22 lauréats pour l’appel à projets «Alimentation: du gaspillage au partage»

Mercredi 5 juillet, Antoinette Guhl, adjointe à la Maire de Paris chargée de l’économie sociale et solidaire, et Pauline Véron, adjointe chargée de la démocratie locale et de la participation citoyenne, ont remis un prix aux 22 lauréats de l’appel à projets «Alimentation : du gaspillage au partage» (Budget participatif 2016) lors d’une cérémonie au MAIF Social Club.

59.000 tonnes de nourriture jetée chaque année à Paris

59.000 tonnes, c'est la quantité de nourriture encore emballée et propre à être consommée qui est jetée chaque année à Paris. Avec 26 kilos chacun par an, les Parisiens jettent trois fois plus que le reste des Français. Cela s’explique en partie par une forte activité économique (environ 1 million de non-résidents travaillent à Paris) et une forte activité touristique (entre 6.000 et 7.000 restaurants commerciaux), les poubelles des ménages parisiens étant collectées en mélange avec celles des petits commerces et des restaurants.

À paris, le gaspi c'est fini!

La Ville de Paris a fait de cet enjeu un défi prioritaire et s’est engagée à y répondre via son Plan de lutte contre le gaspillage alimentaire, adopté en décembre 2015.

Les Parisiens se sont également saisis de cet enjeu. Lors de l’édition 2016 du Budget participatif, plus de 16.000 d’entre eux ont voté pour le projet «Alimentation : du gaspillage au partage», qui prévoit une enveloppe de 1,5 million d’euros afin de soutenir la mise en place de projets permettant de lutter contre le gaspillage alimentaire.

La Ville de Paris a ainsi lancé en janvier 2017 un appel à projets visant à octroyer des subventions d’investissement à des structures pour qu’elles intensifient leurs actions de lutte contre le gaspillage alimentaire. Sur 46 candidatures reçues, ce sont 22 projets qui ont été retenus, pour un montant total de subventions de 697.200 euros. Une deuxième série de projets sera étudiée courant 2018.

Les lauréats 2017

La majorité des projets retenus pour cette première tranche inclut des activités de transformation permettant de valoriser des invendus qui ne peuvent pas faire l’objet de dons en l’état, mais qui sont encore consommables. Le prix récompense également des restaurants associatifs qui proposent de servir des repas cuisinés à base d’invendus, des projets d’animations et des ateliers sur la transformation d’invendus, ou encore l’achat de véhicules de collecte d’invendus.

Les restaurants associatifs

1000 Collectes et Phénix

L’association 1000 Collectes vient d’ouvrir une ressourcerie dans le 17e arrondissement (132 rue de Saussure), destinée à la réduction des déchets à travers la collecte et la valorisation d’objets. Elle va également y ouvrir une cantine solidaire, baptisée Buena Vida, qui proposera aux adhérents, aux bénévoles et aux salariés de l'association des plats préparés à base d'invendus alimentaires.

Les invendus seront collectés en direct dans des commerces de proximité par l’association grâce à des triporteurs, et auprès des cuisines de la restauration collective dans le cadre d’un partenariat avec l’entreprise sociale Phénix. Cette dernière, spécialiste de la ramasses d’invendus, collecte des invendus de 138 magasins à Paris et assure déjà une redistribution à 72 associations en Île-de-France.

Grâce à l’ouverture de cette cantine solidaire, l'association projette de participer à la collecte et à la valorisation de 225 kilos d'invendus alimentaires par semaine, soit 9 tonnes par an.

La Coop Mijotée

L’association la Coop Mijotée est mandatée pour la gestion d'un restaurant situé dans le foyer de travailleurs migrants (ADOMA) au 77 rue de la Fontaine-au-Roi dans le 11e. Elle y proposera 300 à 400 repas par jour, cuisinés par des salariés en insertion, à destination des résidents mais également des habitants du quartier les plus fragilisés. Les préparations intégreront des invendus alimentaires (fruits et légumes) collectés par l’association en triporteur. L'objectif a minima est que 10% de la composition des repas soit préparé à base d’invendus. Ce qui représente environ 10 tonnes d’invendus valorisés sur l’année. Le projet permettra à terme d’intégrer certainement plus d’invendus que l’hypothèse basse présentée, étant donné le nombre important de commerces alimentaires dans la zone et du marché de Belleville qui se tient deux fois par semaine.

