Parcours au Parc Montsouris

Voici un parcours dans le Parc Montsouris (14e) pour découvrir, en 25 étapes, 25 espèces d'arbres plantés au fil du temps dans ce parc historique. 

Étape 0: Un parc centenaire

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Achevé pour l’exposition universelle de 1878, le Parc Montsouris s’inscrit pleinement dans le projet d’aménagement urbain conçu par Haussmann. Sa construction contribue à intégrer le 14e arrondissement créé en 1860 lors de l’annexion des communes situées au-delà des fortifications de Thiers. Le choix du terrain se porta sur les collines de Montsouris (cf photo), situées sur d’anciennes carrières calcaires et donc inexploitables.

Avec la révolution industrielle, la ville se densifie, l’air est pollué, la campagne s’éloigne, le besoin de nature croît. La ville hausmannienne veut créer des poumons citadins. L’empereur Napoléon III prêtait à ces poumons «la vertu d’attirer finalement au bien, amener un changement des habitudes et l’amélioration graduelle des mœurs des classes laborieuses ». Comme le montrent les photos, contrairement au Parc Monceau, sa grille est très modeste, la décoration florale limitée («les habitants de ce quartier très populaire risquaient de ne pas l’apprécier»). Mais il est aussi le lieu de nombreuses fêtes caritatives au sein du Parc, notamment autour du kiosque et de la guinguette.

Il présente divers traits hausmanniens : avec Alphand, ingénieur de la Ville de Paris, une nouvelle conception des espaces émerge que E. André synthétise dans l’Art des jardins en 1879 : promenades et allées se créent, des vallonnements permettent de bénéficier de panoramas, les pelouses se creusent et sont ponctuées de corbeilles de fleurs toujours elliptiques et légèrement réhaussées, les massifs d’arbustes se relèvent, les arbres isolés se détachent en vedette.

Jardin paysager, jardin pittoresque (de l’italien pittoresco: un sujet pouvant être reproduit en peinture), le Parc Montsouris «offre au public une combinaison de la nature sauvage avec un art qui valorise les cotés attractifs, en cache les cotés défectueux, y ajuste les beautés de son invention». 

Ce parcours s’inscrit dans le cadre de la balade écologique Ceinture verte au sud de Paris qui débute dans le 14e arrondissement à retrouver sur l’application mobile gratuite Balades Paris durable

Merci aux photographes du Photoclub Paris Val-de-Bièvre (Paris 14e) pour les photos cédées gracieusement pour illustrer ce parcours (sauf la photo de haut de page).

Étape 1: Murier à papier

Broussonetia papyrifera

Ce petit arbre installé près de l’accueil rue Nansouty marque le début du parcours. D’autres spécimens de mûrier à papier se retrouvent dans la petite ceinture verte et le long de l’allée qui longe la rue Nansouty.

Il se reconnaît à son écorce brune et fissurée qui se décroche en bandes et ressemble à une peau de serpent. Au mois de mai, de grandes feuilles vertes recouvertes de poils apparaissent en même temps que les fleurs. Ces feuilles sont particulières car leur forme évolue au cours des saisons : généralement découpées en 3 parts, elles prennent une forme ovale avec le temps.

Les fleurs véritables ne poussent que sur les arbres femelles. Elles naissent de globes verts d’un centimètre recouverts de petites bosses qui développent des tubes orangés après fécondation, rappelant les tentacules des méduses. Ces tubes orangés forment les fleurs du mûrier. Cette différence s’explique du fait que le mûrier à papier est un arbre dioïque: les individus mâles et femelles sont différents. Sur les individus mâles, pendent des chatons verts, inflorescence en épi (l’inflorescence désigne la disposition des fleurs) portant de minuscules fleurs.

Originaire d’Asie, cet arbre très résistant aux températures froides peut vivre entre 100 et 150 ans dans son milieu naturel. Il pousse rapidement aussi bien en zone tropicale qu’en zone tempérée sous réserve d’une exposition au soleil à l’abri du vent dans un sol léger et un peu humide. Il est bien adapté aux atmosphères polluées des villes et aux changements climatiques en cours.

Regardez-le bien, car son bois commence à pourrir et cet arbre pourrait ne pas vivre encore très longtemps comme le souligne un jardinier de Montsouris.

Utilisations

Méconnu en Europe, le mûrier à papier était utilisé en Asie où il servait à fabriquer un papier de luxe très recherché en Chine et au Japon. Dès le IXe siècle, il servait également aux Chinois de support d’impression pour les ancêtres des billets de banque et en Polynésie, il était utilisé pour tisser des cordages.

Histoire

Le mûrier à papier est longtemps resté un secret pour les botanistes européens. De nombreuses espèces de mûrier étaient plantées un peu partout en Europe mais personne ne savait exactement de quelle espèce relevait le Broussonetia papyfera jusqu’à l’aube du XIXe siècle. Le mûrier à papier fut alors reconnu par Pierre Marie Auguste Broussonet et nommé ainsi en hommage à ce botaniste qui avait ramené d’Écosse un individu femelle en 1786.

À savoir

Le mûrier est l’emblème de la sagesse dans de nombreuses civilisations en raison du temps que mettent ses feuilles à pousser. Elles évitent ainsi de subir les gelées tardives.

Si vous voulez le reconnaître, ses fruits et ses feuilles à la forme particulière seront vos alliés.

Étape 2: Arbre de Judée

Cercis siliquastrum

Le long de l’allée descendant vers l’aire de jeux se trouvent les arbres de Judée. En voyez-vous deux, trois ou quatre? Alors que semblent se distinguer quatre arbres différents, il s’agit en fait de deux arbres dont l’un en cépée. La cépée désigne des troncs qui sont collés naturellement ou non (fausse cépée) et comme le précise un jardinier du parc Montsouris, la cépée est ici naturelle.

L’arbre de Judée développe un tronc tortueux et tourmenté, recouvert d’une écorce fissurée noire ou gris-rose. Son bois est cassant. L’été venu, des fleurs roses apparaissent aux côtés de gousses rouges qui persistent bien loin dans l'hiver très appréciées des mésanges et autres oiseaux. Cette floraison est la particularité de l’arbre de Judée. Comme l’arbre parasol (que vous retrouverez près de la bonbonnière), l’arbre de Judée est cauliflore. Les fleurs apparaissent directement sur les branches et le tronc et, dans ce cas précis, elles apparaissent avant les feuilles. D’un vert clair au printemps, ses feuilles caractéristiques en forme de cœur s’épanouissent en un port étalé et touffu. Elles passent au jaune cuivré à l’automne, au moment où elles tombent.

L’arbre de Judée possède deux types de racines. Une racine principale qui s’enfonce dans la terre à la verticale pour chercher de l’eau, et des racines secondaires qui se développent latéralement en rameaux.

Ce grand arbre habitué au soleil et aux sols calcaires, pousse en dépit de températures faibles et supporte la pollution. Dans de bonnes conditions, il peut vivre un siècle.

Un prunier myrobolant (Prunus cerasifera) flamboie avec son feuillage rouge foncé tout au long de l’année non loin des arbres de Judée, reconnaissables par leurs feuilles rondes. Au total, le parc Montsouris accueille sept individus.

Utilisations

L’arbre de Judée est principalement cultivé comme arbre d’ornement.

Selon une étude menée par un programme européen de 2003, l’arbre de Judée permettrait de protéger les vergers en raison de la présence d’un parasite appelé «psylle de l’arbre de Judée» qui attire les prédateurs naturels d’autres parasites présents sur des arbres comme des pommiers, des poiriers ou des oliviers. Il permettrait ainsi de mener une lutte biologique contre les parasites des arbres de vergers et de maintenir un bon équilibre entre insectes néfastes et insectes bénéfiques dans les branches des pommiers, des poiriers et des oliviers plantés à proximité.

Histoire et mythes

L’arbre de Judée tire son nom de la région dont il est originaire: la Judée (actuel Israël) qui tenait elle-même son nom du royaume israélite de Juda. Dans la Bible, Judas se pendit à cet arbre et la légende raconte que les fleurs seraient les larmes du Christ et qu’elles tiendraient leur couleur pourpre de la honte de Judas.

À savoir

L’arbre de Judée est aussi appelé le « gainier » à cause de ses gousses plates qui ressemblent à des étuis.

Vous pouvez le reconnaître à ses feuilles rondes caractéristiques en forme de cœur. Si vous le cherchez à la bonne période, vous pourrez aussi voir ses fleurs roses qui poussent sur l’écorce.

Étape 3: Cèdre du Liban

Cedrus libani

Imposant et majestueux, ce cèdre du Liban surplombe l’aire de jeu et le monument du colonel Flatters du haut de ses 20 mètres. Installé là depuis l’ouverture du parc Montsouris en 1878, ce spécimen est l’un des cinquante cèdres du Liban présents dans le parc Montsouris, notamment le long de la ligne du RER B.

