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Équipement

Grande Synagogue de la Victoire

Mise à jour le 14/08/2019

Horaires

 

Les horaires étant susceptibles d'évoluer, merci de vous renseigner directement sur place.

Accès

Grande Synagogue de la Victoire
44 rue de la Victoire
75009 PARIS
Métro
Notre-Dame de Lorette, ligne 12
Velib
Station 9025, 77 rue taitbout
Station 9111, 28 rue de la victoire
Station 9024, 27 rue taitbout

Contact

Nom : Grande Synagogue de la Victoire
Tél. : 01 40 82 26 26

Présentation

UN PEU D'HISTOIRE
La Chaussée-d'Antin
La rue de la Victoire (ancienne rue Chantereine) fut, comme l'ensemble du quartier, lotie à la fin du XVIIIe siècle de grandes demeures néo-classiques aujourd'hui disparues.
A l'emplacement de la synagogue s'élevait alors un hôtel particulier construit par Alexandre Brongniart pour une ancienne danseuse de l'Opéra, Mademoiselle Dervieux.
L'hôtel, agrandi par l'architecte Bélanger à la veille de la Révolution, comportait un jardin à l'anglaise qui s'étendait, à l'arrière, jusqu'à la rue Saint-Lazare.
Il fut occupé à la fin de la Révolution par le frère aîné du Premier consul, Louis Bonaparte qui y vécut jusqu'en 1805.

Après l'Empire, ce quartier, proche de la Bourse, devient celui de la grande bourgeoisie bancaire et industrielle qui y réside et y conduit ses affaires.
James et Salomon de Rothschild, depuis peu installés à Paris, achètent rue Laffitte (alors rue d'Artois) deux hôtels particuliers contigus qu'ils feront reconstruire et décorer luxueusement.

Le premier des deux frères, qui gérait la fortune personnelle de Louis-Philippe, défendit très tôt l'idée de la construction d'une grande synagogue au coeur de ce quartier d'affaires comme symbole de l'intégration de la communauté juive dans la communauté française.

Une grande synagogue au coeur du quartier des affaires
Un décret impérial de 1808 avait donné aux juifs de France un statut officiel et leur culte fut placé sous la direction d'un consistoire central dont les membres étaient nommés par l'Empereur.
Une première synagogue de fortune construite en 1822 rue Notre-Dame-de-Nazareth est reconstruite trente ans plus tard au même emplacement malgré les efforts de James de Rothschild pour en déplacer la construction dans le quartier de la Grange-Batelière.

Le projet aboutira sous l'administration Haussmann. Le préfet, qui entretenait de bons rapports avec la communauté juive, autorise alors la construction, dans Paris, de deux nouvelles synagogues, l'une dans le quartier du Marais, rue des Tournelles et confiée à l'architecte Vaudremer, et la seconde, qui reprenait l'ancien projet Rothschild, sur un terrain acquis par la Ville et longé d'un côté par la rue de la Victoire et de l'autre par l'actuelle rue de Châteaudun.

Sa construction (1865-1875) fut laissée à Alfred-Philibert Aldrophe (1834-1895), alors architecte au service d'architecture de la Ville de Paris, et qui fut un des principaux architectes de la communauté juive de la fin du XIXe siècle (construction des synagogues de Versailles et d'Enghien-les-Bains après 1880).
 
ARCHITECTURE
Une architecture modèle
La synagogue, dont la construction fut financièrement partagée entre le Consistoire et la Ville de Paris fut inaugurée en 1874 par le grand rabbin Zadoc Kahn et définitivement ouverte au public l'année suivante. Si le projet d'ouvrir le temple sur la rue de Châteaudun à mi-chemin des églises de la Trinité et de Notre-Dame de Lorette ne fut pas retenu en raison de l'opposition de l'impératrice Eugénie, l'entrée sur la rue de la Victoire fut particulièrement étudiée, selon un dispositif qui rappelle celui de la Trinité, pour permettre l'accès des attelages à l'occasion des cérémonies.

L'architecture du bâtiment est un jalon important de l'histoire des synagogues françaises.
La présence à l'extérieur d'un grand pignon semi circulaire annonçant la voûte en berceau de la nef ainsi que la superposition et l'alignement par trois des arcades plein cintre adopté en façade ont été repris dans plusieurs édifices construits ultérieurement à Paris et accusent l'influence de l'art roman.

L'adoption du plan basilical qui deviendra le plan-type de la synagogue française contribue à mettre fortement en valeur la teba (tribune de l'officiant) élevée de cinq marches au dessus du niveau de la nef ainsi que le choeur séparé de l'assemblée par une balustrade.
La nef était, à l'origine, réservée aux hommes, les femmes prenant place dans les tribunes.

Décor et objets liturgiques
Le décor intérieur, comme il convient dans une synagogue, ne comporte aucune figure humaine ou animale.
Il se limite à la représentation des grands symboles bibliques et montre un certain nombre d'inscriptions religieuses au dessus des portes. A la voûte du choeur se lisent en français les noms des prophètes (auxquels a été ajouté celui du scribe Ezra) symbolisant les livres de la Torah (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome).
On retrouve, en haut des murs, des représentations allégoriques des cinq livres du Pentateuque au travers d'images symboles formant le motif central des roses en pierre ajourée éclairant le sanctuaire.

L'image de la harpe, placée dans le vitrail au dessus des Tables de la Loi, renvoie ainsi au nom de David inscrit dans le cul de four et probablement au Lévitique. Dans la partie basse des murs, douze vitraux symbolisant les tribus d'Israël complètent le décor.
Les principaux objets liturgiques de la synagogue ont été offerts au Consistoire par la famille de Rothschild.
C'est le cas de la ménorah (chandelier en argent à huit branches) donnée en 1874 par Gustave de Rothschild et de la lampe perpétuelle de style néo-classique datée de 1778, elle aussi en argent, qui fut offerte par le Baron James.