«« retour

Partager sur Facebook | Partager sur Twiter | Partager | Imprimer | A+ | A- | A=Le Ginkgo biloba

Mairie de Paris
[15/05/2009]

Partez à la rencontre d’un fossile vivant, au jardin botanique de la Ville de Paris : le Ginkgo biloba.

Le ginkgo biloba dans l'arboretum de l'Ecole Du Breuil/ Mairie de Paris : Guillaume Maroussie

 
Le mot ginkgo vient du japonais « ginkyo » issu du chinois « xing » ou « kuo », argent, et « yin », abricot, soit ‘abricot d’argent’ par allusion à la couleur des gros ovules que produisent les plants femelles. C’est à cause d’une mauvaise retranscription que Linné a écrit ginkgo.

Qu’a-t-il de si particulier ?


Le Ginkgo biloba appartient à la famille Ginkgoaceae, qui ne compte qu'un genre. Et le genre Ginkgo comprend une seule espèce, ce qui est extrêmement rare. L’Union Mondiale de Conservation de la Nature (IUCN) qui est l’organisme de protection des espèces, l’a classé parmi les espèces en danger (EN). Mais il n’est pas véritablement menacé. On a cru en effet à tort, jusqu’à la fin du 20e siècle, qu’il n’existait plus à l’état sauvage, mais il en reste effectivement plusieurs sujets.

Il fait partie des arbres dits préhistoriques ou fossiles vivants. On les qualifie ainsi car ils sont apparus sur terre bien avant l’Homme, il y a 300 millions d’années.

Il résiste à toutes les agressions extérieures : maladies, parasites, insectes, pollutions, intempéries.

Au mois d’octobre, son feuillage arbore une magnifique teinte jaune d’or. Attention, le spectacle ne dure que 2 à 3 semaines !
 

D’où vient-il ?

Important au Jurassique, il aurait poussé sous nos latitudes avant les glaciations, où il a disparu, comme de nombreuses autres espèces végétales. Des fossiles retrouvés en attesteraient.
Plus spécifiquement originaire de Chine, le ginkgo y est vénéré depuis les temps les plus anciens par les moines bouddhistes qui, séduits par sa beauté et sa longévité, en ont fait un ornement privilégié de leurs temples.  C’est un arbre tout aussi sacré pour le Japon où il fut découvert en 1690.
Il a été introduit en Europe, en Hollande plus précisément, en 1727. Il aurait alors été acheté pour le prix de 40 écus, d’où son nom vernaculaire (usage courant) d’arbre aux 40 écus. Le plus ancien spécimen encore debout aujourd’hui serait celui de Kew Garden, près de Londres, planté en 1762. Un record bien modeste en comparaison de l’âge de ses cousins asiatiques. Certains atteindraient 2000 ans !
Le premier pied apporté en France le fut par Auguste Broussonet (1761-1807) en 1780 et fut planté au Jardin botanique de Montpellier où il fleurit pour la première fois en Europe, en 1812.

 La feuille du ginkgo en forme d'éventail/ Mairie de Paris : Guillaume Maroussie

Ou peut-on le voir à  Paris ?

» Consultez la liste au format PDF (35,8 Ko) 

Comment le reconnaître ?


Le Ginkgo biloba est facilement reconnaissable à ses feuilles en forme d’éventail. Elles ont un contour irrégulier et sont divisés en deux lobes, d’où le nom d’espèce « biloba ».
Il peut atteindre jusqu’à 40 mètres en Asie, mais en Europe, il ne dépasse bien souvent pas les 25 mètres.
La couleur de son écorce varie du brun au gris.

Mâle ou femelle ?


L’espèce est « dioïque », c’est-à-dire que l’arbre mâle porte des fleurs mâles (avec pollen) et l’arbre femelle porte les fleurs femelles (avec pistils). Autrefois, on plantait donc avec soin un arbre mâle à côté d'un arbre femelle pour permettre la fécondation.

Les fruits du Ginkgo biloba/ Mairie de Paris : Roseline Manière de KergosNOTA BENE : D'habitude, dans le monde des plantes, les arbres sont hermaphrodites. Ils portent des fleurs qui ont à la fois du pollen et des pistils. Les fleurs peuvent alors se féconder entre elles dans un même arbre (une fleur ne peut pas s'auto féconder). 