Ses branches poussent en arc et permettent à la silhouette du cèdre du Liban de s’arrondir avec l’âge. Le cèdre abandonne ses branches basses en vieillissant. Il est recouvert d’une écorce gris foncé qui se craquelle en vieillissant et devient noire au fil des années. Représentant de la famille des pinacées, le cèdre du Liban ne possède pas de feuilles mais des aiguilles vert foncé longues de 2 à 3 centimètres qui restent sur le bois pendant trois à quatre ans avant de tomber. Les aiguilles du cèdre se reconnaissent à leur disposition en rosace. À l’automne, le cèdre du Liban produit des petits cônes d’une dizaine de centimètres qui, d’abord d’un vert jaunâtre, prennent une teinte pourpre violacée. De même que les aiguilles, les chatons portant le pollen ne tombent pas à l’hiver mais s’effritent lentement pendant trois ans avant de tomber.

Capable de vivre entre 300 et 1000 ans et de survivre jusqu’à -15 C°, le cèdre du Liban préfère une exposition au soleil dans un sol frais pas trop sec.

Comme il est planté dans une aire de jeu, les bucherons de Montsouris doivent couper toute branche à risque. C’est en partie pour cette raison qu’un côté du tronc a moins de branches que l’autre.

Il cohabite avec un lilas de Perse (Melia azedarach) qui produit des fruits que les perruches mangent en hiver. Il n’y a que deux lilas de cette espèce dans tout le parc.

Utilisations

Grâce à son bois odorant, durable et résistant aux moisissures, le cèdre du Liban prouve son utilité dans la menuiserie, la charpente, l’ébénisterie et la construction navale mais également dans la parfumerie, qui tire des huiles essentielles et des bâtons d’encens à partir de son bois et de ses feuilles.

Dans le sud de la France, le cèdre du Liban est utilisé comme coupe-feu.

Histoire et mythes

Le cèdre du Liban est mentionné pour la première fois en 2650 av. J.-C. en Égypte. On sait cependant que les conifères dont fait partie le cèdre du Liban datent du Carbonifère (350 – 290 millions d’années).

Dans la plupart des croyances, le cèdre est lié à l’âme et au divin. Pendant l’Antiquité, les hommes s’en servaient pour construire leurs temples. Les Mésopotamiens pensaient qu’il pouvait les protéger des démons tandis que les Égyptiens se servaient de la résine du cèdre en onguent au cours de leurs rituels d’embaumement afin de purifier l’âme du défunt et de la protéger dans son voyage dans l’au-delà.

Dans la Bible, le cèdre est un arbre purificateur et la croix du Christ aurait été faite de bois de cèdre. Le palais de Salomon aurait également été construit et décoré avec son bois.

Dans le Coran, il existerait un cèdre géant, Sidrat-al-Muntaha, qui s’élèverait jusqu’aux limites du septième ciel.

À savoir

Le cèdre est l’emblème du Liban.

Il se différencie du cèdre bleu de l’Atlas par son tronc gris foncé, ses aiguilles vert foncé et sa cime plate. Les cônes du cèdre du Liban sont aussi plus grands que ceux du cèdre de l’Atlas.

Étape 4: Bouleau à papier

Betula papyrifera

Posté juste avant le pont, tel le gardien du passage, ce bouleau surplombe la ligne du RER B depuis 1988. D’autres bouleaux à papier sont plantés le long de l’escalier qui remonte près de la petite ceinture verte.

Rassurez-vous, l’arbre n’est pas abimé ! Son écorce est une de ses particularités : elle va se détacher par morceaux jusqu’à l’hiver, révélant alors une nouvelle écorce rose ou d’un brun orangé. Ses feuilles triangulaires et dentelées changent aussi de couleur : d’un vert sombre, elles deviennent jaunes ou orange à l’automne. Le bouleau fleurit pour la première fois à l’âge de vingt ou trente ans. Bruns ou dorés, mesurant jusqu’à 10 centimètres, les chatons apparaissent en automne au bord des rameaux des bouleaux mâles où ils restent jusqu’à leur maturité vers le mois de mars. Les bouleaux femelles produisent des chatons plus petits et dressés qui, après fécondation, libèrent des samares (des graines ailées) qui seront emportés par le vent.

Capable de vivre une centaine d’années dans son milieu naturel, le bouleau préférera une exposition au soleil dans un sol frais mais attention, il est très gourmand en eau. Si le bouleau est parfait pour réduire l’humidité d’une terre trempée, il risque de rendre le sol sec lorsqu’il est planté dans une terre normale. Pour cette raison, il est peur présent dans le Sud de la France mais très fréquent en Sibérie et au Groenland.

Vous remarquerez qu’un pan du bouleau est rouge foncé. Il ne devrait pas être de cette couleur. Comme l’explique un des jardiniers de Montsouris, ce bouleau a été vandalisé : une partie de son écorce a été arrachée, ce qui le met en danger. L’arbre puise l’eau et les sels minéraux dans le sol par ses racines. Cette sève brute transite par des vaisseaux situés juste sous l’écorce du tronc et des branches. Dans les feuilles, l’arbre produit par photosynthèse des sucres dont il a besoin. La sève élaborée est ainsi distribuée dans l’ensemble de l’arbre par d’autres vaisseaux. Le système vasculaire de l’arbre est donc vital. Fortement endommagé, il empêche la circulation de l’eau et des nutriments, condamnant l’arbre qui pourrira sur place avant de mourir. Pour éviter cela, il ne faut pas toucher à l’écorce des bouleaux qui tombe naturellement toute seule et se régénère. Le chef des bucherons de Montsouris estime que le bouleau pourrait se cicatrise à condition qu’il ne soit victime d’aucune autre dégradation.

À sa droite se trouve un métaséquoia du Sechuan (Metasequoia glyptostroboides), un conifère dont la particularité est de perdre toutes ses feuilles à l’hiver contrairement aux autres conifères, ce qui lui permet d’avoir l’air frais. Il est très rare dans le monde. À sa gauche, trois chênes du Liban font face à l’aire de jeu et se distinguent par leurs feuilles semblables à celles du châtaigner.

Utilisations

Surtout utilisé aujourd’hui en ornementation, le bouleau servait parfois à recouvrir les toits pour les étanchéifier et on tirait de sa sève un vin de bouleau qui pouvait aussi être employé comme médicament. Son écorce a également pu être employée pour remplacer le papier.

Chez les Amérindiens, le bouleau était un arbre sacré. Ils utilisaient son écorce dans la fabrication de canots.

Mythes

Dans différents mythes d’Europe de l’Est, le bouleau est associé au renouveau et à l’espoir, au printemps et à la jeunesse mais on retient plus son rôle dans la mythologie romaine où les verges de bouleau étaient utilisées pour la purification des condamnés.

À savoir

Le bouleau est une espèce pionnière, c’est-à-dire une espèce capable de se développer dans un milieu instable ou difficile.

Il se reconnait à son écorce blanche marquée de lignes horizontales qui se détache en pans.

Étape 5: Merisier

Prunus avium

C’est si vous prenez l’escalier de gauche en descendant vers le lac que vous pourrez apercevoir ce beau merisier implanté sur la butte.

Son tronc recouvert d’une écorce rugueuse et poreuse d’un brun rougeâtre s’élève parfois jusqu’à 30 mètres de haut comme une grande colonne. Ses feuilles d’un beau vert sont dentelées et prennent une teinte rouge ou jaune à l’automne. Au printemps, le merisier se recouvre de fleurs blanches en bouquets qui laisseront apparaitre par la suite de petits fruits noirs semblable aux cerises. C’est pour cette raison qu’il est aussi appelé le « cerisier des oiseaux » car ces derniers raffolent de ses fruits amers.

Le merisier est un arbre facile à vivre s’il est installé en plein soleil, dans un espace suffisant à son bon développement. Dans de bonnes conditions, il peut vivre jusqu’à 120 ans. Il aime les sols riches, frais et profonds car il possède de puissantes racines qui s’enfoncent profondément dans la terre.

Il y a quatre merisiers dans Montsouris mais on observe différentes pousses un peu partout. Il se ressème via les fientes d’oiseaux. Les jardiniers de Montsouris les laissent pousser pour permettre aux oiseaux de se nourrir des fruits du merisier.

Utilisations

Son bois est souvent utilisé pour fabriquer des meubles ou des instruments de musique et malgré leur amertume, les fruits du merisier sont propres à la consommation humaine. Ils sont utilisés dans la confection de confiture ou d’eau de vie dans de nombreuses régions françaises et combinés à des clous de girofle, des feuilles fraiches de pêcher et de la cannelle, on en fait un apéritif appelé la merisette de Grenoble. Son écorce est aussi comestible et fait d’ailleurs partie de la recette du Bitter, une liqueur digestive amère.

Histoire et mythes

Les fruits du merisier servaient déjà de nourriture aux hommes de l’âge de Bronze. Il serait apparut au néolithique mais, selon des découvertes faites en Asie Mineure, n’aurait été cultivé qu’à partir du IVe siècle avant notre ère, d’abord par les Grecs puis par les Romains.

Dans de nombreux folklores de l’Europe centrale, le merisier est rattaché au Diable et aux démons. En Lituanie, la légende racontait que le merisier était gardé par le Diable en personne tandis qu’en Albanie, et dans d’autres pays, on disait que des démons se cachaient dans ses branches du merisier et pour les chasser, les habitants devaient en brûler les branches.

