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paris au fil de l'eau

Un voyage au coeur de l’histoire des Rives de Seine et à travers les portraits audio et photo de ceux qui la vivent, à l’heure où le Parc Rives de Seine voit le jour.

Désormais, 10 hectares en bords de Seine, dédiés à la détente, aux loisirs et aux activités sportives, aménagés en harmonie avec notre environnement naturel et culturel, s’offrent aux Parisiens et aux amoureux de Paris.

Une nouvelle page de l’histoire de ce site d’exception est à écrire à partir d’aujourd’hui, par vous tous...

Épisode 1 : toutes ces années.

La vie est faite d'amour, et l'amour a besoin d'années et d'espace. Julien Cernobori descend la Seine, pour aller à la rencontre des gens des rives.

Charlette

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Paris
Bassin de l’Arsenal

Pourquoi la Seine, l’eau ? Mon mari était médecin militaire, il disait que « l’eau est une forme de liberté ». On a donc cherché un bateau en Hollande, on ne voulait pas être statique. Je me rappelle qu’une fois, arrivés à une écluse fermée, nous nous sommes amarrés à la péniche du marinier. Il a trouvé ça drôle qu’on vive sur une péniche par choix quand lui y était obligé professionnellement, qu’on prenne comme habitation son outil de travail.

Au début, notre péniche était au Pont Alexandre III, puis à Grenelle, c’était très festif à l’époque. J’ai toujours adoré Paris, pour moi, Paris, c’est le Paradis ! J’ai voyagé dans de nombreux pays paradisiaques et je peux vous dire qu’en hiver, c’est mortel, il n’y a rien. Ici, il y a tout, et tout le temps de nouvelles choses à découvrir ! Ce matin, je me suis demandée ce que j’allais faire… et je suis allée me promener au Jardin des plantes. »

Charlette, 85 ans, Paris 12e

© Mairie de Paris /JB Gurliat

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Paris
Bassin de l’Arsenal

Tiphaine

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Paris
Quai Saint-Bernard

Je me bats pour me débarrasser de toutes les croyances limitantes que la société tente de m’imposer en tant que femme. Le parkour en fait partie. Lorsque je m’y suis mise, c’était pour tenter de reconquérir l’état d’enfance en moi. Pour réapprendre à tomber, à oser ; pour changer ma manière d’observer la vie. Avec le temps, j’ai développé de nouvelles habitudes mentales. Désormais, mon esprit cherche sa liberté partout où il se trouve.

J’aime bien ce spot pour la concentration du mobilier : les barrières, les poteaux, les chaînes, les murets… C’est l’occasion d’entraîner certains mouvements. Le saut de précision, le saut de chat, le passement. Officiellement, le parkour, c’est une discipline qui consiste à se déplacer le plus efficacement possible d’un point A à un point B. A mon avis, il s’agit surtout de s’amuser avec son corps et ce qu’on trouve autour de soi. J’aime cette activité parce que c’est plus qu’un sport. C’est une forme d’exploration urbaine aux combinaisons infinies, avec un petit faible pour les folies d’architectes et les espaces biscornus. C’est très facile d’accès aussi : pas d’équipements, pas d’infrastructures, pas d’adhésion. Pas de compétitivité non plus. Chacun développe sa grammaire et son style en fonction de ses goûts, de son vécu, de son physique. Finalement, du parkour, on en fait tous sans le savoir.

Tiphaine, 22 ans, Fontainebleau

© @ulrich_lebeuf / Myop pour la Mairie de Paris, textes : @salome_kiner

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Paris
Quai Saint-Bernard

Épisode 2 : parler d'amour

Le sport en plein air, à l'abri des grands, mais sans oublier de gagner. Julien Cernobori descend la Seine, pour aller à la rencontre des gens des rives.

Jean-Charles

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Paris
Passerelle Simone-de-Beauvoir

Je suis professeur de danse swing, j’ai été champion du monde dans la catégorie solo Charleston en 2015. Aujourd’hui, je profite du soleil pour tourner un petit film sur la passerelle Simone de Beauvoir avec une amie vidéaste. Je le fais pour remercier les élèves de mes cours. J’aime particulièrement cet endroit : on a un pied sur terre et la tête dans les nuages ! La vue est d’ailleurs souvent utilisée par les artistes et les chorégraphes. Ce pont est l’un des seuls réservés aux piétons et aux vélos à Paris. C’est une pause sonore dans la circulation. Il y a à la fois de l’espace, de l’eau, de la verdure et de l’air, sans que l’on ne soit non plus à la campagne. Ici, j’ai une réelle impression de liberté. Paris n’est pas riche que de ses monuments, ce n’est pas seulement une ville pour les touristes : c’est d’abord un lieu de vie pour ses habitants.