Pro Bono Publico (Freegan Pony)

Créée en 2013, l'association porte le projet du Freegan Pony, un restaurant associatif ouvert en novembre 2015, dont les plats sont cuisinés à base d’invendus collectés au marché d'intérêt national (MIN) de Rungis. Le restaurant, actuellement en travaux, a ainsi servi 10.000 repas en 2016, proposés à prix libres à la clientèle. Grâce à ses partenariats avec 220 grossistes du MIN de Rungis, l’association estime qu’elle pourra récupérer 1 tonne de fruits et légumes par jour (4 jours par semaine), soit 284 tonnes par an.

Aurore

L’association Aurore accueille sur le site des Grands-Voisins (14e) plus de 300 résidents dans cinq centres d’hébergement d’urgence et de stabilisation. Sur ce site, et à destination de ce public, l’association a créé un lieu de restauration baptisé «Les Trois Comptoirs», proposant des plats préparés en partie à base d’invendus alimentaires et pouvant accueillir des ateliers de cuisine. La ramasse des invendus alimentaires est, entre autres, assurée par l’association Biocycle, spécialisée dans la ramasse d’invendus alimentaires en triporteurs.

La Petite Rockette

L’association La Petite Rockette, gère une ressourcerie et un café atelier dans le 11e arrondissement (12 rue du Chemin-Vert). Dans la continuité de cette logique de réduction des déchets, l'association a mis en place dans son café une offre de restauration qui est basée à 90% sur de la récupération alimentaire (réalisée en partenariat avec l’association Afrik DHPE). Elle récupère les invendus chez des commerçants locaux partenaires, affiliés à des circuits courts ou bio. Ce service, proposé chaque midi du mardi au vendredi, de mai à décembre, a ainsi permis en 2016 de servir près de 1.300 repas aux habitants du quartier, en valorisant plus de deux tonnes d'invendus alimentaires.

À terme, 5 tonnes par an pourront être transformées. La cuisine est également mise à disposition de différentes associations défendant des projets de solidarité et/ou humanitaires.

Transformation d'invendus et aide alimentaire

Les Restaurants du Cœur - Les Relais du Cœur de Paris

L'association assure la distribution de colis alimentaires à travers sept centres de distribution dans Paris, et propose également des repas chauds tous les soirs dans ses quatre camions et ses quatre centres de distribution. C’est l’Atelier et Chantier d’Insertion (ACI) des Restaurants du Cœurs qui assure la réception, la remise en température puis la livraison des repas chauds nécessaires. 2.000 repas sont ainsi distribués par soir.

L’association souhaite incorporer des invendus alimentaires dans les repas proposés au sein de ses centres de distribution de repas chauds (1er, 13e, 19e et 20e) qui viendront compléter les plats livrés par l’ACI.

Fédération du Secours Populaire du Département de Paris

L'association gère un libre-service solidaire, situé dans le 18e arrondissement (10 rue Montcalm), qui apporte une aide alimentaire à près de 6.400 foyers par an et participe à la lutte contre le gaspillage alimentaire via la redistribution de produits frais issus de ramasses d’invendus alimentaires (64 tonnes par an). En mars 2017, l'association a ouvert un nouveau centre d’aide alimentaire dans le 13e (66 rue de la Colonie) ouvert cinq après-midi par semaine, du lundi au vendredi.

Les produits proposés dans ce nouveau centre sont exclusivement issus de la collecte d’invendus alimentaires. Ces collectes sont effectuées en direct par l’association auprès de son réseau d’enseignes de la grande distribution. L’association est aussi ponctuellement livrée par des intermédiaires spécialistes de la ramasse. À raison de 250 kilos ramassés quotidiennement, cette initiative permettra de revaloriser 62 tonnes d’invendus par an.