À savoir

En 68 av. J.-C, lors d’une campagne militaire au nord de l’actuelle Turquie, les fruits du merisier plurent tellement au général romain Lucullus que celui-ci décida de ramener un merisier à Rome avec lui.

Ses fruits semblables à de petites cerises peuvent permettre de le reconnaître.

Étape 6: Platane commun

Platanus x acerifolia

Planté en haut de la colline qui surplombe le lac, le platane commun, impressionnant par ses 40 mètres de hauteur et sa forme, est à côté de la statue Les Baigneuses de Morice Lipsi.

Son tronc est grand et droit comme une colonne. Il est recouvert d’une écorce d’un brun grisâtre caractéristique qui se fissure en plaques, découvrant ainsi des zones jaunâtres. Il possède de très grandes feuilles vert clair qui ressemblent à celles des érables. Découpées en 3 ou 7 lobes et légèrement dentelées, ses feuilles sont « alternes » sur la branche contrairement aux feuilles « opposées » des érables. Jeunes, elles sont recouvertes de petits poils marron qui disparaissent avec le temps. Les vieilles feuilles du platane sont robustes et difficilement putrescibles. Les fleurs sont réunies en capitule (type de groupement de petites fleurs dit « inflorescence »). Elles donnent des fruits brunâtres, des akènes (fruits à graine unique, recouverts de sorte de poils marron) regroupés en boule qui persistent sur l’arbre même après la chute des feuilles.

Le platane s’adapte à tous les types de sols sauf ceux qui sont trop acides ou trop secs. Il préfère une exposition lumineuse et résiste à la pollution atmosphérique. Capable de vivre entre 200 et 300 ans dans des conditions favorables, il existe quelques spécimens qui ont atteint l’âge vénérable de 2000 ans.

Depuis 2008, les platanes de Montsouris accueillent au printemps des perruches à collier qui se nichent dans leurs cavités. Cet oiseau peu discret au plumage vert, à la queue bleu azur et au bec rouge et noir est originaire des savanes arborées d’Afrique équatoriale et d’Asie. Présentes en Île-de France depuis les années 1970, les perruches se sont échappées des volières de zoos ou de particuliers. La population est passée en Île-de-France de 1500 individus en 2009 à 5000 aujourd’hui. La sitelle torchepot (sitta europaea) profite également des cavités pour nicher. Ce petit oiseau trapu au plumage gris bleu sur le dos, roux sur le ventre avec un bandeau noir sur les yeux et une queue courte et carrée adapte l’entrée de la cavité à sa taille en réduisant l’ouverture avec un torchis de salive et de boue. Toujours la tête en bas pour descendre le long des troncs, il cherche une fissure dans l’écorce pour coincer les graines qu’il décortique.

N’oubliez pas d’aller voir le platane situé dans le jardin pédagogique près du kiosque, le préféré du bûcheron du parc. Si vous levez la tête, vous remarquerez une branche, telle une barre droite, qui relie deux autres branches. C’est une technique (l’auto haubanage) que les bucherons utilisent pour consolider des arbres. Ici c’est un phénomène naturel.

Utilisations

Pendant longtemps, le platane fut surtout utilisé comme arbre d’alignement dans les rues, les parcs et les cours d’école. Aujourd’hui, il est remplacé par des ginkgos biloba et d’autres essences pour accroitre la variété des arbres mais représente toujours 40% des arbres dans les rues de Paris.

Son bois clair et résistant est utilisé dans la charpente, la construction navale, la menuiserie et l’ébénisterie. Il fait également un très bon combustible.

Histoire

Le platane existait en Europe au Crétacé mais disparut suite à l’ère Glaciaire. Le platane commun actuel est le résultat d’une hybridation entre le platane d’Occident et le platane d’Orient, introduits en 1650 dans les jardins du roi Charles Ier d’Angleterre par le jardinier royal John Tradescant.

Mythes

Le platane est associé à l’arbre de vie dans la mythologie gréco-romaine.

Il est associé à Gaïa, déesse mère de la Terre (chez les Grecs et les Crétois) et à Tanit, déesse de la fertilité (chez les Carthaginois) car sa forme de feuille fait penser à une main tendue que les croyants interprétaient comme une présence divine. D’autre part, le caducée d’Asclépios (dieu grec de la médecine) est une baguette sculptée d’ailes autour de laquelle sont enroulés deux serpents (dont la mue est semblable à celle du platane) était faite en bois de platane.

La légende raconte que le médecin grec Hippocrate exerçait sous le platane du temple du dieu Asclépios sur l’île de Kos.

À savoir

Le platane n’est pas un arbre exigeant mais il est souvent attaqué par les insectes.

On le reconnait surtout à son écorce claire qui tombe chaque année en grosses plaques pour se régénérer.

Étape 7: Ginkgo biloba

Ginkgo biloba

Planté tout près du lac, le ginkgo biloba est l’imposant arbre qui fait face au lac, un peu en contrebas du talus.

Le ginkgo biloba que l’on surnomme « l’arbre aux 40 écus » est recouvert d’une écorce d’un brun grisâtre. Lisse dans ses jeunes années, elle se fissure avec le temps. Il possède des feuilles d’un vert pomme en éventail ou en « pattes de canard » qui jaunissent à l’automne, devenant presque dorées, et qui font comme un tapis d’or au pied de l’arbre. Ses fruits, semblables à des petites mirabelles, sont en fait de très grosses graines qui permettront à de nouveaux arbres de pousser.

Dans son milieu naturel en Chine, il bénéficie d’une très grande longévité puisqu’il peut vivre jusqu’à 4000 ans. Très résistant, il s’adapte très bien aux conditions difficiles des villes où on le voit de plus en plus comme arbre d’alignement. Il s’adapte à toute forme de sol pour peu qu’il ne soit pas trop sec et qu’il y ait assez de profondeur pour permettre à ses racines de se développer.

Comme le souligne un des jardiniers de Montsouris, l’arbre aux 40 écus pousse irrégulièrement, réagit mal à la taille et met du temps à cicatriser. Le spécimen près du lac est un des arbres que les jardiniers de Montsouris considèrent comme remarquable par sa taille (27 mètres). Si vous avez l’impression qu’il est composé de plusieurs arbres soudés, c’est normal, les vieux ginkgos biloba vieillissent ainsi.

Utilisations

Le ginkgo biloba était utilisé en Chine Antique pour ses vertus médicinales. Les médecins pensaient que ses feuilles permettaient de traiter l’asthme, prévenir la démence, de lutter contre les problèmes associés à la vieillesse et d’agir contre les problèmes de peau, de varices et de jambes lourdes. La phytothérapie d’aujourd’hui se sert d’extraits de ginkgo biloba comme vasodilatateur.

La graine du gingko est utilisée pour fabriquer des savons et son bois sert en menuiserie et en sculpture ébénisterie. Le cœur de la graine du ginkgo, comparable à des pistaches, est très apprécié en Chine : il est grillé et coloré en rouge puis offert à l’occasion de naissances ou de mariages. Cette préparation est appelée « fruits de la félicité ».

Histoire

Le ginkgo est un très vieil arbre. Il est apparu sur Terre il y a quelques 300 millions d’années, un peu avant les dinosaures, et est de ce fait considéré comme un arbre fossile. Cette espèce est la seule rescapée de sa famille botanique.

À savoir

Le ginkgo biloba fut l’une des rares espèces à avoir survécu à l’explosion de la bombe atomique tombée à Hiroshima le 6 aout 1944. Depuis juin 1989, il est le symbole officiel de la ville de Tokyo au Japon en signe de croissance, de prospérité, de charme et de tranquillité.

Il est appelé « Arbre aux 40 écus » car il fut acheté en 1788 ou 1789 par un riche négociant pour l’importante somme, à l’époque, de 40 écus.

Il se reconnait à ses feuilles vertes en éventail. Vous pourrez éventuellement le repérer à l’odeur nauséabonde que dégagent les fruits des arbres femelles.

Étape 8: Cèdre bleu de l’Atlas

Cedrus atlantica ‘glauca’

Confortablement installé dans une végétation luxuriante, cet arbre majestueux (de la même famille que le cèdre du Liban surplombe l’aire de jeu des enfants avant le pont) fait face au lac.

Le cèdre bleu de l’Atlas est recouvert d’une écorce argentée. Lisse et luisante jusqu’à ses 25 ans, celle-ci se fissure en écailles en vieillissant. Il doit son nom à ses aiguilles mesurant 2 à 3 centimètres qui arborent un élégant bleu fumé légèrement strié de vert à la base. Des cônes au sommet aplati, semblables à des nids de guêpe d’un vert jaune bordé d’un liseré brun, apparaissent sur les cèdres femelles non pas au printemps, comme c’est le cas pour la plupart des conifères, mais au début de l’automne, entre septembre et octobre. Chez les cèdres mâles, ce sont des chatons de 2 à 5 centimètres qui apparaissent sur les branches et sont anémophiles : le vent emporte leur pollen.

Exposé au soleil dans un sol frais et légèrement humide, il peut supporter des températures négatives jusqu’à – 15 °C. Il peut atteindre 40 mètres de hauteur dans son habitat naturel. Contrairement au cèdre du Liban qui peut vivre 1000 ans dans de bonnes conditions, le cèdre bleu de l’Atlas vit rarement au-delà de 300 ans.

