L’histoire des autrices et compositrices de chansons n’a pas commencé au XXème siècle avec Barbara. De tous temps, on a toujours donné aux voix féminines le soin d’interpréter des créations masculines. Or, des poétesses et des mélodistes il y en avait dans tous les milieux mais elles signaient rarement (sauf dans les salons aristocratiques). Au début du XIXème siècle une roturière, Marceline Desbordes-Valmore, fait carrière sur les planches. L’artisanat de la chanson poétique au féminin est né. Il ne pourra se poursuivre que dans l’éclat très ponctuel de circonstances favorables dans les théâtres ; ou dans l’ombre des cabarets où les femmes sont mal admises, avant l’apparition du disque. Trois des créatrices incarnées dans ce spectacle ont néanmoins laissé un nom dans la littérature. Mais elles seront huit sur scène : de la brodeuse en goguette à la diva de salon, de la courtisane en guinguette à l’anarchiste en prison, du génie féminin de l’opéra reconnue avant d’être oubliée, de la poétesse bas-bleu à celle qui invente des psaumes… Huit à neuf à raconter leur vie entre une ou deux chansons étonnantes de poésie et d’humour, accompagnées au piano et au violon.