Jean-Charles

© Mairie de Paris / Sophie Robichon

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Paris
Passerelle Simone-de-Beauvoir

Alain

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Paris
Quai de Bastille

Je regarde la rive d’en face. Jussieu, l’Institut du monde arabe. Tous ces bâtiments, je les ai vus pousser. C’est ici que mes filles ont appris à faire du vélo. Caroline nous a quitté à l’âge de 23 ans, après dix ans de maladie. Perdre un enfant, je ne le souhaite à personne, mais à un moment donné, il faut savoir lâcher prise. Je me suis rapproché d’une association d’étudiants de HEC qui aidait à construire des écoles en Afrique. Ils m’ont parlé d’un village au Burkina Faso qui s’appelait Korsimoro. Comme je suis né en Corse, à Pietralba, j’y ai vu un signe de la providence. J’ai organisé des concerts à l’église Saint-Marcel et j’ai levé 150 000 euros de fonds. Ma seule contrepartie souhaitée, c’était que l’établissement puisse porter son prénom. Aujourd’hui, l’école Caroline accueille 250 élèves, toutes confessions confondues, bien qu’elle s’appuie sur des structures diocésaines. C’est un projet œcuménique grâce auquel ma fille n’est pas morte pour rien.

Aujourd’hui, je suis apaisé. J’ai fini ma carrière à la direction de la communication d’un grand groupe financier. J’en suis sorti indemne. Je partage mon temps entre mon village de Monticello, où les cendres de Michel Rocard viennent d’être dispersées, et mon quartier d’Aligre, qui est aussi comme un village. Où que j’aille, je ne suis jamais bien loin de l’eau.

Alain, 64 ans, Paris 12e

© @ulrich_lebeuf / Myop pour la Mairie de Paris, textes : @salome_kiner

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Paris
Quai de Bastille

Kinge et Anni Marie

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Paris
Pont Saint-Michel

On sort du cinéma. On a vu La La Land. On parlait justement de cette scène où le personnage principal raconte en chantant que sa tante vivait à Paris, et qu’un beau jour elle a sauté pieds nus dans la Seine. L’eau était glaciale, elle a éternué pendant un mois, mais elle jure qu’elle recommencerait si c’était à refaire. Cette chanson, c’est l’éloge des folies douces, des cœurs fragiles, des passions insensées. C’est très romantique, mais Pouah ! pour rien au monde je ne me baignerais dans ces eaux-là.

Nous sommes deux filles au-pair. Les enfants sont très gentils. Le problème, c’est plutôt les grand-mères ! Nous venons d’Estonie et des Pays-Bas. Paris, bien sûr, c’est une machine à fantasmes. L’architecture, la mode, la gastronomie, qui ne rêve pas de ça ? Malheureusement, la réalité est un peu décevante. Surtout la vie nocturne, parce que les bars ferment à deux heures et que les clubs sont très classiques. Mais vous savez quoi ? On se rend compte qu’on préfère ce Paris-là, avec ses odeurs désagréables, ses bouis-bouis bon marché et son bordel ambiant, à celui des cartes postales qu’on essaie de vendre aux touristes. D’ailleurs, c’est drôle: on a regagné nos familles à Noël, mais c’est en revenant à Paris qu’on a eu l’impression d’enfin rentrer chez soi.

Kinge et Anni Marie, 18 et 20 ans, Pays-Bas, Estonie

© @ulrich_lebeuf / Myop pour la Mairie de Paris, textes : @salome_kiner

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Paris
Pont Saint-Michel

Marine

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Paris
Piscine Joséphine Baker

Je travaille à la piscine Joséphine Baker depuis janvier dernier, comme apprentie maître-nageuse. Je suis originaire d’une petite ville près de Lille, et je suis venue en région parisienne pour ma formation. Je donne notamment des cours d’aquabike et d’aquagym, et j’assure la surveillance du bassin. C’est une piscine à l’atmosphère particulière, puisqu’elle est sur la Seine. J’y passe environ 30 heures par semaine, et je préfère travailler le soir.

