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Concurrence difficile dans la distribution alimentaire
Crédits photo : Flickr/Eole
Suite à sa saisine par la ville de Paris, l’Autorité de la Concurrence vient de rendre un avis sévère et argumenté sur la présence trop marquée de l'enseigne Casino à Paris (61,7 % en part de surfaces de vente). Face au manque de moyens à sa disposition, la ville souhaite une loi qui puisse obliger les sociétés, dans ce type de cas, à céder des actifs pour rétablir l'équilibre. Explications.
Dans la capitale, le consommateur qui fait ses courses croit rencontrer de la diversité avec de multiples enseignes : Casino, Monoprix, Franprix, Leader Price, Marché d’à côté, Spar … Mais toutes ces marques appartiennent cependant à un seul et même groupe, Casino.
Déjà épinglé par un rapport de l’Apur (octobre 2010) et d’un premier avis de l’Autorité de la Concurrence (décembre 2010), ce nouvel avis remis à la ville de Paris précise qu’au 1er janvier 2011, le groupe "Casino occupe à Paris intra-muros, un poids prépondérant, de 61,7 % en part de surfaces de vente et de 54 à 66% en part de chiffre d’affaires". Ce qui représente 375 points de vente dont 360 ayant une surface inférieure à 1 000 m² (en majorité des supérettes).
L'avis de l'Autorité de la Concurrence précise que cette hégémonie est un "obstacle à la concurrence" et qu'elle est pénalisante, au final, pour les consommateurs : "(les) niveaux de marge – pratiqués par ce groupe – rendraient possible une diminution des prix si la concurrence était plus intense"
>> Télécharger le rapport de l'Autorité de la Concurrence
Les enseignes de supermarché dans Paris (Apur, 2010)
Comme le montre cette carte, dans certains quartiers, la concurrence est quasiment absente : l’ouest des 1er et 2e arrondissements, les 5e, 6e 8e et 9e arrondissements, l’est du 12e, le nouveau quartier Seine Rive Gauche, autour du boulevard Arago dans le 13e, le quartier du Front de Seine dans le 15e, presque tout le nord du 16e, des parties des 17e, 18e et 19e arrondissements.
"Il n’y a guère que le 11e arrondissement qui soit entièrement couvert par les magasins de la grande distribution", soulignait le rapport de l’Apur publié en 2010, précisant que "sur 22% du territoire parisien, les magasins du groupe Casino semblent être les seuls points de vente de la grande distribution alimentaire que les résidents peuvent trouver à moins de 300 mètres de chez eux".
Une loi pour renforcer les pouvoirs de l'Autorité de la Concurrence ?
Comme l’Autorité de la Concurrence, la Ville de Paris regrette, face à ce constat sévère et argumenté, le manque de moyens des collectivités locales pour agir face à cette situation préjudiciable à la diversité commerciale, au libre choix et au pouvoir d’achat des Parisiens. La loi dite de modernisation de l’économie n’a en rien permis une amélioration de la situation concurrentielle.
Tout en se félicitant de la veille concurrentielle qu’elle continuera à exercer sur le territoire parisien, la Ville note que ni cette surveillance, ni aucune des recommandations formulées, ne pourront améliorer sensiblement la situation sans évolution législative.
Face à ce constat, la ville souhaite qu’une loi soit votée dès la prochaine législature pour renforcer les pouvoirs de l’Autorité de la Concurrence, et lui donner les moyens, à travers l’injonction structurelle, d’obliger l’acteur économique en situation de position dominante à céder une partie de ses actifs, et ainsi pouvoir réinsuffler un juste équilibre concurrentiel.
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Les actions de la ville pour la défense de la diversité commerciale Malgré cela, depuis 2001, la Ville de Paris s’attache à défendre la diversité commerciale, qui participe d’une certaine culture urbaine et d’une concurrence saine, permettant au consommateur parisien de choisir les commerces dans lesquels il souhaite s’approvisionner. Développer les marchés alimentaires parisiens, lutter pour maintenir le commerce et l’artisanat dans plusieurs rues parisiennes grâce au PLU, acquérir des locaux pour y installer des commerces de proximité via l’action de la SEMAEST, Société d’économie mixte de la ville, sont autant de moyens pour permettre au consommateur de diversifier ses sources d’approvisionnement, et de comparer les produits et les prix. |