Les jardiniers de Montsouris vous proposent de regarder juste à côté du cèdre bleu de l’Atlas, le chicot du Canada (Gymnocladus canadensis) surnommé « l’Arbre aux pendus ». En effet, lorsqu’il a perdu toutes ses feuilles en hiver, ses branches ont un aspect lugubre et gothique. N’oubliez pas d’aller voir son cousin le cèdre du Liban, un grand arbre aux branches couchées sur la pelouse proche des capteurs météorologiques.

Utilisations

Avant que les colons européens importent leurs tissus en Amérique du Nord, un peuple amérindien, les Tsimshians, tissaient leurs vêtements à partir de l’écorce interne des cèdes qu’ils rendaient flexibles grâce à un procédé sophistiqué. Ces vêtements fabriqués étaient chauds et imperméables.

À savoir

Le cèdre de l’Atlas est originaire d’Afrique du Nord mais selon des recherches botaniques, il aurait vécu en Europe il y a très longtemps.

Ses aiguilles bleu fumé plus courtes que celles du cèdre du Liban et son écorce gris clair sur un tronc élancé permettent de reconnaître le cèdre de l’Atlas.

Étape 9: Tulipier de Virginie

Liriodendron tulipifera

Ce grand arbre à l’écorce grisâtre qui surplombe le lac de Montsouris est connu sous le nom de «tulipier de Virginie».

Les feuilles vertes du tulipier de Virginie jaunissent à l’automne, rappelant les forêts américaines de l’été indien. Leur forme est bien reconnaissable par leur découpe en 4 lobes. Le tulipier de Virginie doit son nom à ses fleurs jaune crème et vertes qui poussent au bout d’une vingtaine d’années et qui ressemblent à des tulipes. Ces fleurs apparaissent entre mai et juin et sont mellifères, elles attirent notamment les abeilles qui les pollinisent.

Le tulipier de Virginie est un arbre assez capricieux et fragile qui pousse en plein soleil dans des endroits ni trop humides ni trop secs. Son bois cassant supporte mal les rafales de vent et ses racines fragiles ne doivent pas être dérangées au risque de casser. Dans de bonnes conditions, le tulipier de Virginie peut vivre 500 ans et atteindre 60 mètres de hauteur.

Un jardinier de Montsouris nous fait remarquer son allure de totem et son manque de feuilles : le tulipier près du lac est en train de dépérir. De l’autre côté de l’allée pousse la relève. Planté récemment par les jardiniers prévoyants, il sera toujours là lorsque son ainé disparaîtra.

Planté en face de l’île qui abrite les cygnes, il fait également face à deux statues : La Mort du Lion d’Edmond Desca et Premiers frissons de René-Albert Baucour. Si vous regardez bien, vous pourrez peut-être apercevoir la statue d’un crocodile installée sur l’île en face…

Utilisations

Son bois est surtout utilisé pour la sculpture. En pharmacologie, une substance extraite de son écorce sert de stimulant pour le cœur.

Histoire

En France, le tulipier de Virginie fait son apparition en 1771 au Petit Trianon, dans le jardin de Marie-Antoinette mais il a été fauché par la tempête de 1999, il avait 228 ans. Le tulipier de Virginie est originaire, comme son nom l’indique, de l’État de Virginie aux États-Unis, il était considéré comme une espèce exotique en France et fut planté à ce titre dans les jardins français.

À savoir

Le tulipier de Virginie se reconnait à ses fleurs très particulières qui ressemblent à des tulipes et à ses feuilles semblant découpées au ciseau.

Étape 10: Eucommia

Eucommia ulmoïdes

L’eucommia du parc Montsouris est l’un des deux seuls arbres de cette espèce planté dans Paris. Installé un peu à l’écart de l’allée, il faut avancer sur la pelouse derrière la statue de La Mort du Lion d’Edmond Desca pour le trouver. Juste devant lui pousse à ses pieds un jeune robinier faux-acacia.

L’eucommia est recouvert d’une très jolie écorce brun clair faite d’écailles carrées. Son tronc brun-gris porte une cime étalée sur laquelle poussent des feuilles ovales et dentelées d’un vert foncé. Elles renferment un latex faisant des filaments blancs. Les feuilles de l’eucommia ont la particularité de tomber vertes à l’automne sans prendre le temps de jaunir. De petites fleurs vertes apparaissent à la fin du printemps, en même temps que les nouvelles feuilles et les fruits. Les fruits de l’eucommia, les samares (sortes de noix ailées), apparaissent en groupe plus tard, une fois les fleurs fécondées.

Les jardiniers de Montsouris soulignent que cet eucommia est rare. Des deux eucommias plantés dans Paris, c’est le plus haut). Ils ont beaucoup d’anecdotes sur l’eucommia comme le fait que le Titanic transportait des plaques d’eucommia et que des semaines après le naufrage, elles remontaient toutes seules à la surface.

Utilisations

En Malaisie, la gomme de l’eucommia, la « guttapercha », est extraite aussi bien pour isoler les fils électriques, que pour fabriquer des balles de golf ou des adhésifs dont se servent les dentistes. Les Malais s’en servaient déjà bien avant pour en faire des couteaux, des anses, des bâtons de marche et divers ustensiles.

Au cours du siècle dernier, des essais furent réalisés pour remplacer le caoutchouc par la guttapercha.

Dans la médecine traditionnelle chinoise, une essence anti-inflammatoire est extraite de l’écorce de l’eucommia pour protéger le foie et les reins, renforcer le système immunitaire ainsi que les os afin de lutter contre l’arthrose et l’arthrite.

Histoire

En Amérique du Sud, on se servait de l’eucommia pour torturer les prisonniers. La sève de l’eucommia étant très toxique, on écorçait l’arbre avant d’attacher la victime dos contre l’arbre.

L’Occident ne découvrit la gomme de l’eucommia qu’au XVIIe siècle, lorsque le Britannique John Tradescant, jardinier du roi, voyagea jusqu’en Malaisie

À savoir

L’eucommia est monotypique, ce qui signifie qu’il n’y a qu’une seule espèce dans ce genre. Quasi-menacé à l’état naturel, il est largement cultivé en Chine pour son écorce.

Étape 11: Érable sycomore

Acer pseudoplatanus

Installé dans la pénombre de l’allée qui longe l’avenue Reille, ce grand arbre à l’écorce argentée provient d’une famille d’arbres européens très étendue.

Sa large cime est composée de feuilles vertes, arrondies, découpées et dentelées qui mesurent généralement entre 9 et 16 centimètres. À l’automne, les branches vertes rougissent tandis que les feuilles passant du vert au jaune puis au rouge colorent le paysage. L’érable produit des fleurs en grappes pendantes, elles apparaissent en mai, en même temps que les feuilles. Quant à ses fruits, les samares, sorte de petite noix à ailes, elles tourbillonnent et se disséminent ainsi dans la nature. Les fleurs de l’érable sycomore sont mellifères: les abeilles viennent y récolter leur nectar pour en faire du miel. L’érable préfère la pénombre au grand soleil et les sols faiblement calcaires et légers. Il peut vivre jusqu’à 500 ans dans son milieu naturel.

Les jardiniers de Montsouris précisent que les érables sont parfois reproduits par greffe. Parmi la dizaine d’arbres du parc, l’endroit de la greffe sur le tronc peut se voir.

Utilisations

Le bois de l’érable sert surtout pour la sculpture et la fabrication d’instruments de musique comme les violons et les guitares. Certaines espèces d’érable permettent également de fabriquer du sirop d’érable à partir de la sève ou de la bière.

Mythes

Dans la mythologie grecque, l’érable est souvent attribué au dieu l’épouvante Phobos, fils d’Arès et frère de Deimos, dieu de la frayeur. Dans l’Illiade, Homère raconte que le Cheval de Troie était construit en bois d’érable.

À savoir

Les lances des Romains étaient faites en bois d’érable, Acer en latin, qui a donné par la suite des mots comme « acéré » ou « acerbe ».

Il peut se reconnaître à son écorce qui ressemble à celle du platane. Il se différencie de l’érable commun par ses samares dont l’angle est plus marqué (ressemblant à un chapeau chinois) que celles de l’érable commun (les deux ailes sont parallèles).

Étape 12: Vue sur le lac

Autrefois approvisionné en eau par l'aqueduc d'Arcueil, construit par les Romains, puis par le réseau d'eau potable de la ville de Paris, le lac est aujourd’hui alimenté par le réseau d’eau non potable et en circuit fermé. Ce réseau permet, à moindre coût et en préservant la ressource, d’alimenter le réseau hydraulique des bois parisiens et de certains parcs, de nettoyer les voies publiques et de curer les égouts…

Le lac héberge un grand nombre de palmipèdes d'ornement (oiseau aux pieds palmés dont les doigts sont réunis par une membrane) : des bernaches du Canada (Branta canadensis) à la livrée brune, noire et blanche typique, des bernaches nonnettes (Branta leucopsis), un couple de cygnes à cou noir (Cygnus atratus) et des oies à tête barrée (Anser indicus). Le plan d’eau et les pelouses proches accueillent des canards colverts (Anas platyrhynchos) et un cygne tuberculé (Cygnus olor). L'hiver, mouettes rieuses (Chroicocephalus ridibundus) et goélands argentés (Larus argentatus) viennent également s’y reposer.

