Face à ses collègues des périodes
postérieures, généralement en mesure d’identifier et d’authentifier œuvres et
artistes, l’historien de l’art de la période médiévale est le plus souvent
confronté à une production restée anonyme – tous supports artistiques confondus
– et ne peut faire autrement que de se contenter de noms de convention – les
fameux « Maîtres de… » – forgés de toutes pièces par ses soins et
l’historiographie sur la base de critères stylistiques. L’exploration
ininterrompue des fonds d’archives au cours du XXe siècle, accentuée
encore ces cinquante dernières années, a néanmoins permis de reconstituer
d’authentiques carrières de peintres et, à la faveur d’indices tangibles, de
mettre en relation ces peintres et les maîtres anonymes préalablement définis.
Parmi eux, un peintre parisien du nom de Colin d’Amiens et un maître anonyme
baptisé de longue date le Maître de Coëtivy.