Leur mère est morte et ils habitent ensemble, deux frères, quarante
ans passés, célibataires, une vie réglée. Sébastien, qui travaille dans
une usine, est passionné par la comparaison entre les différentes
nationalités, Charles ouvrier coiffeur est moins profond, ils
s’entendent bien, ça pourrait continuer comme ça. mais Charles introduit
de force Nina, sa petite amie, dans leur vie commune. celle-ci se met à
craquer. Mais sans se défaire. au contraire la vie ne cesse, à partir
de là, de se faire, puisqu’il y a maintenant les contradictions, les
tensions, un incessant éclatement.
« Hélène et Philippe habitent ensemble, mère et fils. Attachants l’un
et l’autre. Attachés l’un à l’autre. Mais lui passe aussi son temps à
se dégager. D’elle. De la société. Du monde. Dissident il l’est avec
passivité. Une tranquille et formidable passivité. Il parle mais se
délie des paroles qu’il prononce. Disons peut-être que chez lui il n’y a
pas adhérence. Il va. Il va sans dire. Elle n’est pas immobile, elle va
et dit le discours « des parents ». Elle le dit avec hésitation,
ardeur, délicatesse, discrétion. Apparemment ça ne mène pas à grand
chose. Ce qui se passe entre eux risque tout le temps d’être nul.
Pourtant on n’est pas loin, entre eux deux, de ce qu’on pourrait appeler
une passion, une intelligence. » – Michel Vinaver