Si les innombrables cartes postales
photographiques du Paris des années 1900 ont gardé la trace d'une diversité de
métiers de rue, elles occultent certaines dimensions de ces activités et ne
représentent pas également tous les groupes professionnels qui occupaient alors
l'espace urbain parisien. Elles traduisent en effet différents processus de
sélection des modèles représentés selon leur métier, leur genre et leur âge.
Cette intervention explore ces politiques de représentation en confrontant ces
cartes postales à diverses archives, qu’il s’agisse de statistiques publiques,
de registres de police ou d’enquêtes ouvrières. À travers ce cas, il s’agit
plus largement d’interroger de quelle manière les cartes postales peuvent être
mobilisées comme source d'une histoire sociale et visuelle du travail de rue.