Deux espèces, communes à l'état sauvage chez nous, sont aussi familières des lieux : il s'agit de la foulque macroule (Fulica atra) au plumage noir et casque blanc et de la plus modeste gallinule poule d'eau (Gallinula chloropus), noire aussi mais au croupion blanc et au bec rouge. Bien adaptées à ce milieu, elles se reproduisent chaque année alors que les autres espèces n'y arrivent que rarement malgré les nombreux nichoirs disposés sur la petite île et les bordures du lac.

Étape 13: Poirier à feuilles de saule

Pyrus salicifolia

Tout au bord du lac, près d’un charme commun (Carpinus betulus) au port majestueux, se trouve un petit arbre gracieux au port insolite. Cet arbre de la famille des poiriers possède des branches robustes qui tombent jusqu’à la surface de l’eau. Cependant, les branches du poirier sont recouvertes d’épines alors attention aux doigts !

Son écorce brune se détache avec le temps en écailles carrées ou rectangulaires. Ses feuilles gris argenté, très fines et recouvertes de poils, ressemblent beaucoup à celles des saules, d’où son nom. Entre mai et juin, le poirier se recouvre de petits bouquets de fleurs blanches. Une fois fécondées, les fleurs donnent naissance à des fruits non comestibles en forme de poire mesurant rarement plus de 3 centimètres.

Habitué au soleil, le poirier préfère un sol léger, pauvre et légèrement calcaire. Il n’aime pas l’humidité. Dans de bonne conditions, il peut vivre 80 ans.

Utilisations

Contrairement aux autres poiriers qui sont généralement exploités pour leurs fruits, le poirier à feuilles de saule est un arbre ornemental.

Mythes

Dans la mythologie grecque, le poirier est l’arbre d’Hera, la reine des dieux grecs.

À savoir

Le poirier est l’arbre fruitier qui vit le plus longtemps mais il est surveillé car il commence à être menacé d’extinction.

Il est reconnaissable à ses feuilles argentées semblables à celles du saule.

Étape 14: Hêtre tortueux

Pyrus salicifolia

Fagus sylvatica ‘tortuosa’

Deux hêtres tortueux se dressent au bord du lac sur la rive longeant la rue Gazan.

Le hêtre tortueux se caractérise, comme son nom l’indique, par un tronc tortueux et des branches tordues et tombantes. Son écorce est lisse et grisâtre. Son feuillage est marcescent (les feuilles restent sur le bois pendant l’hiver) et réapparait tardivement, à partir du mois de mai. Ses feuilles ovales de taille moyenne sont légèrement dentelées et vertes avec une légère teinte de jaune brunâtre. Le hêtre tortueux fleurit au bout de 30 ans. Succédant rapidement aux nouvelles feuilles, les fleurs apparaissent sous forme de chatons discrets. Une fois fécondés, ces derniers laissent place à de petites faines.

Uniquement présent dans l’hémisphère Nord dans des pays comme la France, l’Allemagne, le Danemark ou la Suède, le hêtre tortueux est pourtant très résistant. Bien que légèrement sensible au vent, il peut supporter des températures négatives jusqu’à - 20 °C et vivre 300 ans dans de bonnes conditions. Il préfère les sols drainés, pas trop humides et riche en humus comme dans les forêts, par exemple. Comme les autres hêtres, le hêtre tortueux vit en symbiose avec des champignons, en particulier les bolets et les girolles.

Si un jardinier de Montsouris était à vos côtés, il vous ferait sans doute remarquer que ce hêtre tortueux, avec son feuillage compact, ressemble beaucoup à un éléphant. En passant dessous, vous remarquerez également l’assemblage de branches collées les unes aux autres qui forment un enchevêtrement compact.

Si vous voulez voir d’autres hêtres hors du commun, vous trouverez au sud de la grande pelouse un remarquable hêtre pourpre. Ce hêtre tortueux précis est voisin d’un tilleul de Henry (Tilia henryana) qui diffuse un délicieux parfum autour de lui lorsqu’il est en fleurs.

Utilisations

Le hêtre tortueux a une croissance lente mais compacte qui fait de lui un arbre parfait pour la formation de haies.

Ses faines sont consommées, comme celle du hêtre commun et de toutes les espèces de hêtre, par le gibier et d’autres animaux sauvages comme les écureuils.

Histoire

Les hêtres tortueux sont connus depuis le IVe siècle grâce à l’abbaye de Saint Basle de Verzy, une petite ville au sud de Reims. Les moines de cette abbaye auraient ramené des graines de hêtre tortueux d’une région de l’Est qu’ils évangélisaient dans le but de créer un jardin botanique.

Grâce à eux, des hêtres tortueux se sont développés dans la forêt de Verzy, donnant ainsi au bois un aspect enchanteresque. Appelés les « Faux de Verzy » (« Faux » vient du latin fagus), ils sont encore aujourd’hui une véritable attraction touristique.

Légende

Les hêtres tortueux de Verzy ont donné lieu à de nombreuses légendes. L’une d’elle raconte que Jeanne d’Arc serait montée dans les branches d’un hêtre déjà centenaire au cours d’une procession qu’elle faisait avec Charles VII de France. En effet, les hêtres tortueux étaient à l’époque célébrés dans la région pour leur beauté et chaque année, une procession était organisée autour des arbres pour chasser les mauvais esprits.

À savoir

Le hêtre tortueux est une mutation du hêtre commun.

Il se reconnait bien entendu à son tronc tortueux et à ses branches tombantes qui atteignent parfois le sol.

Étape 15: Aulne glutineux

Alnus glutinosa

Installé sur les berges du lac depuis 1987, cet arbre à la croissance lente qui fait face au pavillon du lac est le seul de son espèce dans tout le parc Montsouris.

De taille moyenne, l’aulne glutineux se dresse comme un cône à base large en raison de ses branches qui poussent à l’horizontale. Il est recouvert d’une écorce noirâtre qui se fissure par plaques. Sur ces branches se développe un feuillage peu dense mais tenace tardivement en automne. Ses feuilles rondes et vertes ont la forme d’un cœur et sont dentelées sur les bords. Visqueuses quand elles sont jeunes, elles donnent son nom à l’aulne. Elles naissent de bourgeons violets qui apparaissent sur les branches en hiver et éclosent en février, suivies de chatons jaune foncé pendants par groupes de 3 ou 5. L’éclosion des feuilles et des fleurs de l’aulne précède celles de tous les autres arbres. Ses fruits en forme de cônes (2 centimètres de longueur) resteront sur l’arbre toute l’année jusqu’à l’apparition de nouveaux fruits.

Avides d’eau, les aulnes glutineux se développent mieux sur les berges de rivières ou de lacs, en zone marécageuses ou dans des bois humides. Très résistants, ils peuvent supporter une inondation ainsi que des températures très basses (jusqu’à - 17 °C) mais apprécient quand même les terrains ensoleillés. On trouve des aulnes un peu partout en France et en Europe excepté en région méditerranéenne.

Selon les jardiniers de Montsouris, l’aulne près du lac serait issu d’une mutation génétique, voilà la raison pour laquelle il a l’air si mal en point.

Utilisation

L’aulne est souvent utilisé pour sa résistance dans le reboisement de sols pauvres comme en montagne ou pour maintenir des berges grâce à ses racines profondément enfoncées dans le sol. Son bois, réputé pour être imputrescible, durcit au contact de l’eau et a largement été utilisé dans la confection des pilotis de Venise.

Mythes et traditions

Dans la mythologie grecque, l’aulne est associé à Cronos, roi des Titans et père des principaux dieux du panthéon grec, c’est « l’Arbre des morts ».

Au Moyen Âge, il est associé aux sorcières et à la mort en raison de son utilisation pour construire des gibets de potence tout en se voyant attribuer un pouvoir protecteur : il pouvait éloigner le feu et les rongeurs des maisons et des gens ou protéger le bétail.

À savoir

Lorsque l’on coupe le bois de l’aulne, il devient rouge au contact de l’air, donnant l’impression de «saigner», alimentant les superstitions.

Étape 16: Petite ceinture verte

La Petite Ceinture, ancienne voie ferrée visible en contrebas du parc, « ceinture » la capitale sur 32 km, elle possède une richesse biologique et environnementale spécifique. Érables, ormes, robiniers faux-acacia, séquoias, frênes, ailantes, sureaux… ont poussé sur les talus. À leurs pieds, les fleurs jaunes de la chélidoine (Chelidonium majus) tapissent le sol. Peu exigeante, cette plante pousse dans des milieux riches en azote fréquents en ville. Elle est très appréciée par les fourmis. Celles-ci nourrissent leurs larves de la partie charnue et riche en lipides des graines de la chélidoine. Les résidus de graines non consommés et éliminés de la fourmilière germeront, disséminant l’espèce.

Une collection de fougères vient également d’être repérée.

