À l'occasion de Nuit Blanche, la Fondation Maison des sciences de l'homme (FMSH) vous invite, au cœur de son Comptoir, pour observer les différents visages de la nuit. Géographes, anthropologues, musicologues, littéraires et historiens vous emmèneront, au travers de leurs parcours et travaux, vers ce nouvel horizon.
La nuit n’est pas l’inverse du jour. Cette réflexion est
surprenante bien que chacun·e la comprenne à bas-bruit : ce que l’on
fait de nuit, on ne le fait pas de jour, ce que l’on dit la nuit est
souvent tue le jour. À la faveur de la nuit nos relations et nos
manières d’être se modifient. Les sciences sociales se sont emparées
depuis plus de vingt ans de cet objet obscur et délaissé et leurs études
sont formelles : l’espace-temps transforme toutes les personnes et les
objets qui y entrent et en ressortent différents.
À l'occasion de la Nuit Blanche, la Fondation vous invite, au cœur de son
Comptoir,
pour observer les différents visages de la nuit. Géographes,
anthropologues, musicologues, littéraires et historiens vous
emmèneront, au travers de leurs parcours et travaux, vers ce nouvel
horizon.
Une opportunité inédite de découvrir
Le Comptoir, le nouveau lieu de rendez-vous avec les sciences humaines et sociales niché au premier étage de la FMSH
LE PROGRAMME
Ouverture des portes à 19h30 jusque minuit - dernière entrée : 23h20
19h55 | Ouverture de la nuit
Ô Nuit أيها الليل de Gibran Khalil Gibbran
Extrait de SIGILA, 23. La nuit-A noite, printemps-été 2009
Lu par Assia BOUNNAH / 4 min
20h - Lumières sur la ville
Éclairage des villes et pollution lumineuse
Samuel CHALLEAT, géographe (CNRS Toulouse) / 20 min
Éclairer la nuit là où elle tombe reconfigure le lieu précisément où
elle tombe en en transformant l’espace qui s’agrandit au lieu d’en être
réduit, et la durée qui s’allonge là où recule l’obscurité. Alors,
l’éclairage public s’étend, la dépense énergétique s’accroît, et la
qualité écologique de l'environnement nocturne se détériore. Ce dernier
aspect fait l’objet de l’attention de l’auteur qui expose ces
détériorations et les choix socio-écologiques des populations et de
leurs autorités pour les réduire.
20h25 - Qui a peur de la nuit ?
Alain CABANTOUS, historien moderniste / 20 min
En privilégiant le cadre de l'Europe moderne (XVIIe-XVIIIe
siècle), Alain Cabantous reviendra sur les distinctions et les
complémentarités des comportements et des sentiments devant la peur de
la nuit, devant la peur dans la nuit.
20h45 - Quelques mesures nocturnes
Chansons de Bernard LORTAT-JACOB, ethnologue, musicologue / 20 min
Voix et clavier
Nelly SANCHEZ, docteure en lettres, spécialiste de la littérature féminine du XIXe et XXe siècles / 20min
Quelle est la place du lit dans la littérature française ? Trop
réduite alors même que ce lieu occupe un tiers de notre existence.
Comment expliquer ce silence relatif sur cet objet/lieu qui symbolise à
lui seul toute la condition humaine ? Retour sur les journées d'études
organisées le 20 et 21 mars à l'université de Limoges.
21h35 - Que jamais le temps ne se brise
Brigitte BAPTANDIER, directrice de recherches au CNRS, ethnologue et sinologue / 20 min
Un pèlerinage au mont sacré de l’Ouest, le Mont de la fleur (Chine),
doit s’accomplir au cœur de la nuit afin d’absorber les émanations de
l’aurore au lever du soleil. Une randonnée céleste entre rêves, mythes
et altération des sens. Une dynamique nocturne créatrice de
métamorphoses.
Lectures poétiques franco-portugaise
Sol invictus/Soleil invictus
Extrait de SIGILA, 50. Éclipses-Eclipses, automne-hiver 2022
Lus par Pedro VIANNA et Assia BOUNNAH / 1,30 min
Guy BORDIN, ethnologue, réalisateur / 20 min
Représentations et vécu de la nuit des Inuit du village de
Mittimatalik, situé au nord du 72e parallèle sur la Terre de Baffin,
c’est-à-dire un des villages inuit les plus au nord, au-delà du cercle
polaire, là où selon solstices et équinoxes la vie oscille entre
obscurité permanente et lumière continue. Dans ces conditions, comment
les importantes fêtes nocturnes prises dans leur ensemble informent le
rapport inuit à la nuit et influencent les cycles temporels de la vie
familiale et sociale.
Lectures poétiques franco-portugaise
Um Astro/Un astre
Extrait de SIGILA, 16. L’ombre- A sombra, automne-hiver 2005
Lus par Pedro VIANNA et Assia BOUNNAH / 2 mn
22h20 - Travailler là où la nuit est tombée
La nuit prend ici un sens métaphorique pour celles qui furent confrontées à l’impossibilité de poursuivre leurs travaux. Les conditions politiques apparues dans leur pays ont entravé leur liberté académique. En exil, elles tentent de la recouvrer. Depuis ce seuil en clair-obscur, elles viennent nous en parler. / 40 min
Cristiane DERANI
Professeure de Droit International, Économique et de l’Environnement à
l’Université Federal de Santa Catarina (Brésil), Cristiane DERANI est
actuellement en France à l’Université Panthéon Sorbonne Paris 1, pour
travailler sur un projet abordant les systèmes agricoles, la
biodiversité et les changements climatiques. Au Brésil, elle coordonne
le réseau latino-américain sur le nouveau constitutionnalisme
démocratique. Elle a pu sentir, dès les premiers moments du gouvernement
antérieur, la politique de combats contre les universités et les
sciences humaines. Présidente des études de Maîtrise et Doctorat de son
université, Cristiane Derani a dû faire face aux coupes colossales des
budgets de recherches. Dès lors, le congrès organisé chaque année sur le
nouveau constitutionnalisme latino américain n’a pas été financé pour
cause de "financement de rencontres communistes".
+ Lauréate du programme DEA
23h | Lectures poétiques franco-portugaise
Na noite terirvel/Dans la nuit terrible
Extrait de SIGILA, 23. La nuit-A noite, printemps-été 2009
Lus par Pedro VIANNA et Assia BOUNNAH / 6 min
23h10 - La nuit de la parole. Écouter le silence
Deborah PUCCIO-DEN, ethnologue / 20 min
En cinq scènes nocturnes européennes ethnographiées sur le long
terme, l’autrice révèle les relations structurantes qui, cachées de
jour, s’énoncent pourtant bien la nuit mais d’une toute autre manière :
bal masqué slave, procession nocturne d’une vierge andalouse, omerta
mafieuse, rêverie d’un juge anti-mafia cloîtré et danse kizomba en
banlieue entre partenaires sexués et quasiment muets.
23h30 | Clôture de la nuit
Ô Nuit أيها الليل de Gibran Khalil Gibbran
Extrait de SIGILA, 23. La nuit-A noite, printemps-été 2009
Lu par Assia BOUNNAH / 2 min