Par souci de cohérence, les jours où l'on change d'heure ont été harmonisés en 2002 dans les 27 pays de l'Union européenne :
  • le passage à l'heure d'été s’effectue dans la nuit du dernier samedi au dimanche du mois de mars ;
  • le passage à l'heure d'hiver s'effectue dans la nuit du dernier samedi au dimanche du mois d'octobre.
Ailleurs dans le monde, plusieurs pays continuent de le pratiquer, mais pas forcément sur l'ensemble de leur territoire, à l'image du Canada, des Etats-Unis et du Brésil. D'autres l'ont définitivement abandonné (l'Argentine, la Tunisie, l'Égypte, la Turquie, l'Ukraine, la Russie…), peu convaincus par ses avantages.

Dans les Outre-mer, on ne change jamais d'heure…

Aux Antilles, en Guyane, à La Réunion, en Nouvelle-Calédonie, à Mayotte et en Polynésie, on ne change jamais d'heure. Et pour cause : la durée d'ensoleillement varie très peu entre l'hiver et l'été, en raison de leur proximité avec l'équateur.
Par exemple, à La Réunion, le jour dure 13 h 30 le 21 décembre (jour le plus long), contre 10 h 50 le 21 juin (le jour le plus court). A Paris, le jour dure 8 h 14 le 21 décembre et 16 h 10 à Paris le 21 juin.

Jusqu'en 1995, le passage à l'heure d'hiver ne s'effectuait pas en octobre

Certes, on vous parle d'un temps que les moins de 20 ans appellent "le siècle dernier". Et les enfants du siècle passé l'ont peut-être oublié, mais jusqu’en 1995, le retour à l’heure d’hiver avait lieu le dernier dimanche de septembre. En 1996, soulagement, l'été se prolonge d'un mois : le passage à l'heure d'hiver se fera désormais le dernier week-end d'octobre.

Et si on mettait fin à l'heure d'hiver ? Les Français disent oui, le Covid dit non

Ce vieux serpent de mer… L'idée fait son chemin depuis quelques années, à tel point que la Commission des affaires européennes de l'Assemblée nationale a lancé une consultation en ligne sur le sujet, du 4 février au 3 mars 2019.
Cette consultation a reçu 2 103 999 réponses et montre que 61,16 % des citoyens ayant participé ont une expérience négative ou très négative du changement d'heure. Par ailleurs, 83,71 % souhaiteraient y mettre fin, et en cas de suppression, 59,17 % choisiraient de rester définitivement à l'heure d'été.
En mars 2019, le Parlement européen s'est officiellement prononcé en faveur d’une proposition de directive recommandant sa suppression. La consultation aurait dû avoir lieu dans tous les pays membres en 2020 pour une mise en œuvre en 2021, mais le Covid est passé par là, reportant aux calendes grecques cette lancinante question.

A l'ouest, la pénombre jusqu'à 10 h en hiver…

Alors c'est sûr, passer à l'heure d'été en permanence, ça fait rêver. Sauf qu'un tel changement n'est pas si anodin que cela, selon les chronobiologistes. D'abord, parce que, comme nous l'avons expliqué plus haut, l'heure française est à GMT+1 en hiver et GMT+2 en été. Si nous passions à l'heure d'été définitivement, nous aurions donc 2 heures de retard sur le soleil en hiver, contre 1 heure aujourd'hui.
Imaginez : l'ensemble du littoral atlantique ne verrait pas le jour pointer avant 10h du matin en hiver (et autour de 9h pour Paris)… Avec des répercussions sur le rythme circadien et les problèmes de sommeil qui peuvent en découler.

Des horlogers pour remettre les pendules de Paris à l'heure

L'horloge du Palais de la Cité, la plus ancienne de Paris (1370)
L'horloge du Palais de la Cité, la plus ancienne de Paris (1370)
François Grunberg / Ville de Paris
A l'approche de chaque changement d'heure, l'atelier d'horlogerie de la Ville de Paris est sur les chapeaux de roues : ses 7 agents (4 horlogers pour les horloges patrimoniales et la pendulerie mécanique, 3 électrotechniciens pour les cadrans électrifiés et les sonneries d’interclasse dans les écoles) auront 4 jours pour remettre à la bonne heure les 120 pendules mécaniques du patrimoine de la Ville et les dispositifs de sonnerie dans environ 650 établissements scolaires, mairies, gymnases, piscines, équipements municipaux, quelques églises et même la caserne de la garde républicaine.
A savoir que leur travail est hebdomadaire tout au long de l'année : tous les lundis, l’équipe part remonter les mécanismes dans tout Paris et détecte les problèmes éventuels. Les horlogers interviennent également sur l’aspect esthétique des horloges : le marbre est lustré, les boîte en bronze nettoyées, les patines refaites, le bois restauré…

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