Ce tronçon est un territoire de chasse pour la pipistrelle commune (Pipistrellus pipistrellus). Il accueille la plus grande colonie de chauve-souris d’Europe. Mammifère nocturne, la chauve-souris chasse les insectes par écholocalisation. Elle émet par la gueule des ultrasons dont elle capte le retour, localisant ainsi les proies et les obstacles. Les hauts murs de soutènement de la voie ferrée, surmontés d’une haie d’arbres, mettent la chauve-souris à l’abri de la pollution lumineuse de la ville qui perturbe ses déplacements.

En facilitant la mobilité de nombreuses espèces, ce précieux corridor écologique est indispensable à leur survie et à leur bon développement. Avec la diversité des strates végétales, des habitats qu’elles renferment et la présence d’espèces cibles, le parc Montsouris est un réservoir de biodiversité fonctionnel. Exploité sans aucun insecticide, il est d’une grande qualité écologique. Le plan biodiversité de Paris prévoit le renforcement des connexions entre le parc et les territoires limitrophes.

Étape 17: Frêne pleureur

Fraxinus excelsior ‘pendula’

Non loin de la station météorologique, tout près d’un marronnier d’Inde et d’un ptérocarier, se dresse un étrange arbre aux branches biscornues. Cet arbre est un frêne pleureur que l’on rencontre le plus souvent dans les forêts.

Son écorce lisse gris clair se fendille au bout de 30 ans. Des rameaux d’abord verts foncent avec le temps. Ses feuilles ont la forme d’une pointe de lance (d’où leur nom de « lancéolées »), poussent par groupe de 9 ou 13, alignées des deux côté d’une tige. Dentelées, elles sont lisses sur le dessus et recouvertes de poils (pubescentes) dessous. Elles poussent vertes et deviennent jaunes à l’automne avant de tomber. Il ne fleurit qu’au bout de 30 ans. Ses fleurs jaune verdâtre sont petites et poussent en grappes, d’abord dressées, elles finissent par retomber. Elles apparaissent avant les feuilles et sont hermaphrodites. Le frêne produit des samares, sorte de noix ailées, qui restent sur l’arbre en hiver.

Friand de soleil, le frêne s’épanouit dans les zones ensoleillées et légèrement humides comme au bord d’une rivière, par exemple. À Montsouris qui compte une quarantaine de frênes de toute sorte, quatre d’entre eux sont installés près du lac : deux près du kiosque et les deux autres en face de la pointe sud de l’île des cygnes.

Les jardiniers de Montsouris aiment beaucoup cet arbre étrange car, comme ils le font remarquer, si vous regardez le tronc quand les feuilles sont tombées, une créature semble essayer de s’échapper de l’écorce. Les frênes pleureurs perdent leurs branches à cause de leur poids. Les trous visibles dans l’écorce sont des cicatrices, traces de branches tombées.

Les arbres pleureurs sont rarement naturels, il s’agit d’anomalies dues à des mutations. Le frêne pleureur est cependant une espèce naturelle.

Utilisations

Le bois de frêne, blanc avec des reflets nacrés qui fonce quand il est coupé, est très utilisé en menuiserie et en ébénisterie. À l’Antiquité, le frêne était utilisé dans la fabrication de lances. Aujourd’hui, ce bois flexible et solide sert à réaliserdes manches d’outils, des rames, des raquettes et des échelles.

Des études ont prouvé la présence de substances issues du frêne pouvant être bénéfiques pour l’organisme. Une d’entre elle aurait des propriétés anti-inflammatoires.

Le frêne supporte la pollution des villes et peut être planté comme arbre d’alignement. Il peut aussi servir d’arbre d’ombrage grâce à son épais feuillage.

Histoire

Le frêne est d’origine européenne. En France, il représente environ 3% des forêts.

Mythes

Dans la mythologie grecque, le frêne est l’arbre de Poséidon, dieu de la mer et des séismes. Le frêne aurait servi à la fabrication du javelot d’Achille lorsqu’il partit combattre à Troie.

Au nord de l’Europe, dans la mythologie nordique, l’arbre de la sagesse Yggdrasil, celui sur lequel repose la voute céleste, est un frêne. Les nordiques croyaient qu’il avait un pouvoir protecteur et qu’il était possible de s’endormir dans son ombre sans craindre l’attaque ou la morsure d’animaux. Ils pensaient aussi qu’il permettait aux indécis et aux impuissants de reprendre courage et de trouver la force d’agir.

À savoir

Le frêne attire la foudre d’où son nom latin « fraxinus » qui signifie « foudre ».

Si toutes les feuilles du frêne sont tombées en hiver, on peut toujours le reconnaître aux samares qui restent accrochées aux branches. Le frêne pleureur se différencie du frêne à fleurs par ses bourgeons. Les bourgeons noirs caractérisent les frênes pleureurs tandis que les bourgeons marron caractérisent les frênes à fleurs.

Étape 18: Station météorologique

Protégée derrière un enclos, est installée, depuis 1873, la plus ancienne station météorologique de France. Les services techniques de Météo France ont déménagé à Saint-Mandé (Val-de-Marne) en 2011 mais les instruments de mesure – pluviomètre, baromètre, thermomètre… – continuent à transmettre leurs données à distance.

Dans cet enclos fermé au public la pelouse n’est pas tondue régulièrement permettant l’émergence d’une prairie fleurie favorisant la présence de nombreux insectes : criquets, sauterelles et grillons… Dans les hautes herbes, la grande sauterelle verte est à l’affût d’une proie - mouche, punaise, chenille et autres larves. Elle se distingue d’un criquet par la longueur de ses antennes et sa couleur. La présence de cet insecte, espèce cible, indicatrice des exigences écologiques des autres espèces du milieu, confirme la richesse potentielle de ce type d’habitat. La gestion écologique pratiquée dans l’ensemble des jardins publics parisiens renforce la biodiversité

Vers le boulevard Jourdan, la mire de pierre de 5 mètres de haut posée en 1806 constituait un repère du méridien de Paris, considéré comme le méridien d’origine pour les calculs de longitude jusqu’à son remplacement par le méridien de Greenwich en 1884.

Étape 19: Chêne liège

Quercus suber

Pour trouver le chêne liège, il faut s’avancer sur la pelouse qui borde le centre météorologique. Impossible de le confondre avec un autre chêne, il n’y a qu’un seul chêne liège dans tout le parc Montsouris et seulement treize à Paris.

Son écorce très particulière est reconnaissable entre toutes. Sonnant creux, elle est composée de liège (cellules mortes de l’arbre) brun-gris. Elle semble composée de blocs informes et tantôt fissurée. Les feuilles du chêne liège sont persistantes, elles restent vertes même en hiver. De taille moyenne, elles ont la forme d’une pointe de lance (on dit qu’elles sont « lancéolées »), parfois entières, parfois munies de quelques dents. Le dessus de la feuille est vert foncé tandis que le dessous est d’un blanc verdâtre. Si vous touchez une feuille, elle vous paraitra « sèche ». Comme pour le chêne vert, les fleurs du chêne liège sont en chatons. Une fois fécondées, elles donnent des glands qui tombent d’eux-mêmes entre septembre et octobre.

Originaire des régions méditerranéennes, il est habitué à un climat sec et chaud et préfère un sol acide mais non calcaire. Il est rare de trouver des chênes lièges dans la nature dans les régions nord.

Le chêne liège de Montsouris est planté à côté d’un palmier de Chine (trachycarpus fortunei). Un des jardiniers de Montsouris précise qu’il peut résister à des températures négatives allant jusqu’à – 70 °C. Si vous contournez le centre météorologique en direction du boulevard Jourdan, vous trouverez également sur la droite un figuier (Ficus carica), reconnaissable à ses grandes feuilles découpées en 5 lobes qui produit en fin d’été des figues consommables.

Utilisations

Le chêne liège est surtout utilisé pour fabriquer les bouchons de liège, par exemple. Ces bouchons sont réalisés à partir de l’écorce qui n’est retirée pas plus de douze fois dans la vie de l’arbre. Son bois est dense mais trop dur et difficile à utiliser.

À savoir

Les bandes d’écorce superficielles que prélèvent les éleveurs pour les bouchons ne risquent pas d’endommager les chênes. Elles se régénèrent toutes seules au fil des années et, comme elles sont composées de cellules mortes, la « véritable » écorce du chêne ne risque rien.

Étape 20: Chêne vert

Quercus ilex

Planté sur une grande allée près de la station météorologique au sud du parc Montsouris, ce grand chêne vert incliné fait face au séquoia toujours vert. Dans tout le parc, seulement deux chênes verts sont plantés, le deuxième est sur une pelouse en face du théâtre de Guignol.

Grand et massif, il possède une cime large et irrégulière constituée de branches puissantes et tortueuses. Il est recouvert d’une écorce fissurée brun-gris. Le feuillage est persistant, ce qui signifie qu’il reste vert en hiver. Les feuilles du chêne sont vertes, épaisses, coriaces et de forme variable. Généralement oblongues, elles sont parfois bordées de petites dents piquantes qui diffèrent nettement de celles des chênes à feuilles caduques. Le dessous de la feuille est gris-brun et pubescent (recouvert de petits poils). Le chêne produit des fleurs en chatons souples tombants pour les mâles et dressés pour les femelles. Le fruit du chêne est le gland qui peut mesurer 3 centimètres et qui est protégé par une cupule (sorte de coupe qui recouvre le haut du gland).

