Le soir du 18 juin 1815, dans une auberge
de la petite ville de Waterloo, un homme accablé de fatigue rédige sa dépêche
relatant les événements de la journée. Il sait déjà que son nom appartient à
l'Histoire. Et pourtant, rien ne prédestinait ce rejeton d'une famille
anglo-irlandaise à devenir l'un des héros les plus populaires de la
Grande-Bretagne. Officier sans beaucoup de perspectives dans sa prime jeunesse,
il a remporté des succès en Inde qui l'ont hissé au sommet de la hiérarchie
militaire. Il a saisi sa chance lorsque le gouvernement britannique a décidé de
combattre les armées napoléoniennes dans la péninsule Ibérique, devenant en
quelques années, grâce à sa ténacité et ses talents, l'un des meilleurs chefs
de guerre en Europe. Sa victoire de Waterloo sur Napoléon, dont il refusera
toujours de partager les lauriers avec son collègue prussien, le feld-maréchal
Blücher, couronne sa carrière et ouvre la voie vers de nouveaux sommets.
Diplomate, homme politique, le duc de Wellington occupe le poste de Premier
ministre de 1828 à 1830. Son impopularité passagère ne l'empêche pas de cumuler
emplois, fonctions honorifiques et d'amasser toute une collection de
décorations britanniques et étrangères. À la fin de sa longue vie, devenu une
sorte de symbole d'une époque révolue, il incarne aux yeux des Anglais un
parfait gentleman, fidèle à son devoir jusqu'au bout. Derrière cette
icône se cache néanmoins un personnage profondément humain, spirituel, au
caractère à multiples facettes.