La nuit, l’ambiance est spéciale : les bateaux qui passent éclairent les nageurs. Mais on ne ressent pas le roulis de la Seine lorsqu’on est dans la piscine. Pendant l’été, mes collègues m’ont dit que l’ambiance était différente, avec les nageurs qui font la queue le long du quai pour profiter du solarium sur le toit. Avant d’arriver dans la capitale, je n’avais pas très envie de découvrir la vie parisienne. Pourtant, en remontant la Seine du 13e arrondissement jusqu’à la Tour Eiffel, j’ai trouvé la balade super agréable ! Tous les principaux monuments sont à proximité du fleuve. Paris vit en permanence. On ne s’y ennuie pas, et on n’est jamais seul.

Marine

© Mairie de Paris / Sophie Robichon

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Paris
Piscine Joséphine Baker

Thierry

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Paris
Cité de la Mode et du Design

Dans le métier, on a un vieux proverbe qui dit, « en hiver c’est l’enfer, en été c’est le paradis. » J’ai de la chance parce qu’avant je n’avais pas de chauffage. C’était le froid complet. Mais aujourd’hui, avec le vent, c’est pas terrible. Je porte un manteau, un coupe-vent, un pull d’intervention, un polo à manches courtes, un gilet fluo, une casquette, un pantalon d’intervention et des chaussures Magnum. C’est plus confortable que les Rangers. Je travaille comme agent de sécurité de site depuis 18 ans. C’est mon frère qui m’a converti. J’adore mon job. On voit des trucs de fou. Même que quand il fait chaud, sur les terrasses, les filles se mettent parfois topless. Malheureusement, c’est interdit par la loi. Je suis obligé de leur dire de se rhabiller.

Thierry, 41 ans, Achères (78)

© @ulrich_lebeuf / Myop pour la Mairie de Paris, textes : @salome_kiner

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Paris
Cité de la Mode et du Design

Corinne et Léonard

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Choisy-le-Roi
Port De Choisy Le Roi

Sans ma chienne à sortir, je n’aurais jamais appris à aimer ce paysage. Une gravière, une usine et un chemin boueux. Vu comme ça, c’est un peu destroy. En fait, c’est surtout l’autre rive qui me fascine. Ses maisons de bric et de broc, sa promenade de béton, sa silhouette à la Doisneau. C’est moins cossu qu’ici. Choisy-le-Roi est la seule commune de la Seine à s’étaler à cheval sur deux rives. C’est très intéressant, en matière d’urbanisme. Je suis iconographe, ça doit être une déformation professionnelle. Il m’arrive de prendre cette perspective en photo et d’en faire des cartes postales pour mes amis.

Je suis née au Havre. Gamine, pour faire passer le temps, je m’asseyais sur un muret pour regarder passer les bacs. J’imaginais de grandes traversées. En Normandie, pour traverser un pont, changer de rive, il y a cette expression qui dit « aller de l’autre côté de l’eau ». Ça m’a toujours fait rire. Je ne pourrais plus habiter loin d’une rivière ou de la mer. L’eau, les bateaux, les ports, ça met de la poésie dans les villes. Ça leur donne une touche balnéaire. Mais surtout, ça renverse le paysage. Ça change des arbres, des immeubles, des poteaux... La Seine, c’est une ligne horizontale qui coupe cette perspective verticale. C’est pour ça qu’elle est relaxante.

Corinne (49 ans) et Léonard (24 ans), Choisy-le-Roi

© @ulrich_lebeuf / Myop pour la Mairie de Paris, textes : @salome_kiner

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Choisy-le-Roi
Port De Choisy Le Roi

Mikiko

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Paris
Pont du Carrousel

La trompette, c’est un pis-aller. Mon instrument fétiche, c’est le trombone. Malheureusement j’ai dû laisser le mien au Japon. Je n’avais pas assez d’argent pour en racheter un en France, alors que la trompette, c’est bien plus abordable. Je viens jouer sur les quais pour ne pas déranger mes voisins. Pour m’aérer, aussi. Je suis couturière, je fabrique des cravates, des boutonnières et des nœuds papillons sur-mesure. C’est un travail minutieux. Ici, mes yeux se dégourdissent les jambes. J’étais justement en train de jouer « The Water is Wide ». C’est un hasard, mais c’est de circonstance, n’est-ce pas ? Les touristes s’arrêtent parfois pour m’écouter. C’est très gênant, parce que je suis d’une timidité maladive. Au Japon, ce n’est pas un problème, les gens ne s’expriment pas beaucoup. A Paris c’est l’inverse. Les Français communiquent énormément. Si vous n’avez pas la parole facile, vous risquez de souffrir la solitude.