Les arbres femelles ont la particularité de produire des fruits qui sont en réalité des ovules nus, de la taille d’une prune. Son odeur est très nauséabonde lorsqu’il tombe au sol et qu’il commence à fermenter...Une odeur proche du beurre rance…C’est pour éviter cet inconvénient que les pieds mâles sont largement commercialisés.
La chute des feuilles des pieds mâles précède de 15 jours celle des pieds femelles, ce qui est un autre moyen de les différencier.
 

Cuit ou cru ?


La chair du fruit est toxique, car elle contient de l’acide butonique (d’où l’odeur), mais les graines sont comestibles.
En Chine, les graines qui se cachent au milieu du fruit charnu sont consommées depuis des millénaires pour leur vertu. Elles ont un effet anti-fongique et anti-bactérien.
Les Japonais les consomment grillées et les grignotent dans les bars pour accompagner leurs boissons.
Les graines fraîches, en conserve ou déshydratées finissent dans la soupe. Elles sont aussi transformées en huile alimentaire.

Un tapis de feuilles en automne/ Mairie de Paris : Roseline Manière de KergosUn remède miracle

 
Chaque année, dans le monde, entre 1,5 et 2 millions de kilos de feuilles de ginkgo sont récoltés à des fins thérapeutiques.
Séchées, elles sont en effet très prisées pour la pharmacopée, surtout en Chine, au Japon, en Corée et en France. Un tiers de la production est utilisée par l’Allemagne (source : Journal du WWF, 2000).
Elles contiennent des flavonoïdes très puissants qui ont une action antioxydante par capture des radicaux libres au niveau rétinien et cérébral. Ils ralentissent ainsi le vieillissement de la rétine et diminuent les troubles liés au vieillissement cérébral.
Le ginkgo biloba remédierait aux pertes de mémoires, aux troubles de la concentration, aux  troubles vasculaires périphériques, aux bourdonnements d'oreille ou aux vertiges, et à l’anxiété.
En Chine, on l’utilise depuis 4000 ans pour prévenir les maladies cardio-vasculaires, mais aussi pour traiter l’asthme et la bronchite. Rien n’est prouvé, mais ça marche !
On en trouve aussi très souvent sous forme de gélules ou associé à d’autres composants.
Etant donné ses effets sur la circulation sanguine, il est recommandé de ne pas en consommer avant une opération, ou associé à de l’aspirine…

Cultivons notre jardinLe Ginkgo biloba du jardin des serres d’Auteuil/ Mairie de Paris : Roseline Manière de Kergos


Des ginkgos biloba de petite taille peuvent être achetés dans les jardineries pour être transplantés en pleine terre.
Sa croissance est lente. Il s’épanouit dans tous les sols, même calcaires, mais profonds. Il demande peu d’attention et préfère qu’on oublie de l’arroser plutôt que le contraire.
Si vous souhaitez l'élever vous-même jusqu’à l’âge adulte, en semis, les graines germent facilement. L’idéal est de trouver des fruits au pied d’un arbre femelle, proche d’un arbre mâle. Vous avez plus de chances que les graines soient déjà fécondées. Fin décembre est la meilleure période.

Et pourquoi pas un bonsaï ?


Vous rêvez d’avoir un ginkgo mais vous manquez de place ? Pensez à faire un bonsaï.
Faites un semis provisoire dans un vase en mettant alternativement une couche de graines et une couche de terre. Vous le laisserez à l’intérieur de votre habitation.
En mars, plantez les graines dans un pot. La terre japonaise ‘Akadama’ est la mieux adaptée à la culture des plantes en pot. Au bout de trois semaines maximum, vous devez voir apparaître les jeunes pousses.
Changez de pot au bout d’un an. Profitez-en pour sélectionner et tailler très légèrement les racines, pour qu’elles soient bien dessinées autour du tronc.
Placez-le alors à l’extérieur, au soleil en hiver et à l’ombre en été.
Si tout va bien, il poussera environ de 15 centimètres maximum chaque année. C’est rapide, mais avec un peu d’engrais organique, c’est possible. Il ne dépassera pas les 50 cm.
Pensez à mettre le l’engrais (bio), surtout entre mars et juillet.
Rempotez-le tous les 2 à 3 ans, début mars.
Tout comme sont frère géant, son feuillage prendra une belle teinte en automne et ses feuilles tomberont. Ses fruits auront la taille d’une cerise.

La carte de Paris - nouvelle fenêtre

La carte de Paris