La Chorba

Acteur majeur de l’aide alimentaire à Paris, l’association La Chorba distribue des repas chauds six jours sur sept à 800 personnes par soir dans un espace de restauration situé Porte de la Villette. En 2016, elle a ainsi distribué 245.000 repas, préparés dans son Atelier Chantier d’Insertion (ACI). Elle assure également un service de distribution de colis alimentaires un samedi sur deux d’octobre à juin à plus de 500 familles inscrites et orientées par ses partenaires sociaux. Enfin, l’association organise des maraudes chaque lundi soir. Ce sont près de 470 tonnes d’invendus par an, collectés directement par La Chorba, qui entrent dans la composition de ces repas.

Basiliade

L’association Basiliade accueille et accompagne des personnes en situation de grande précarité atteintes par des maladies infectieuses (notamment le VIH). Cinq soirs par semaine, les bénévoles de l’association organisent des repas conviviaux et gratuits regroupant une vingtaine de bénéficiaires dans son centre situé dans le 3e (au 12 rue Béranger). En 2016, ce sont ainsi plus de 3.000 repas qui ont été servis, pour 124 bénéficiaires. Les repas, qui sont préparés par les bénévoles de l’association, intègrent des invendus alimentaires collectés en direct par l’association ou livrés par des intermédiaires.

Intermédiaires logistiques, ramasses et redistribution d'invendus

Livreurs d'Espoir

L'association Livreurs d'Espoir, créée en février 2017, développe une activité de collecte d’invendus alimentaires auprès de commerces parisiens, afin de les redistribuer auprès d'associations caritatives.

Il s’agit principalement d’associations qui organisent des repas partagés et des petits déjeuners et qui n’ont pas la capacité d’effectuer des ramasses alimentaires. À raison d’une collecte équivalente à 400 repas par semaine, ce projet permettra de revaloriser 17 tonnes d’invendus alimentaires par an.

Equoevento

Créée début 2017, l’association a lancé une activité de ramasse de surplus récupérés à la suite d’événements traiteurs de « standing ». Ce gisement important de surplus est actuellement peu couvert. Les produits collectés sont ensuite donnés à des associations d'aide alimentaire qui les redistribuent le soir même. L’association s’est développée sur le modèle d’une association italienne aujourd’hui présente dans 5 villes, et qui a déjà couvert plus de 500 événements.

Pâtisseries solidaires

Créée en novembre 2016, l'association Pâtisseries Solidaires procède à la récupération de pâtisseries dans une dizaine d’enseignes d’excellence qui sont ensuite redistribuées à des associations caritatives à Paris et en Île-de-France .

Marché sur l'Eau

L'association promeut une consommation locale et de saison en assurant la distribution, en circuit court, des produits d’une quinzaine de producteurs d’Île-de-France (du 77 et 95) acheminés en bateau via le canal de l’Ourcq. Cette activité contribue à la lutte contre le gaspillage alimentaire par le mode d’acheminement fluvial, moyen de transport doux qui réduit la part de produits abîmés, par le choix d’accepter tous critères de calibrage de marchandises, ce qui permet aux producteurs de ne pas jeter une partie de leur production, et par la diminution des intermédiaires qui réduit le risque de pertes.

Afin d'optimiser son activité, l’association opère à la transformation de son bateau en l’équipant d'un moteur électrique et en allongeant sa surface. Cette transformation permettra également de mettre en place une activité de transport des bio-déchets des commerçants et restaurateurs parisiens vers les agriculteurs, afin d’éviter un retour à vide du bateau.

Excellents Excédents

Excellents Excédents, entreprise de l'économie sociale et solidaire créée en septembre 2016, propose une offre de restauration «antigaspi» issue d'excédents de production de la restauration collective. Les excédents sont collectés auprès de différentes cuisines centrales, acheminés jusqu'à un entrepôt frigorifique où des repas sont allotis en fonction des commandes des clients. Ces repas sont destinés à des associations d'aide alimentaire qui accueillent des personnes démunies, ainsi qu'à toute structure qui ne dispose pas de cantine (dont des espaces de coworking et des PME). Au cours de sa première année d'activité, Excellents Excédents projette de fournir 125.000 repas et de valoriser ainsi 65 tonnes d'excédents.

