L’année précédente, en 53, à la suite d’une petite annonce de demande d’emploi qu’il a passée dans le Herald Tribune,
il a accepté un poste de cadre-stagiaire dans la filiale française
d’une entreprise multinationale, dont le transfert s’effectuait de Paris
à Annecy. Il vit au bord du lac, dans une maison achetée par son
grand-père en 1920 à son arrivée de Russie. Il a 27 ans, a publié
quelques essais dans des revues et deux romans chez Gallimard. L’année
suivante, en 55, il « découvre » Ubu mis en scène par Monnet,
toujours dans le cadre du stage national d’art dramatique amateur, et
note les réflexions que lui suggère le spectacle dans un article qu’il
envoie aux Temps Modernes et qui n’est pas publié. À la fin de
l’été, à la demande de Monnet — mais c’est Georges Planchon qui la
créera à l’automne 56 — il écrit sa première pièce, Aujourd’hui, qui deviendra Les Coréens. C’est donc dans le même temps que débutent pour lui à la fois l’écriture théâtrale et la réflexion sur le théâtre.
Publié au début des années quatre-vingt par les éditions de l’Aire, Écrire sur le théâtre
est depuis longtemps épuisé. Le présent ouvrage est une réédition de
L’Arche. Le premier volume comprend des textes et des entretiens qui
s’échelonnent entre 1954 et 1980. Le second volume réunit des textes
couvrant les années 1982 à 1998.