Une nouvelle Grande conférence de l'École du Louvre se profile avec "Oser le nu. Comment les artistes femmes s’emparent d’un genre dont elles étaient exclues (1900-1930)", par Camille Morineau, conservatrice générale du patrimoine, co-fondatrice et directrice d’AWARE (Archives of Women Artists Research and Exhibitions), présidente du conseil d’administration de l’École du Louvre.
On a pu croire qu'à part quelques pionnières, qui ont été autant d'exceptions confirmant la règle, le genre du nu avait été réservé aux artistes hommes pendant des siècles. Exclues des Écoles des Beaux-Arts puis des classes de nu, les artistes femmes, a-t-on longtemps pensé, ne pouvaient trouver les moyens de représenter ce sujet, par ailleurs considéré tabou pour leur genre. Pourtant au tournant du siècle quelques pionnières aujourd'hui identifiées infirment cette évidence. Chacune dans un style différent, Suzanne Valadon, Paula Modersohn-Becker, et Käthe Kollwitz s'approprient et réinventent ce grand genre. En cherchant un peu, on trouve en réalité beaucoup d’autres peintres ou sculptrices qui s'attellent à cette ré-invention ; elles se multiplient en particulier entre les deux guerres.
Et si le nu était au contraire le sujet des artistes femmes, le moyen de construire un regard féminin sur le monde ? Avec un siècle de distance, il est temps de se poser cette question et de tenter d'y répondre.
Les Grandes conférences de l'École du Louvre, font écho à l'actualité et à la recherche des musées et des mondes de l'art en compagnie de ses acteurs et de ses grands témoins, conservateurs, universitaires, chercheurs, critiques et artistes…
Elles sont ouvertes à toutes et tous, libres d'accès (dans la limite des places disponibles) et gratuites.