Mikiko, 32 ans, Paris 17e

© @ulrich_lebeuf / Myop pour la Mairie de Paris, textes : @salome_kiner

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Paris
Pont du Carrousel

Arnaud

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Paris
Pont Alexandre III

Je suis maître d’hôtel pour une entreprise de catering. Aujourd’hui, nous sommes au Grand Palais avec le staff du défilé Chanel. J’adore mon travail, parce qu’en fonction de chaque événement je rencontre des gens et des endroits très différents. Le contact est toujours sympathique : la nourriture, c’est un moment de réconfort pour ceux qui bossent toute la journée. Mon réconfort à moi, c’est de pouvoir prendre ma pause ici, avec un bon bouquin. Je suis né dans le 13e arrondissement de Paris. La Seine, je l’ai côtoyée à tous les âges de ma vie. Gamin, j’y ai même plongé pour sauver une écharpe. Mes pauvres parents…

J’ai beau être un infatigable bourlingueur, la Seine reste un superbe voyage immobile. Quand je regarde ce pont, ses dorures et ses statues, je me téléporte à l’époque des glorieux, des grands rois, des célébrations fastueuses. Tous les dimanches avec mes enfants, j’invente des monstres marins et prédis des destins romanesques aux cailloux que ma fille jette à l’eau. Certains soirs, au coucher du soleil, lorsque le ciel s’embrase, je m’imagine à Bénarès ou Istanbul. Je suis très attaché au rôle de l’eau dans les villes. Le fleuve et le marché, c’est le cœur de la cité.

Arnaud, 42 ans, Paris 13e

© @ulrich_lebeuf / Myop pour la Mairie de Paris, textes : @salome_kiner

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Paris
Pont Alexandre III

Clara et Brice

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Paris
Quai d’Orsay

Nous sommes les amoureux du pont Alexandre-III. C’est là-bas qu’on s’est rencontrés. Brice faisait une démonstration de rugby, je travaillais pour une marque de sport. Ca a cliqué, on ne s’est plus quittés. C’était il y a deux ans, on vient d’emménager ensemble. Je suis d’Arras et lui d’Agen, alors ce pont, c’est notre base, notre repère parisien. Il y a quelque chose de magique à être au cœur de la ville tout en étant préservé des cohues.

Aujourd’hui, j’apprends à Brice à faire du skate. On est venus de Boulogne en scooter. On se gare près des Invalides et on descend se balader. Ces planches, c’est des cruisers, c’est fait pour la promenade. Idéal pour les quais de Seine. Tous ces coins, je les connais grâce aux Nike Running Session. La course à pied, c’est le meilleur moyen de découvrir une ville.

Clara et Brice, 24 et 27 ans, Boulogne

© @ulrich_lebeuf / Myop pour la Mairie de Paris, textes : @salome_kiner

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Paris
Quai d’Orsay

Cyril

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Paris
Pont de Bercy

Ce tunnel me plait bien : à ma droite, ce sont les étudiants qui descendent de la fac, les touristes qui visitent la BNF. A ma gauche, les banquiers en costards. Mais ce ne sont pas les humains qui m’intéressent le plus. Je préfère observer les cygnes, ou mieux, les cormorans. En période d’amour, ils volent en couple et plongent dans l’eau pour croquer des poissons. Mon petit jeu consiste à deviner où est-ce qu’ils vont ressortir. S’ils pêchent, c’est bon signe, ça veut dire que la Seine est moins sale qu’avant. D’ailleurs, on parle de la Seine, mais géographiquement parlant, c’est l’Yonne. C’est parce que les Gaulois l’appelaient Sequana que ce nom est resté.

Je m’y connais un peu en plumes parce que j’adore Belle-Île-en-Mer. J’y passe tous mes étés, j’y finirai mes jours. Quand on quitte le port de Quiberon, il y a un cormoran perché sur un poteau qui nous fait signe. Armel Le Cléac’h a dû le voir aussi.

