Au-delà du cercle polaire, Antipode Ultime nous plonge au cœur de l’Antarctique, terre isolée et fascinante, où la beauté des paysages côtoie la fragilité d’un écosystème menacé par le réchauffement climatique. Une immersion visuelle et poétique au plus près des manchots et des éléments.
Vernissage de l'exposition - Vendredi 14 novembre - 18h30 > 19h30
Aux antipodes de notre monde urbanisé, l’Antarctique est le continent le plus isolé de la planète. Au delà des 50e hurlants, au sud du continent américain, le Passage de Drake dispense ses tempêtes et protège la Péninsule Antarctique une grande partie de l’année. Se rendre en Péninsule Antarctique, porte d’entrée du continent blanc, continent ultime, c’est accepter des contraintes multiples; c’est prendre le temps de traverser le courant circumpolaire en bravant les éléments sources d’un mal de mer tenace; c’est vivre le froid, l’humidité, les embruns, le vent, les tempêtes. Le printemps antarctique débute au mois d’octobre, la température est de -15°C.
Après plusieurs jours de navigation au travers de vagues de 6 à 8 mètres de haut et des vents de 30 à 50 nœuds, l’arrivée au niveau de la Péninsule se fait par les iles Shetland du Sud. Souvent des nuages lourds obstruent en partie le ciel et masquent la plupart des pics rocheux et enneigés qui culminent à près de 2800m. Si des liaisons aériennes permettent aujourd’hui de se rendre directement sur le continent antarctique, y aller par la mer, en traversant le Passage de Drake, c’est prendre conscience de l’isolement de ce continent et respecter la nature et ses conditions.
Les paysages dans lesquels on arrive alors sont imposants, magiques mais fragiles. Aussi, avant de poser le pied sur ce continent, de nombreuses précautions sont prises pour réduire au maximum les risques de contamination de la faune et de l’environnement.
En longeant la côte ouest de la Péninsule en direction du sud, c’est-à-dire en passant le long du Détroit de Gerlache vers le Canal Lemaire et l’Ile Peterman, ce sont des colonies de Manchots Papou, Manchots Adélie et Manchots à Jugulaire qui sont rencontrées. Oiseaux incapables de voler, les manchots sont d’excellents nageurs. La glace et les pierres, éléments principaux de la Péninsule Antarctique, représentent l’écosystème sur lequel ils passent les périodes printanière et estivale afin d’assurer la pérennité de l’espèce lorsque les conditions sont favorables.
Malheureusement, depuis plusieurs années ce cycle est perturbé par le réchauffement anthropique avec deux éléments conduisant à une diminution de la taille des colonies de manchots: (1) une réduction de la superficie de la zone glacée et une augmentation des zones rocheuses et terrestres, (2) une prolongation de la durée des périodes de pluies contre lesquelles les manchots, en particulier les jeunes, ne savent pas lutter. En effet, une pluie diurne suivie par un gel nocturne entrainent la perte de colonies entières de jeunes manchots prisonniers d’un duvet gorgé de glace.
D’autres ont montré combien l’Antarctique est un continent mystérieux, photogénique et attrayant. Avec le sujet Antipode Ultime nous avons voulu témoigner non pas du courage et de la persévérance dont ont fait preuve les explorateurs occidentaux pour découvrir et cartographier cette région de la planète, mais de la fragilité et de la résilience de l’écosystème antarctique face au réchauffement du climat induit par les activités humaines. Les tirages présentés ont été mis en valeur par l’équipe Picto Bastille en particulier Jean-Christophe, Alexis et Pascal. Merci également à l’équipe du centre Paris Anim’Mado Robin surtout Mathilde, Jeanne, Hélène et Adrien pour leur accueil et leur enthousiasme
Vernissage le 14/11 - 18h30 Ouvert à tous
En accès libre et gratuit.