Originaire des régions méditerranéennes, le chêne vert préfère une exposition au soleil et un sol calcaire, sec ou légèrement humide. Reconnus pour leur longévité, les chênes verts peuvent parfois atteindre 1500 ans. Les feuilles du chêne vert sont coriaces afin de résister à la sécheresse. La progression de cette espèce dans le nord témoigne des changements climatiques en cours.

Observez la silhouette penchée du chêne vert due à un arbre qui poussait à proximité et le repoussait sur le côté, insiste un jardinier de Montsouris. Arraché lors de la tempête de 1999 avec 84 autres arbres dans tout le parc, le chêne a retrouvé le champ libre et va se redresser. Son tronc ne pourra pas bouger mais les branches vont revenir vers la droite pour rééquilibrer sa silhouette.

Utilisations

En Corse, les cochons sont nourris en partie avec les glands du chêne vert qu’ils apprécient énormément.

Le bois du chêne est dense et résistant. Il est utilisé dans la réalisation de manches d’outils ou comme combustibles.

À savoir

Le chêne vert se plait à Paris et on en trouve beaucoup dans le bois de Vincennes.

Étape 21: Séquoia toujours vert

Sequoia sempervirens

Planté en 1935 au parc Montsouris, ce grand arbre de 25 mètres de haut se trouve près de quatre ginkgos biloba, à la pointe d’une pelouse en forme de triangle déformé, près de la grande pelouse. Aucun autre endroit à Paris ne concentre autant de séquoia à feuilles d’If que le parc Montsouris qui en compte 23. Si vous les cherchez, vous en trouverez surtout sur le talus le long de la ligne du RER B.

Reconnaissable à son écorce fibreuse brun-rouge et spongieuse au toucher, sa cime arrondie sur un tronc droit comme une colonne est souvent dépourvue de branches sur un tiers voire sur la moitié de sa hauteur qui peut atteindre 110 mètres.

Les feuilles du séquoia sont souvent comparées à celle des ifs. Il s’agit d’aiguilles vertes aplaties, plus courtes en début et fin de rameaux comme des raquettes. Persistantes, elles ne tombent pas pendant l’hiver, d’où son nom latin «sempervirens» qui signifie «toujours vert». Le séquoia ne fait pas de fleurs mais produit des cônes bruns cylindriques d’environ 1 cm qui atteignent leur maturité à un an.

Le séquoia est un arbre un peu particulier car il s’agit d’un arbre pyrophyte : un arbre dont la reproduction est favorisée par les incendies. Son écorce épaisse le protège du feu mais la chaleur permet aux cônes de s’ouvrir, libérant ainsi des graines d’où germeront de nouveaux séquoias. Il pousse mieux dans un environnement à faible altitude, humide et lumineux ou dans les forêts denses et supporte parfaitement la pollution et le vent comme en ville. Le séquoia à feuilles d’If fait partie des espèces végétales qui peuvent vivre le plus longtemps avec des records de 2600 ans.

Ce séquoia bien précis a été élevé au rang d’«Arbre remarquable» par la ville de Paris. Il fait partie des 191 individus sélectionnés pour le label en raison de leur âge, leur dimension, leur forme, leur passé ou encore leur légende qui sont exceptionnels. Le parc Montsouris compte 3 arbres remarquables : un séquoia toujours vert, un hêtre pourpre et un platane commun.

On peut aussi remarquer à sa base une sorte de boursouflure à moitié séparée du tronc. Les boursouflures apparaissent sur tous les arbres lorsqu’ils sont confrontés à un danger. Il s’agit d’un mécanisme de défense qui se met en place automatiquement que ce soit contre un virus, à cause d’une entaille ou d’un déséquilibre.

Selon les jardiniers de Montsouris, les séquoias sont parfois surnommés les «arbres à foudre» car ils grandissent beaucoup et finissent par dépasser les autres arbres. Or, plus ils grandissent, plus la sève a du mal à monter dans les branches les plus hautes, elles sont alors fragilisées. Un autre séquoia du parc, un séquoia géant (Sequoiadendron giganteum) de 30 mètres de haut dépasse même l’antenne de la station météo (27 mètres) qui agit comme paratonnerre. Les jardiniers craignent qu’il prenne la foudre au prochain orage.

Utilisations

Les Indiens utilisaient le bois du séquoia pour construire leurs maisons et leurs bateaux. Puis les premiers explorateurs l’utilisèrent à leur tour pour réparer leurs navires. Aujourd’hui, son bois résistant à la pourriture mais cassant sert à la fabrication de crayons, de piquets, de panneaux et de poteaux de construction.

Histoire et mythes

Le séquoia fait partie des plus vieux arbres du monde. Il est apparu sur Terre il y a 200 millions d’années et s’est répandu sur tous les continents. Cependant, en raison de grandes périodes successives de glaciation, il disparut d’Europe il y a 12.000 ans. Aujourd’hui, il ne pousse naturellement que sur la côte pacifique des États-Unis.

Le séquoia fut redécouvert par le botaniste écossais Archibald Menzies en 1791 lors d’une expédition menée par George Vancouver qui rapporta des graines à Londres. Au cours du XIXe siècle, des séquoias furent introduits dans des grands parcs d’Europe.

Les Indiens de la Sierra Nevada vénéraient le séquoia géant, cousin du séquoia à feuilles d’if, car ils pensaient que ces arbres géants étaient les piliers autour desquels le monde avait été créé. Ils l’appelaient «l’Arbre phœnix» en raison de sa faculté à résister aux incendies et à «renaître de ses cendres».

À savoir

Son nom vient de l’Indien Sequoyah, inventeur de l’alphabet cherokee.

Si vous cherchez le séquoia, vous le reconnaitrez à son écorce rougeâtre, fibreuse et spongieuse.

Étape 22: Ptérocarier

Pterocarya fraxinifolia

Très peu planté, le ptérocarier est un des arbres favoris des jardiniers du parc Montsouris, qui n’en accueille que trois. En plus de celui qui est planté devant vous près de la grande pelouse, un se trouve près de la station météorologique, un à l’entrée du boulevard Jourdan et un autre près de l’entrée rue de la cité universitaire.

Recouvert d’une écorce brune et crevassée, le ptérocarier peut atteindre 30 mètres de hauteur très rapidement puisqu’il pousse généralement de 12 mètres en 20 ans. Sa cime est large et développée et ses feuilles vert clair tout en longueur peuvent mesurer jusqu’à 60 centimètres. En juin, de longues guirlandes de fleurs vertes font leur apparition, tombant des arbres comme des suspensions. Des fruits se développent à partir des fleurs fécondées au mois de septembre sous forme de noix ailées (des samares), celles-ci se détachent en voltigeant.

Le ptéorcarier préfère une exposition au soleil dans un sol frais, pas trop humide et suffisamment profond. Il peut atteindre 300 ans dans de bonnes conditions.

Les jardiniers de Montsouris aiment le ptérocarier pour ses fruits qui pendent comme des guirlandes. C’est un très bel arbre qui a souvent été planté dans les jardins parisiens entre la fin du XIXe siècle et le début XXe en particulier dans les serres d’Auteuil.

Utilisations

Le ptérocarier est un très bon résident des parcs et jardins mais on ne le trouve que très rarement dans les rues car ses racines poussent en surface et déforment les trottoirs.

Histoire

Originaire d’Asie, le ptérocarier fut introduit en France pour la première fois en 1782 par André Micheaux, le jardinier de Louis XVI, à Versailles et au jardin des plantes de Paris.

À savoir 

il est aussi appelé «noyer du Caucase» car son écorce ressemble à celle des noyers.

Vous pourrez le reconnaître à son feuillage vert ainsi qu’à son écorce d’un brun clair.

Étape 23: Hêtre pourpre

Fagus sylvatica ‘purpurea’

Installé au bord de la pelouse principale, cet arbre au tronc cylindrique, est l’un des trois arbres remarquables du parc Montsouris, label décerné aux individus qui se distinguent par leur singularité.

Recouvert d’une écorce lisse gris clair sur un tronc qui porte une cime arrondie. Ses feuilles caractéristiques arborent la plupart du temps un pourpre foncé qui prend une teinte cuivrée à l’automne. Ovales avec un bord ondulé, elles sont lisses sur le dessus et couvertes de petits poils dessous. Le feuillage du hêtre est marcescent: il reste sur le bois l’hiver et tombe juste avant l’apparition des nouvelles feuilles.

Des fleurs jaunes et vertes apparaissent entre avril et mai et donnent des fruits d’un brun luisant de 12 à 18 mm de long que l’on appelle des «faines».

Ses racines sont très superficielles, ce qui entraine parfois la chute des hêtres quand le vent souffle trop fort. Elles vivent en symbiose avec des champignons qui fournissent à l’arbre des sels nutritifs et des hydrates de carbone nécessaires à sa survie.

L’hêtre pourpre est un arbre un peu fragile qui s’épanouit dans les prairies: il a besoin d’humidité mais craint les sols trop humides. Il est sensible aux températures extrêmes, positives comme négatives. Il met également plus de temps à pousser que l’espèce d’origine et pousse moins haut. Le hêtre pourpre peut vivre jusqu’à 300 ans. Il existe même dans la Marne de rares spécimens qui auraient atteint les 1000 ans.