Cyril, 49 ans, Paris 19e

© @ulrich_lebeuf / Myop pour la Mairie de Paris, textes : @salome_kiner

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Paris
Pont de Bercy

Peter

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Paris
Pont Charles-de-Gaulle

Les cavalières de la Garde républicaine viennent de passer. J’étais en train de jouer Puttin’ on The Ritz et elles se sont arrêtées pour laisser danser leurs chevaux. Que les gendarmes aient encore de l’humour, je trouve ça renversant. Vous connaissez ce morceau ? C’est un standard américain. Fred Astaire s’en sortait pas mal. A la fin des années 1920, c’était la première chanson à être jouée par un ensemble mixte. Des noirs et blancs dans un même orchestre, à l’époque, c’était révolutionnaire. Vous imaginez ?

Il y a 40 ans que je joue du saxophone. Ca m’est tombé dessus en plein concert de Roxy Music. Je trouvais que ça en jetait, je voulais frimer moi aussi. Je m’entrainais dans le miroir, je prenais des airs de steward. Et c’est vrai que parfois, je drague des cougars.

Je suis Irlandais. Avant, j’étais peintre en lettres. Je peignais des enseignes, des publicités. Maintenant, ce monde est révolu. Je ne me plains pas, j’ai la musique. J’habite le 11e arrondissement de Paris. Le quartier des bars. Si je viens jouer ici c’est parce que mes voisins sont hostiles. Mais ça ne me dérange pas, au contraire. L’acoustique est magnifique sous les ponts de la Seine. Vous savez, chaque note est tributaire de son environnement. Les crécelles du métro aérien, le kek-kek des mouettes, le clapotis de l’eau. La vie résonne de délicieuses musiques. Alors de grâce, ne graissez pas vos portes !

Peter, 56 ans, Paris 11e

© @ulrich_lebeuf / Myop pour la Mairie de Paris, textes : @salome_kiner

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Paris
Pont Charles-de-Gaulle

Brioche

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Paris
Port du Gros-Caillou

Je vis en bord de Seine, j’aime les branches d’arbre, je les mâchouille et je joue avec. On me les lance mais moi ce que je préfère c’est quand mon humain essaye de les récupérer et me court derrière ! J’aime aussi me faire les dents dessus, j’ai 8 mois, je suis encore un jeunot. J’adore me promener sur les bords de Seine, il n’y pas de voitures, je ne me prends pas de gaz d’échappement dans la truffe, c’est pas juste, je suis pile à leur hauteur. Moi aussi je produis des tas de gaz si vous voyez ce que je veux dire, mais c’est pas de ma faute, c’est ma race qui est comme ça. Ici sur les rives, ça ne gêne personne. Et puis je peux courir et gambader en toute liberté, des fois, on me retire même ma laisse ! J’aime aussi les enfants, j’aime quand ils rigolent alors je suis tout excité et je fais des tas de pirouettes. Je suis un vrai petit clown. Avec mes humains, on vient des Etats-Unis, on est des expatriés, moi je suis un pug américain alors forcément j’aime faire le show!

Brioche, 8 mois

© Mairie de Paris / Sophie Robichon

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Paris
Port du Gros-Caillou

Judith

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Paris
Cité De La Mode et Design, Quai D’Austerlitz

Aujourd’hui, c’est Mardi-Gras, je suis déguisée en Princesse. Ou en Fée. En Fée-Moi-Pas-Chier, comme dirait ma collègue. Je suis régisseuse générale de la Cité de la mode et du design. Je cadre et coordonne une équipe d’une cinquantaine de personnes sur un espace de 15 000 mètres carrés, ouverts de dix heures à six heures du matin, en comptant les boîtes de nuit. D’habitude, ma tenue, c’est plutôt les Rangers et la veste fluo !

On me dit souvent que j’ai beaucoup de chance de travailler dans cet endroit, avec une pareille vue. Et c’est vrai. Mais je n’oublie que la Seine est un élément naturel. Elle est ambivalente. Apaisante, lorsque j’arrive le matin et que j’observe la brume qui se lève doucement. Stressante, certains soirs d’été, lorsque je dois gérer des afflux de 5000 personnes qui viennent pour faire la fête sur les terrasses.

