Club du CA Paris : les valeurs ajoutées du foot féminin

Ce mercredi 19 juin, l'équipe de foot féminin du CA Paris affrontait à domicile au Stade Didot (14e) une équipe américaine tout droit venue de Los Angeles. Reportage avec des filles passionnées au sein du troisième club parisien en nombre de licenciées.

Rires, chambrages et camaraderie surtout. Lorsque débute l’échauffement sur le grand terrain du stade Didot, les adolescentes aidées de quelques jeunes seniors commencent le leur sans la présence du coach. A quelques mètres d’elles, viennent de pénétrer sur le terrain les joueuses californiennes en maillot rouge du Ayso Region 24 Downey club. Souriantes et heureuses de visiter la capitale, elles osent un premier contact : « Comment dit-on hors-jeu et bien joué en français ? ". Le ton est donné, ce sera une rencontre autour du meilleur des valeurs sportives.

Le regard des garçons n'est plus un problème pour les jeunes footballeuses.

Surclassées en catégorie 16 ans (appelée "U 16") bien qu’elles n’aient que 14 et 15 ans, Myriam Sanogo et Thaïs Martins sont inscrites depuis 3 ans au club du CA Paris. Elles participent habituellement à deux entraînements hebdomadaires et toutes deux rêvent de devenir professionnelles. Les deux collégiennes disent ne rencontrer aucun problème avec les garçons lorsqu'elles pratiquent leur sport fétiche.

Dans un même élan, elles expliquent qu’une fois les premières passes échangées avec les garçons et la confirmation qu’elles ont le niveau, il n’existe plus de dénigrement. Zacharie, un jeune ado du club qui observe justement le match franco-américain du bord du terrain en atteste. « J'aime regarder les filles jouer car il y a du niveau ! ».

Myriam nuance tout de même en relevant que les garçons, notamment dans la section foot au collège « ont tendance à se quereller ou à jouer individuel » tandis que les filles du foot ont apparemment davantage le goût du collectif. 

Patrick, un éducateur sportif désigné arbitre du jour approuve. « Autant il est facile de créer une équipe de filles, autant elle peut se démanteler très vite. Il y a chez les filles un phénomène de groupe : lorsque l'une d'entre elles arrive en section foot, elle entraîne généralement ses copines mais c’est à double tranchant, si l’une quitte, les autres suivront ».

Un attrait pour le foot qui a trouvé preneur

Myriam Sanogo a d’abord voulu faire du foot pour sortir du lot de ses copines qui généralement ne se tournaient pas vers le ballon rond. Thaïs Martins, elle, est née de parents brésiliens et frappe le cuir depuis qu'elle est toute petite : "Tout le monde joue dans ma famille, j'ai commencé avec mes cousins d'ailleurs ".

Jusqu’à l’âge de 13 ans, la Fédération de football permet les classes de foot mixtes. Ce n’est qu’après cette barre fatidique des 13 printemps que filles et garçons intègrent des équipes non mixtes. Vincent Hutton, éducateur sportif fédéral, relève : « Entraîner les filles, c’est comme un ballon d’oxygène après des entraînements de garçons, ça n’a rien à voir, tant physiquement que mentalement. Elles sont plus raisonnées alors que les garçons sont déjà pétris d’une certaine conception du foot et penchés sur l’exploit individuel ".

Alors que la rencontre en deux mi-temps de 32 minutes va débuter avec arbitres et hymnes nationaux, l’esprit coupe du monde est bien là avec un public venu d'ailleurs - les parents californiens sont assis dans les tribunes-. Côté terrain, il y a du mouvement et de la technique, mais aucun signe de mauvaise humeur ou de mauvais gestes. Les deux équipes se sépareront sur un score nul et vierge. Et quelques minutes après, le grand terrain sera utilisé pour du foot sport adapté. Autant dire que ces stades sont de vrais espaces de mixité sociale, entre valides et non valides, filles et garçons, avec un seul objectif : la pratique sportive avec les valeurs qui vont avec. 

Des clubs prêts pour le foot féminin

Le CA Paris est un club du 14e arrt. qui compte 25 éducateurs donc 8 consacrés aux équipes féminines. Après avoir ouvert sa section foot féminin en 2008, il est devenu aujourd’hui le 3e plus grand club parisien en termes de foot féminin (163 licenciées).

Avec toute cette infrastructure à leur service, les filles du sud parisien sont plutôt bien armées pour progresser davantage et peut-être intégrer un jour le professionnalisme grâce au centre de formation du Paris FC, autre club parisien, partenaire aussi du CA Paris.

Dernière mise à jour le samedi 22 juin 2019

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