Espaces

L’association, qui anime 14 chantiers d'insertion en écologie urbaine et gère 23 jardins solidaires en Île-de-France, s’est engagée dans des actions de lutte contre le gaspillage alimentaire dans le cadre de l’animation du jardin solidaire Hérold, situé au cœur du quartier prioritaire Danube-Solidarité-Marseillaise (19e). Il s’agit notamment de la collecte d’invendus sur les marchés alimentaires, de l’organisation d’ateliers «Cuisiner les restes des frigos» et d’activités de transformation d'invendus.

En 2016, l'association a récolté 1,2 tonne d’invendus à raison de 100 kilos par mois, et estime pouvoir collecter 2 tonnes pour l’année à venir.

Les Eco-Charlie

L'association, créée en février 2016, organise des collectes piétonnes d’invendus dans des supermarchés bios du 2e arrondissement et redistribue les produits auprès des bénévoles membres de l’association. Avec l’aide de 50 bénévoles actifs, et l’achat de nouveau matériel de collecte, l’association a pour objectif de participer à la ramasse et à la valorisation locale de 9 tonnes d'invendus alimentaires par an.

Animations à base d'invendus alimentaires et expérimentations

Disco Soupe

L'association organise régulièrement à Paris les événements «Disco Soupe», repas collaboratifs à base d’invendus alimentaires, préparés en musique et proposés dans des lieux publics ouverts à tous. En particulier, l’association organise à proximité de la Porte de la Chapelle (18e), des Disco Soupes destinées aux populations de migrants présents localement. Depuis décembre 2016, cinq de ces « Disco Fugees » ont déjà eu lieu et ont permis la préparation et la distribution gratuite ou à prix libres de plus de 500 repas au total. L’association projette de valoriser ainsi jusqu'à 200 kilos d'invendus par édition, soit 10 tonnes par an, à raison d’une édition par semaine.

Moissons Solidaires

L'association effectue des ramasses hebdomadaires de fruits et légumes invendus sur quatre marchés alimentaires de l'est parisien (dans le 11e, 19e et 20e). À chaque édition, 500 kilos à 1 tonne de fruits et légumes sont redistribués en fin de marché. En plus de redistributions de produits en l’état, l’association souhaite mettre en place des animations ludiques de préparation de jus grâce à des « Vélo Mixeurs », et acquérir un vélo triporteur pour livrer les surplus qui n’ont pas trouvé preneurs à des associations partenaires qui pourront les transformer.

Zone-AH

L’association est spécialisée dans l'agriculture et le métabolisme urbain. Elle porte le projet « ZéBU L’Écosystème des Brasseries Urbaines » qui vise la création d'une filière économique de gestion des déchets des brasseries urbaines franciliennes (notamment les drêches, résidus de malt ayant des propriétés nutritives). L’association souhaite mettre en place une plateforme afin de tester la mutualisation de la collecte, du stockage et de la valorisation des drêches. La valorisation des drêches passera par la méthanisation, la transformation en substrat de culture, mais également par la transformation pour l’alimentation humaine. Un potentiel de 500 tonnes de drêches est valorisable à terme.

Expliceat

Expliceat porte un projet de production de biscuits dont la farine est intégralement remplacée par de la poudre de pain dur, baptisés « cookies évadés ». La structure souhaite implémenter à Paris trois sites pilotes de production des « cookies évadés », en les équipant d’outils de transformation spécialement conçus pour réduire le pain en poudre pour des volumes importants. L’objectif de cette expérimentation est de permettre la démonstration in situ de la viabilité de cette opération, afin d’inciter ensuite les professionnels détenant des surplus de pain à fabriquer eux-mêmes des cookies à partir de la poudre du pain dur.

À Table Citoyens

L’association À Table Citoyens, créée en 2012 est spécialisée dans des actions de sensibilisation à l’alimentation responsable. Elle accompagne actuellement le projet «Re-Belle» qui consiste à transformer des fruits et légumes, issus de surplus de la grande et moyenne distribution, en confitures de qualité avant de les commercialiser dans une trentaine de points de ventes et lors d’événements ou de marchés. L’association souhaite professionnaliser cette activité, et projette d’atteindre une production hebdomadaire de 2.600 pots de confitures, ce qui permettrait de revaloriser 50 tonnes de fruits et légumes par an dès 2018.

Dernière mise à jour le mardi 11 juillet 2017
Crédit photo : ©Mairie de Paris

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