Judith, 39 ans, Vincennes

© @ulrich_lebeuf / Myop pour la Mairie de Paris, textes : @salome_kiner

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Paris
Cité De La Mode et Design, Quai D’Austerlitz

Mamadou

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Paris
Quai de la Gare

Je suis originaire de Guinée-Conakry et je vis au foyer. Je viens m’asseoir ici tous les jours pour réfléchir. C’est un paysage qui m’inspire. Je pense à l’avenir. Mon père me maltraitait. J’ai connu la galère et je cherche une manière d’épargner ça à mes enfants. Je vais me battre pour gagner de l’argent. De l’argent propre, par le travail et par la force.

Mamadou, 25 ans, Paris 13e

© @ulrich_lebeuf / Myop pour la Mairie de Paris, textes : @salome_kiner

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Paris
Quai de la Gare

Maud et Sébastien

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Paris
La Barge Du Crous

- C’est mon fils ! On travaille tous les deux à la Bibliothèque nationale de France, alors on profite de la pause déjeuner pour se voir. Je bosse ici depuis 14 ans, et vous savez quoi ? Je me promène ici tous les jours depuis 14 ans. Dans les bureaux, c’est la clim, alors il faut sortir prendre l’air, quoi qu’en dise la météo. On marche, on s’assoit sur un banc pour manger, on observe les péniches qui font leur grand retour. Mes grands-parents vivaient eux-mêmes sur une péniche à Saint-Mammès. A l’époque, les quais n’étaient pas très aménagés. Pour la gamine que j’étais, c’était comme des bacs à sable géants ! Je suis née à Bastille, et je peux dire que cette rivière m’a toujours accompagnée. J’habitais à Rimini lorsque je suis tombée enceinte de mon fils. Je suis rentrée à Paris pour qu’il puisse naître au même endroit que moi.

- Ma mère est bibliothécaire, mais moi je suis magasinier. Je trie et range des revues scientifiques. Je travaille au magasin socle, c’est en sous-sol, on ne voit pas la lumière du jour. En ce moment, je lis un livre de Jan Van Drop qui parle de la mer. C’est relaxant, comme cette balade. Mais j’aime aussi les quais lorsqu’ils s’animent. Avec ma femme, on sort danser la salsa du côté de Sully-Morland.

Maud et Sébastien, 59 et 30 ans, Paris, Chennevières-sur-Marne.

© @ulrich_lebeuf / Myop pour la Mairie de Paris, textes : @salome_kiner

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Paris
La Barge Du Crous

Emilie et Swann

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Paris
Port du Gros-Caillou

Nous venons régulièrement sur les rives de Seine, le weekend pour des balades en famille et mon compagnon, pour courir. Là, nous étions chez le coiffeur pour Swann, nous rentrons à la maison.

Je suis née à Granville dans la Manche, la mer ça me connait et Swann aime regarder les bateaux. Là, il me tanne depuis deux jours pour en voir. Ici, j’aime qu’il y ait un rapport direct avec l’eau. Et je trouve ça génial les quais avec moins de voiture. On peut se promener au calme. Swann peut courir comme il veut, on a même pris la trottinette ! En plus, c’est bétonné donc plus sécurisé. Quand il y a de la circulation, je suis tout le temps obligé de le surveiller, de lui dire de faire attention à ne pas aller sur la route. Là, on profite !

Emilie et Swann, Granville (50)

© Mairie de Paris / Sophie Robichon

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Paris
Port du Gros-Caillou

Bao Kim

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Paris
La Barge Du Crous

J’attends des amis pour aller déjeuner sur la Barge du CROUS. C’est un restaurant universitaire. Les étudiants peuvent manger un repas complet pour 3,25 euros, avec vue sur le défilé des canards, les bateaux qui passent sous les ponts, le reflet des nuages sur l’eau. C’est un beau privilège qui nous est fait.

Je suis en troisième année de licence à l’INALCO. J’étudie le japonais et le commerce international. En japonais, rivière se dit 川. Ca se prononce {kawa}. Mais mon mot préféré, c’est {Ikebana}. Ca ne se traduit pas vraiment. C’est l’art de faire naître une œuvre d’art en mettant en scène des fleurs et des plantes.

