Si les noms de Christophe Colomb ou de Vasco de Gama, ainsi que leurs « Grandes Découvertes » au tournant des années 1500 incarnent pour beaucoup l’idée de voyage à la Renaissance, ils n’illustrent en réalité qu’une partie de ce que recouvre les pérégrinations et mobilités du temps. Le voyageur n’est pas seulement explorateur, il est aussi marchand, diplomate, pèlerin, soldat ou encore artiste.
Les échanges engendrés par ces périples sur les routes d’Europe, d’Orient et du Nouveau Monde, qu’ils soient humains, culturels ou économiques, aux conséquences bénéfiques mais aussi parfois néfastes, modifient de bien des manières les sociétés des XVe et XVIe siècles. Ce phénomène s’observe notamment dans la production artistique de l’époque, qui constitue une source de première main pour étudier la circulation des idées, du goût et des techniques. Empruntées à la peinture, la sculpture, l’architecture et les arts décoratifs, mais aussi à la littérature contemporaine (récits de voyage, ouvrages scientifiques, etc.), les œuvres étudiées mettront en évidence les influences réciproques qui animent ce monde de la Renaissance, aux contours sans cesse renouvelés. En filigrane, elles illustreront le récit complexe et fascinant des premiers empires coloniaux et permettront de s’inscrire dans les pas de ces voyageurs, à la rencontre de l’Autre et de l’inconnu.