La Cérémonie du chocolat brosse le portrait d’un groupe d’adolescents – encadrés par des parents imparfaits.
Ces tous jeunes gens sont saisis dans
l’instant où surgissent en eux la passion amoureuse et le désir
physique. Quittant définitivement l’enfance, ils sont tour à tour
bouleversés par les tremblements du corps, parfois désespérés de ne pas
rencontrer la réciprocité, déterminés en tout cas dans l’affirmation de
leur orientation sexuelle.
Ils sont également traversés par la question du futur, inquiets du
délitement du monde que les adultes vont leur laisser en héritage.
C’est donc bien à un rite de passage que nous assistons, rite plein
de questionnements et de violence mais porté par un souffle poétique et
une immense pulsion de vie.
J’ai essayé de ne plus te parler. De ne plus te regarder. De ne
plus te voir. J’ai escaladé des montagnes, j’ai couru des marathons.
J’ai nagé jusqu’à l’asphyxie. J’ai passé des nuits à boire et des nuits à
pleurer. J’ai vomi. Je me suis scarifié. Me voici devant toi, enfantin,
vulnérable. Sarah, je ne peux pas ne pas t’aimer. Je suis ce que je
suis. Je suis ce qu’on a fait de moi. Maintenant je vais fermer les
yeux. Si tu ne veux pas de moi, disparais dans les ténèbres. Mais si tu
crois que tu peux m’aimer, je veux dire, apprendre à m’aimer, tel que je
suis, cabossé, vulnérable, alors, alors, ne bouge pas.
Texte et mise en espace Jean-René Lemoine
Avec Jasmine Cano, Amandine Doistau, Aurélien Fayet, Gaspard
Gevin-Hié, Noémie Moncel, Vincent Odetto, Léa Constance Piette, Altynay
Tuganbekova, Baptiste Znamenak
Durée : 1h20 Grande Salle