Bao Kim, 23 ans, Paris 20e

© @ulrich_lebeuf / Myop pour la Mairie de Paris, textes : @salome_kiner

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Paris
La Barge Du Crous

Sibylle

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Paris
Port du Gros-Caillou

Je cours deux fois par semaine depuis le début de l’année, je m’entraine pour le semi-marathon. Quand on court sur les quais, on ne tourne pas en rond, le paysage change tout le temps. C’est un luxe de pouvoir courir au bord de l’eau. Sur les rives, il y a plein de joggers, des clubs, parfois je me faufile dans un groupe et je le suis, ça motive d’être à plusieurs.

Avant, j’habitais à Toulouse en plein centre-ville, nous avons déménagé aux Invalides avec mes parents et je suis des études de biologie. Ça me change, ça ne fait pas longtemps que j’habite et que je cours au bord de l’eau mais on s’y fait très vite! Sur les berges, il y a toujours du monde, plein de choses à découvrir, le Grand Palais, les péniches qui organisent des soirées, on les repère en courant et on se dit qu’on reviendra. J’aime beaucoup observer le patrimoine. Certains apprennent Paris sur un plan de métro, moi c’est en courant le long de la Seine.

Sibylle, 17 ans, Paris 7e

© Mairie de Paris / Sophie Robichon

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Paris
Port du Gros-Caillou

Corine

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Boulogne-Billancourt
Base Nautique Ile De Monsieur

Je vous présente Celtique. Elle est têtue, elle porte bien son nom. Elle a 9 ans, c’est un Parson Russell. Ces chiens sont d’excellents ratiers, alors ici, je la surveille de près. On croise beaucoup de ragondins, certains font presque le double de sa taille. Elle s’en fiche, elle y va quand même. En ce moment je ne travaille pas, alors on marche deux heures par jour. J’ai des ravitaillements dans mon sac. Et encore, cette race-là peut avaler jusqu’à 18 km/ jour. La vraie question, c’est : « Qui promène qui ? »

Je l’envie parce qu’elle peut se baigner lorsqu’il fait beau. J’adore l’eau moi aussi, à la moindre flaque je suis à deux doigts d’enfiler un maillot. Se baigner dans la Seine, je suis pour ! En attendant, j’ai de la chance, mes fenêtres donnent justement sur la Seine et sur le parc de l’île Saint Germain. Je ne vois jamais deux fois le même paysage. D’abord, la Seine monte et descend. Certains jours, lorsqu’elle brunit, on se croirait au Vietnam, sur le fleuve Mékong. Mais c’est sa robe bleu-vert que je lui préfère. Ca lui donne un côté surréaliste.

Corine, 49 ans, Boulogne

© @ulrich_lebeuf / Myop pour la Mairie de Paris, textes : @salome_kiner

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Boulogne-Billancourt
Base Nautique Ile De Monsieur

Rose

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Paris
Port du Gros-Caillou

J’étudie l’écriture créative et la littérature à Science Po pendant un semestre. Je compte par la suite revenir à Paris pour y travailler quelques années. C’est plus facile pour moi d’améliorer mon français en étant ici, de plus mes cours sont en français. J’adore Paris et la France, il y a des petits cafés avec des chocolats chauds, c’est génial. Le froid ici me permet de me sentir plus vivante, quand il fait trop chaud comme chez moi, à Melbourne, je me sens trop détendue et paresseuse.

J’adore la Seine, c’est le cœur de Paris. S’il n’y avait pas la Seine, je ne suis pas sûre que j’apprécierais autant Paris. J’aime l’eau, la mer, les rivières, la plage. C’est l’endroit où je préfère écrire, la nature est très inspirante pour moi. Je trouve que c’est plus facile de créer et d’écrire quand je suis dans un environnement calme, tranquille, silencieux, et c’est l’effet que me procure l’eau. Comme il y a moins de voiture, on peut écouter les bruits environnants, comme le clapotis de l’eau. Il est nécessaire d’avoir des espaces où l’on peut réfléchir et se poser, comme ici. Dans la société en général, cet espace est facilement inondé de beaucoup de choses qui nous parasitent.