Selon les bûcherons de Montsouris, le hêtre pourpre est un bon arbre qui ne pose pas de problèmes. Le hêtre pourpre est un arbre indigène, les hêtres composaient les forêts gauloises.

Le hêtre pourpre est un trois arbres remarquables du parc Montsouris avec le séquoia toujours vert non loin de la statue Drame au désert d’Edmond Desca et le platane planté sur la colline qui surplombe le lac. Il est aussi bien plus grand et plus vieux que le hêtre tortueux planté près du lac.

Utilisations

Grâce à son feuillage qui forme rapidement des masses compactes, le hêtre pourpre est souvent utilisé pour composer des haies. Son bois très dur est cultivé pour fabriquer du mobilier ou construire des traverses de chemin de fer. Il fait également un très bon combustible de feu de cheminée. Son fruit, comestible à petite dose, est très apprécié des cochons et du gibier. En forêt ou dans les parcs comme Montsouris, ils sont consommés par des écureuils, des pinsons… Grillé, il servait de succédané de café durant les périodes difficiles.

Histoire et mythes

Les hêtres sont originaires d’Europe centrale mais certaines variétés sont présentes un peu partout dans le monde. Les hêtres faisant partie des espèces dominantes de plusieurs pays d’Europe, ils sont présents dans de nombreuses religions européennes, généralement associés aux déesses mères et à la connaissance féminine. Ils sont ainsi rattaché à Eurynoé chez les Grecs (qui aurait crée le monde par la danse et le chant), à Belisama chez les Celtes (déesse du foyer et guérisseuse) et à Junon chez les Romains.

À savoir

Selon la légende, le hêtre pourpre est une création de l’homme : il aurait été crée au XVIIe siècle pour plaire à une princesse. Il s’agit en fait d’une variété naturelle du hêtre commun découverte en 1680. Il a également inspiré le Cubain Jose Maria De Heredia pour l’écriture d’un poème intitulé Dieu Hêtre.

Les feuilles du hêtre sont très semblables à celle du charme, pour les différencier, il existe un moyen mnémotechnique : « Le charme d’Adam est d’être à poil » (Le charme a des dents, le hêtre a des poils). Vous pouvez reconnaitre le hêtre à la couleur caractéristique de son feuillage qui le distingue des autres espèces de hêtres.

Étape 24: Marronnier jaune

Aesculus flava

Postés l’un près de l’autre, deux impressionnants marronniers jaunes trônent avec majesté sur la grande pelouse du parc Montsouris. Si vous regardez vers la sortie, vous pouvez apercevoir la colonne de la Paix Armée qui surplombe l’entrée de l’avenue Reille. Vous pouvez trouver deux autres marronniers près du lac (un en face du pavillon du lac et l’autre près du théâtre de Guignol) et encore deux autres le long de l’allée qui longe la rue Nansouty.

Le tronc robuste et droit du marronnier est recouvert d’une écorce gris foncé. Il est surmonté d’un épais feuillage pyramidal. Les feuilles qui le composent mesurent entre 30 et 50 cm et possèdent 5 pétioles (5 sections découpées). Vues du dessus, elles arborent une belle couleur vert foncé tandis que vues du dessous, elles sont beaucoup plus pâles. À l’automne, elles abandonnent le vert pour prendre une teinte jaune foncé avant de tomber, d’où le nom de marronnier « jaune ». Jaunes sont également les fleurs que porte le marronnier au printemps. Regroupées en grappes de 15 centimètres, ces petites fleurs veinées de pourpre ont des pétales plus courts que leurs étamines. Une fois fécondées, elles développent des fruits en forme de capsules lisses et arrondies, mesurant entre 5 et 7 centimètres de diamètre. Ils sont roux et dépourvus d’épines – contrairement aux fruits du marronnier d’Inde, son cousin – et sont vénéneux pour l’homme.

Originaire de l’est des États-Unis, le marronnier peut atteindre 25 mètres dans son pays d’origine et apprécie un sol bien sec et exposé au soleil. Il est capable de vivre près de deux siècles dans son milieu d’origine.

Un des jardiniers de Montsouris rappelle qu’il y avait trois marronniers jaunes à cet endroit mais l’un deux a disparu. Dans le parc, il est facile de repérer les marronniers blancs car depuis quelques temps, ils sont la cible de papillons. Les papillons pondent leurs œufs dans les feuilles et les chenilles les dévorent à leur naissance pour se nourrir. Les marronniers blancs ont l’air de dépérir alors que les marronniers jaunes et les marronniers d’Inde ne sont pas touchés.

Utilisation

Exclusivement décoratif, le marronnier jaune est cultivé en tant qu’arbre d’ornement pour les parcs et les grands jardins, dont le parc Montsouris.

À savoir

Il fut introduit en Europe en 1764 et y est peu répandu.

Si vous cherchez à reconnaître le marronnier jaune, vous pouvez vous fier à son feuillage caractéristique et à ses fruits.

Étape 25: Kaki

Diospyros kaki

Le kaki marque la fin du parcours. Planté près de l’entrée rue Nansouty, légèrement arc-bouté au-dessus de l’allée, il fait face à la colonne de la Paix Armée qui surplombe la grande pelouse du parc. Le seul autre kaki du parc se trouve en face du lac, derrière la statue de La Mort du lion d’Edmond Desca. Ils font tous les deux partie des 22 individus présents à Paris.

Son tronc droit et fin qui s’épaissit au fil des années est recouvert d’une écorce brun clair qui fonce et se fissure en vieillissant. Jeunes, les rameaux du kaki sont pubescents et brunâtre. De très grandes feuilles ovales avec une base ronde mesurant entre 10 et 18 centimètres de long poussent sur ses branches. D’un beau vert foncé qui devient lie-de-vin à l’automne, ces feuilles sont luisantes sur le dessus et recouvertes de petits poils doux sur le dessous. Entre mai et juin, des fleurs jaune crème à 4 pétales entourées d’un écrin vert à 4 feuilles apparaissent sur les branches. Elles ont la particularité d’être soit femelles, soit mâles soit hermaphrodites. Leur pollinisation se fait non seulement par les abeilles mais également par les mouches et autres insectes. La pollinisation des fleurs du kaki permet le développement de fruits orange entre octobre et novembre. Mesurant entre 6 et 8 centimètres de diamètre, ces fruits sucrés sont comestibles et très appréciés en Asie. Ils restent souvent sur l’arbre même après que les feuilles soient tombées jusqu’en décembre.

Originaire du nord de la Chine, le kaki apprécie une bonne exposition au soleil dans un sol frais et légèrement humide, il trouve donc parfaitement sa place sur cette pelouse du parc Montsouris. Cependant, le kaki produit beaucoup de fruits, s’il bénéficie de suffisamment de chaleur. Capable d’atteindre 15 mètres dans son pays d’origine, cet arbre à la croissance lente dépasse rarement 4 - 6 mètres en France.

Comme le souligne un jardinier de Montsouris, ce kaki très âgé est en fin de vie, sa cime se dénude. Il se trouve face à un hêtre à feuilles de fougère (Fagus sylvatica ‘asplenifolia’) dans lequel grimpent souvent les enfants et à côté d’un sophora (Sophora japonica) planté sur l’allée qui longe la rue Nansouty. Ce sophora fait face à l’appartement où habitait le scénariste Michel Audiard qui en parle dans un de ses livres. Quand les arbres commencent à perdre leurs branches les plus hautes, cela signifie que les racines sont abimées et que l’arbre dépérit.

Utilisations

Le kaki est surtout cultivé pour ses fruits sucrés riches en vitamines C et en fer à consommer de préférence bien mûrs ou blets. Il est également utilisé pour lutter contre les maladies cardiovasculaires et contre le diabète.

Son bois peut être utilisé en remplacement de l’ébène.

Histoire

Cultivés depuis 1000 ans en Chine et au Japon où il occupe aujourd’hui la première place dans la culture d’arbres fruitiers, le kaki est introduit en Europe au début du XVIIIe siècle. D’abord exploité en tant qu’arbre d’ornementation, il faut attendre 1870 pour que le kaki soit cultivé pour ses fruits, principalement en Italie où la chaleur est parfaite pour l’arbre. Pourtant, l’Occident connaissait déjà l’existence du kaki bien avant son introduction grâce au récit de voyage en Chine de moines jésuites en 1613. Aux États-Unis, il est cultivé à partir de la fin du XIXe siècle où il prend une place importante, surtout dans les États du Sud et en Californie.

Traditions

Dans les cultures chinoises, japonaises et coréennes, le kaki est un fruit très important. Généralement consommé cru, il est parfois séché avant d’être suspendu ou mis sur une baguette et offert pour célébrer la nouvelle année.

À savoir

Que ce soit en Europe ou en Asie, le kaki est assimilé à la nourriture des dieux. En grec, diospyros, signifie «blé de Zeus» et il est appelé «nourriture des dieux» au Japon.

Il peut se reconnaître à ses fruits rouges qui persistent sur l’arbre même après la chute des feuilles.

Dernière mise à jour le vendredi 23 septembre 2016

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