Le Covid-19 a bouleversé le cours de nos existences. Elle ne le fait cependant pas de façon uniforme au sein de la structure sociale, ce que ce livre défend en mettant en lumière les formes prises par la crise sanitaire pour les salarié·es continuant de travailler sur site au plus fort des restrictions, en grande majorité issu·es des classes populaires. Largement invisibilisée, leur expérience de la pandémie est celle d'un accroissement de la domination, qui passe par la dégradation de leurs conditions de vie et de travail, combinant intensification brutale des activités productives et violente surexposition au virus. Objets d'un discours public inédit de valorisation qui les a fait·es "salarié·es essentiel·les" ou "de la seconde ligne" , ces salarié·es expérimentent des rapports au travail pluriels où l'utilité sociale ne compense jamais le sentiment de dépréciation, de mépris et la contrainte économique, dans ces métiers faiblement rémunérés et considérés.
Cyrine
Gardes est sociologue du travail et des inégalités. Elle a soutenu une thèse
sur le modèle économique du low-cost et ses effets sur le travail en 2019. Elle
s'intéresse depuis 2020 à la pandémie de Covid-19 et la manière dont celle-ci
bouleverse la société, en particulier les activités professionnelles. Elle est
actuellement post-doctorante au Centre de Sociologie des Organisations, à
Sciences Po (Paris).