Deux commissaires français mettent leur regard sur une génération d’artistes danois et français contemporaine dans une exposition collective.
Les danois ont un rire philosophe, celui de la politesse du désespoir. Conscient des agitations du monde et de ses prétentions dérisoires, ils utilisent le clown comme un contrepoison et un antidote au cirque des vanités. Ainsi, une longue tradition artistique s’appuie sur le jeu, le rire, la farce ou le canular pour faire vaciller les ordres, les normes et les figures établies. Par le coup d’éclat médiatique, la provocation dans l’espace public, l’exagération de situations, le clown parvient à faire vaciller le réel.
Il est érigé en totem par les situationnistes, -avant-garde à cheval entre Paris et Copenhague- qui fait du jeu sa méthode, du détournement son mantra. Il est complice du mouvement Cobra quand Asger Jorn mime l’insurrection avec son Institute of Vandalism. Il se grime sous des formes filmiques avec l’ABCcinéma ou sous les traits de femmes vengeresses dans Three Girls and a Pig (1972) de Ursula Reuter Christiansen. Il peut être pop et spectaculaire à la manière de la sirène décapitée par Jorgen Nash. Il est noir et grinçant en la personne de Lars Von Trier, clown Auguste du royaume du Danemark (The Kingdom, The Direktor, The Idiots). Il inquiète et embarrasse dans les satires cruelles d’Henrik Plenge Jakobsen ou Jens Haaning.
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Aussi, est-il présent chez une génération plus contemporaine : sous des masques et des traits anthropomorphes chez Rasmus Myrup, grimaçant chez Magnus Andersen, malaisant chez Christian Falsnaes, cynique et cupide chez Esben Weile Kjær, étrange et retors chez Tora Schultz. Son omniprésence témoigne de notre culture des avatars virtuels où chacun réinvente son identité : il peut être ainsi drag, troll ou Jokerisé. Le clown est enfin porteur d’un rire d'étonnement et d’enfance : cette faculté si chère d’imaginer des nouveaux mondes, de fabuler des univers.
Au fond, ce dernier est aussi un sage, trop conscient de notre finitude et de notre irréductible impuissance. Face au désarroi terrestre, à l’horizon de la mort et des Champs-Élysées, il nous donne la force d’envisager l’existence sous des auspices plus légers. Kierkegaard prônait aussi cet humour habité par l’idiotie comme vertu salvatrice. Ce rire, cette idiotie est donc conjuratoire face à notre horizon commun, car au royaume des Hommes, nous finissons tous triviaux et nus comme des asticots que l’on soit valet, clown ou roi.
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