Timescope : le voyage dans le temps commence à la Bastille et se poursuit sur les rives de Seine

La machine à remonter le temps n’est plus un objet de fiction : Adrien Sadaka et Basile Segalen l’ont inventée ! Timescope – c’est son nom – est une borne de réalité virtuelle en libre-service qui propose de se plonger dans l’Histoire. La première borne de cette start-up parisienne est installée place de la Bastille et permet de visualiser la place en 1416 et en 1789. Nous avons fait le voyage. 

Nouveauté 2017 : à découvrir dans le parc des rives de Seine

La Ville de Paris a sollicité la jeune start-up pour installer, dans le tout nouveau Parc Rives de Seine, une de leurs bornes, au pied de la place de l’Hôtel-de-Ville. La borne permettra de proposer aux passants de se plonger dans la place de Grève au XVIe siècle avec une vision de la place et du port de Grève, un ponton et quelques barques chargées de sacs et de bois qui tanguent, sur la Seine. On pourra y contempler aussi l’Hôtel de Ville, les tours de Notre-Dame, au loin et dans le lointain, le pont Notre-Dame et le pont au Change avec leurs habitations.

Car rappelons qu'à l'époque, la place de l'Hôtel-de-Ville s'appelait la place de Grève car on y trouvait une grève, quai en pente douce plongeant dans la Seine et permettant un déchargement aisé des nombreuses marchandises transportées sur le fleuve et livrées à Paris via ce qui était à une certaine époque son port le plus important.

Vous pourrez tester la borne dès le 2 avril.

C’est à l’angle du boulevard Richard-Lenoir que nous retrouvons Adrien devant sa borne à remonter le temps où un jeune homme est déjà plongé. Des curieux se pressent et font la queue, impatients de tester. Une femme, enthousiaste, déclare tout de go : « Je trouve l’idée super et si c’est vraiment bien, vous allez me voir débarquer avec trente enfants ! Je suis professeure d’histoire dans le quartier. » Adrien sourit. Après un an de fabrication et quatre ans de cogitation, sa borne est enfin installée et l’expérience plaît.

De 2016 à 1416 : le grand plongeon

« Mais pourquoi ici ? » demande-t-on à Adrien. « On a proposé ce projet à Bastille parce que, habitant dans le quartier depuis toujours, on s’est rendu compte que beaucoup de touristes se demandent pourquoi il n’y a pas de bastille sur la place de la Bastille ! La place porte le nom d’un monument disparu, il y a un besoin d’informations sur cette place. » La borne propose donc deux époques, 1416 et 1789 . Concrètement, la borne est un peu comparable aux jumelles que l'on peut trouver sur certains sites touristiques – en plus design – et évoque plus un casque de réalité virtuelle. Vous choisissez une date sur l’écran tactile, la borne pivote à 360° et vous permet d'être plongé dans le paysage de l'époque, en 3D. Donc en 1789 à la veille de la prise de la Bastille mais aussi en 1416. « On a choisi cette année-là, poursuit Adrien, parce que c’est une époque assez peu connue. La Bastille a seulement une trentaine d’années et ce n’est pas une prison mais une fortification avec un pont qui fait le lien entre Paris et Vincennes, au milieu de marécages. On est sous Charles VI. »

De Pompéi à la Bastille

C’est en visitant Pompéi qu’Adrien et Basile, amis depuis les bancs de l’école, ont un premier déclic. « Pompéi c’est incroyable mais c’est difficile de s’imaginer comment c’était avant, raconte Adrien. On a fait ce constat mais c’est seulement lorsque nous avons testé les casques de réalité virtuelle que nous avons repensé à notre idée et on s’est dit banco ! » Ils développent le prototype et la borne actuelle à Usine IO, un Fablab dans le 13e arrondissement, avec des experts très pointus, et sont incubés au 104 factory qui les aide à tisser les liens avec les acteurs culturels. « On a un modèle économique totalement privé pour l’instant précise Adrien, c’est nous qui finançons. Mais on commence à explorer des modèles BtoB où l’institution ou le monument qui souhaite utiliser le produit peut nous louer la borne par exemple ». Fondée à deux, la start-up compte désormais trois autres personnes pour la partie technique et trois autres encore pour le graphisme et l’animation.

Une réalité virtuelle mais historique

Le travail de reconstitution est minutieux et des plus sérieux. Ils l’effectuent par le biais de sources historiques, de plans de Paris, de plans de bâtiments, de documents textuels ou de gravures si elles existent. Ils fabriquent alors une synthèse qu’ils confient aux graphistes : ceux-ci font la modélisation et l’animation. Enfin, ils font tout certifier par des historiens. C’est Héloïse Bocher, historienne au musée Carnavalet, qui a travaillé sur la Bastille. « On va travailler de la même façon à chaque fois, assure Adrien, on est tous des passionnés d’histoire, pas question de proposer des éléments non certifiés ». Petit plus, la borne est sonorisée. Pour 1416, on entend des oiseaux « c’était une ambiance champêtre » sourit Adrien. Et d’ajouter : « pour l’instant on ne propose pas de voix off qui expliquerait la période car on voulait une solution immersive, mais nous travaillons au développement d'une solution vocale sur mesure qui sera bientôt mise en service. » Pour une minute trente d’immersion dans le temps, il faut se procurer un billet à deux euros, sur leur site, avec sa carte bancaire. Un code est alors généré qui donne accès à la borne. En attendant que celle-ci soit équipée d’une possibilité de paiement sans contact.

Et le futur aussi

Pour les projets à venir, Adrien garde le silence mais met en avant une autre application possible de la borne car si elle permet un retour sur le passé, elle peut permettre aussi une vision prospective. D’ailleurs, l’implantation place de la Bastille s’y prête, la place faisant partie du projet de la Ville de réaménagement des places parisiennes et « nous souhaitons nous inscrire dans ce projet-là, reprend Adrien. En effet, pourquoi ne pas imaginer accompagner les projets d’architecture depuis la phase de concertation en faisant voter les riverains sur la borne elle-même, en leur montrant les différentes études, jusqu’au projet final et boucler en montrant ce que la place était avant les travaux. » En résumé, Timescope c’est un peu comme ses inventions évidentes dont on se demande pourquoi personne n’y a pensé avant. « En plus, notre produit on peut l’implanter partout, on a juste besoin d’une prise s’amuse Adrien, on la verrait bien dans beaucoup d’autres lieux dans Paris, parce que c’est notre ville, mais pourquoi pas aussi à Rome ou à Athènes ». À bon entendeur…

Tenté par l’expérience ? Prenez votre ticket ici.

Dernière mise à jour le lundi 24 avril 2017
Crédit photo : Timescope

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