Rose

© Mairie de Paris / Sophie Robichon

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Paris
Port du Gros-Caillou

Jean-Christophe

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Paris
Port des Invalides

Je suis en train de chanter l’air de Rodolphe de Bizet « quand la flamme de l’amour brule la nuit et le jour… », je suis baryton. Quelquefois, je chante à l’extérieur car ça sonne très bien. Je viens de temps en temps chanter ici et faire mes gammes sur les Rives de Seine. Je m’entraine et je chante aussi pour le public. J’apprécie cette richesse à Paris, pouvoir venir au bord de l’eau, on n’est pas emmerdé par les bagnoles, on regarde les bateaux, libéré de l’urbanisme. Ce que j’aime quand je viens chanter ici, c’est qu’après je peux discuter avec les gens. Ils ne sont pas habitués à ce répertoire et sont curieux. J’ai aussi monté un chœur de 50 personnes, "Voix Si-Voix La, l’Opéra sans frontière", pour que l’Art Lyrique soit à la portée de tous. Notre prochain concert est le Requiem de Mozart !

On est habitué à écouter de la musique enregistrée, une infime partie de la vibration de la voix humaine. Quand on est chanteur lyrique comme moi, on ne chante pas dans un micro, c’est une vibration. Il y a des choses qui échappent à la conscience, on voit ça sur les enfants d’ailleurs, ils lèvent les yeux ils sont fascinés. L’homme fait de la musique depuis la nuit des temps et la voix de l’homme s’est façonnée à l’extérieur. Tout le monde peut trouver sa tonalité !

Jean-Christophe

© Mairie de Paris / Sophie Robichon

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Paris
Port des Invalides

Kévin

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Paris
Jardin Tino-Rossi

Aujourd’hui, je passe un moment en bord de Seine pour jouer de la musique et chanter des mantras indiens avec des potes. J’habite en banlieue et je suis de passage à Paris : j’aime beaucoup cet endroit sur le quai St Bernard (5e) au bord du fleuve. Il y a des arbres, de la nature, des oiseaux… J’apprécie cette tranquillité en plein centre-ville. Je ne connais pas bien Paris et l’emplacement est très pratique. C’est très accessible par les transports en commun et super calme. Les passants s’arrêtent pour nous écouter, notamment les parents avec leurs enfants. C’est un lieu où circulent des énergies positives.

Kévin

© Mairie de Paris /JB Gurliat

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Paris
Jardin Tino-Rossi

Arnaud Seité

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Paris
Quai des Celestins - Face Île St Louis

Capitaine ? Je me définis plutôt comme un serial noceur, sourit Arnaud Seité. J’ai commencé ma vie professionnelle comme entraîneur de tennis de table, puis j’ai joué du jazz sur un bateau, avant d’habiter chez un ami sur la Seine. Avec trois associés, j’ai repris aux enchères en 2011 la péniche Le Marcounet. Nous sommes amarrés sur le quai des Célestins (4e). C’est un lieu exceptionnel en face de l’île Saint-Louis. L’emplacement est sublime : nous sommes entre les ponts Marie et Louis-Philippe qui sont illuminés pendant la nuit. Le Marcounet joue la carte de l’éclectisme avec des concerts de jazz et de musique du monde, et des bals swings le dimanche après-midi durant l’été. Semaine après semaine, les quais s’animent de plus en plus. Il y a toujours des promeneurs, même pendant l’hiver. Les Parisiens sont en train de se réapproprier le fleuve.

Arnaud Seité

© Mairie de Paris /JB Gurliat

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Paris
Quai des Celestins - Face Île St Louis

Hortense et Yanis

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Paris
Bassin de l’Arsenal

Hortense danse sur les quais depuis 18 ans, du coup nous avons continué en couple. La plupart du temps, nous allons dans l’amphithéâtre (13e), et en été à Paris Plage, où nous avons un parquet de danse à disposition. Le top, ce serait d’en avoir un toute l’année, couvert.

C’est vrai qu’au début, sur les quais, c’était plus confidentiel, sauvage… Mais quoi qu’il en soit, danser dehors, ce n’est pas comme s’exercer entre quatre murs. A l’intérieur, on est contraint dans ses gestes, et surtout dans sa technique. On se sent enfermé, cloisonné. C’est du tango argentin, il a besoin d’espace !

Quand vous êtes arrivés, on discutait justement d’un pas de danse. Hortense m’a dit : « je ne sais pas comment tourner », et en cherchant on a trouvé ! »

Hortense, 37ans, Paris 15e et Yanis

© Mairie de Paris /JB Gurliat

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Paris
Bassin de l’Arsenal