D'abord scénariste, Augusto Genina passe rapidement à la réalisation (épaulé par Ugo Falena) et signe son premier film en 1912,
Beatrice D'Este dans lequel l'actrice Francesca Bertini interprète cette aristocrate italienne. Il enchaîne ensuite les drames, comédies et adaptations ayant pour vedette les divas italiennes. Il tire deux films de la pièce comique à succès de Nino Oxilia et Sandro Camasio
Addio Giovinezza !. Le premier, tourné en 1918, séduit par son aspect sentimental et mélancolique et par la grâce de Maria Jacobini (que l'on retrouve la même année dans
L'Onestà del peccato). Elle y joue le rôle d'une modeste couturière amoureuse d'un étudiant, dépitée face à une très séductrice rivale interprétée par l'élégante Elena Makowska (qui partage l'affiche avec Fernanda Negri Pouget dans
Lucciola en 1917). La deuxième version de 1927 offre à l'intrigue une atmosphère plus moderne et dynamique et met en vedette l'acteur autrichien Walter Slezak, Elena Sangro et la pétillante Carmen Boni. D'autres adaptations valent à Genina quelques succès cinématographiques. La presse encense le « miracle de la direction artistique, la puissance émotionnelle du sujet et l'engagement admirable des acteurs » de
Lo Scaldino (1920), réalisé d'après le roman de Luigi Pirandello. Genina est l'un des premiers à adapter Edmond Rostand. En 1923, son Cyrano de Bergerac est une merveille entièrement coloriée au pochoir. La mise en scène est ingénieuse, et l'interprétation du comédien Pierre Magnier traduit - en silence - les nuances du personnage.
La Mascera e il volto (1919), audacieuse comédie satirique sur le mariage et les moeurs sexuelles, est une adaptation de la pièce de Luigi Chiarelli. Le rôle de la femme infidèle est tenu par Italia Almirante Manzini, actrice de théâtre reconnue au cinéma pour son interprétation de Sophonisba dans
Cabiria (Giovanni Pastrone, 1914).