Ouvrir la recherche
Équipement

Sainte-Odile

Mise à jour le 14/08/2019

Horaires

 

Les horaires étant susceptibles d'évoluer, merci de vous renseigner directement sur place.

Accès

Sainte-Odile
2, avenue Stéphane-Mallarmé
75017 PARIS
Métro
Porte de Champerret, ligne 3
Velib
Station 17107, 182 boulevard berthier
Station 17028, 34 boulevard de reims
Station 17031, place de la porte de champeret

Contact

Nom : Sainte-Odile
Tél. : 01 42 27 18 37

Présentation

Un peu d'histoire
L'occupation de Paris par les troupes russes, en 1814, avait fait naître l'impérieux besoin de rebâtir de nouvelles fortifications.
La dernière ligne, établie par Thiers entre 1840 et 1845,  subsistera jusque dans les années 1920, délimitant des lieux chers à l'imaginaire populaire : la « zone » et les  « fortifs ».
Le rempart, destiné à résister aux attaques de l'artillerie, est composé d'une voie de servitude et d'un talus fortifié par un mur (emplacement des boulevards des Maréchaux), d'un fossé sec d'une largeur de 40 mètres, puis d'une contrescarpe, enfin d'un glacis de 250 m.
Au pied du mur, les terrains sont déclarés « zone non constructible ». C'est sur cet immense terrain devenu au fil du temps une friche que s'installent les sans-logis. Ils en seront chassés après la première guerre mondiale.

L'Eglise
C'est donc sur une parcelle de ce territoire nouvellement  reconquis que le diocèse propose en 1934 au curé de Saint François de Sales,  Monseigneur Loutil, de construire l'église dont il rêve pour accueillir les alsaciens de Paris.
Cet alsacien d'origine (1863-1959) , écrivain connu sous le nom de Pierre l'Ermite, se voit donc confier  par Monseigneur Verdier, l'initiateur des « grands chantiers du cardinal », cette exaltante mission pour laquelle il devra recueillir les fonds  par lui-même.
Il lance alors une souscription, verse au capital ses droits d'auteur, s'agite tant et si bien qu'il réunit une somme important qui lui permet de s'engager auprès d'un jeune architecte, Jacques Barges (1904-1979).

Ce dernier, originaire de Châteauroux, mènera par la suite une très honorable carrière d'architecte proche du mouvement moderne : on lui doit à Paris l'immeuble de la rue Calvin (CROUS de Paris) et le nouveau collège Stanislas, ou bien à Châteauroux le lycée modèle de jeunes filles et le Centre Social (tous deux inscrits à l'inventaire des monuments historiques).
Le chantier commence en 1935. Souvent interrompus, par les mouvements du Front Populaire d'abord, par la « drôle de guerre » ensuite, les travaux reprennent sous l'occupation.
Le coq du clocher est installé la nuit pour le préserver de la saisie et de la fonte. Les cloches sont cachées près de Chartres...
À la libération, le clocher subit le feu des FFI venus à l'assaut de collaborateurs qui s'y étaient réfugiés. Le chantier prend fin en 1946 et la nouvelle paroisse Saint Clotilde prend naissance le 19 avril 1953.
L'architecture
Quand  Jacques Barge se voit confier le projet de Sainte Odile, il doit relever un défi remarquablement difficile pour opérer la synthèse de contraintes multiples et  contradictoires. Contrainte réglementaire tout d'abord : les gabarits à respecter n'autorisaient qu'une construction assez basse.
Le sol était d'ailleurs de mauvaise qualité puisqu'il s'agit d'un remblai des anciens « fortifs ». Les contrats de cours communes passés avec le 4 avenue Stéphane Mallarmé, imposaient encore d'entailler largement le volume constructible.

La lumière ne pouvait a priori  provenir que du côté du boulevard de la Somme. Contraintes liées à la nature de la demande ensuite : l'église, comportant une crypte était destinée aux nombreux alsaciens de Paris et dédiée à la sainte patronne de la lumière (Odile, jeune aveugle recouvrant par miracle la vue par le baptême) et de leur région, et devait évoquer le pays par ses matériaux, dans un environnement post-haussmannien typique.
Cette équation multiple a imposé à l'architecte un projet original : il choisit un parti de couvrement en  coupoles, permettant d'amener la lumière au centre de l'édifice par des baies pratiquées dans les tambours.

Le clocher ne pouvant réglementairement prendre place qu'au milieu de la façade, le porche est déporté judicieusement à l'angle des deux voies. Les gabarits vers l'immeuble voisin sont habilement esquivés en couvrant les chapelles par des demi-coupoles. Malgré la faible hauteur disponible, Barge parvient à glisser  deux étages superposés tout en donnant de l'ampleur et de la légèreté au volume intérieur.
Pour accomplir cette gageure, il réduit les épaisseurs des voûtes : ainsi, les coupoles en béton banché, coulées avec un coffrage tournant, n'ont pas plus de 6 centimètres d'épaisseur.
L'édifice est conçu entièrement en béton armé laissé brut, seul matériau permettant de résoudre cette quadrature du cercle. 
La couleur rosée est donnée par un ajout de fragments de marbre et de grès des Vosges aux agrégats, les habillages de tuileaux et les plaques de grès apportant une touche complémentaire de couleur locale.
Mobilier et décor
Les vitraux aux lancettes très hautes ont été réalisés par François Décorchemont, qui a choisit d'évoquer le style Art Nouveau de l'illustrateur strasbourgeois  Hansi.
Le grand vitrail de façade est composé de plaques de verre coloré scellées au béton. Il s'agit bien entendu du morceau de bravoure du décor, dans cette église consacrée à la lumière.
Dans la nef, la vie de Sainte Odile est représentée, accompagnée des saints tutélaires de l'église de France.
Toujours marqué par le thème de la lumière, les autels de Labouret sont en verre. Les chapiteaux sculptés d'Anne-Marie Roux-Colas symbolise les douze apôtres, tandis que son travail sur le porche évoque la tradition médiévale rhénane. Les grandes portes de métal sont l'oeuvre de Raymond Subes.
Les oeuvres
L'extraordinaire retable de Robert Barriot, constitué de 7 panneaux émaillés de 3,20 m. par 1 m., est  malheureusement moins visible depuis l'installation du nouvel autel et du grand crucifix de bois. Il s'agit sans doute des plus grands panneaux connus de ce type.