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Partager sur Facebook | Partager sur Twiter | Partager | Imprimer | A+ | A- | A=L'Orme de St-Gervais: biographie d'un arbre

Crédits photo : Mairie de Paris - Anne Thomès
[12/04/2011]

L'orme déploie à nouveau son feuillage printanier sur le parvis de l'église St-Gervais-St-Protais (4e).  Biographie d'un arbre parisien qui traverse le temps depuis le Moyen-Age.

L'arbre de la justice

Egratigné par la foudre, adulé par les connaisseurs, des visiteurs s'arrêtent souvent pour le saluer et toucher son tronc. Cerclé d'une chaîne protectrice, au pied de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais, l'orme mesure 12 mètres de haut pour 1,50m de circonférence. Son tronc est marqué d'une longue cicatrice due à la foudre mais qu'importe. L'arbre de la place Saint-Gervais (4e) a survécu. Il est le successeur d'une lignée d'orme qui ont occupé depuis le Moyen Âge le centre de la place. Si bien qu'on surnomme parfois cet endroit le carrefour de l'Orme.

Au Moyen-Age, les habitants du quartier avaient coutume de s’y assembler, en particulier pour le règlement de leurs créances. Il était courant de procéder à des assemblées et jugements en plein air.

Des représentations peintes ou sculptées subsistent encore dans quatre des stalles de l’église ou sur les balcons du bâtiment voisin, édifié sous Louis XV, du 2 au 14 rue François Miron.


Abattu sous la révolution, l’orme d’origine représentait à lui seul plusieurs symboles : sacralisé au début du christianisme pour la couleur rouge de sa sève, comme le sang des martyrs, il était aussi le lieu où l’on rendait justice après la messe, sous ses ramures. On s’y rassemblait également pour boire et danser les jours de fêtes, et l’on topait pour affaire, assis sur la margelle. On raconte aussi que les femmes du quartier prélevaient, secrètement la nuit, des morceaux d’écorces, utiles contre la fièvre. Il a été abattu sous la Révolution pour servir à la construction d'affûts de canons.


L’Orme actuel a été planté au début du XX° siècle et perpétue la tradition ainsi que les mutliples représentations qui se trouvent dans le quartier. Certaines histoires racontent qu’il fut autrefois le lieu de rencontre privilégié des Francs-Maçons, et aujourd’hui des magnétiseurs de la capitale… .

Plusieurs fois remplacé mais toujours là

Robert Bourdu, “Il y a tout lieu de penser que l’orme fut remplacé plusieurs fois. En effet, une estampe du XVIIè siècle représente sur le parvis de l’église un orme jeune entouré d’une margelle : il n’a guère plus de 7 à 8 mètres de haut et ressemble fort à celui d'aujourd’hui. Sur un manuscrit du XVIIIè siècle, il n’est pas beaucoup plus grand mais toujours entouré d’un muret de pierre, muret qu’on retrouve sur toutes les représentations anciennes, sur de vieilles enseignes conservées au musée Carnavalet, sur une plaque de cheminée rue François-Miron, comme en-tête de facture d’artisans et de commerçants : “A l’Orme de Saint-Gervais”. Cet orme a marqué profondément la vie du quartier et de la paroisse. Il figure sur les balustrades en fer forgé du premier étage des maisons de la rue François-Miron et de la rue des Barres, sur les miséricordes des stalles de l’église, il orne la bannière paroissiale, le sceau et les jetons des marguilliers… (...)

A la révolution, il est violemment menacé comme symbole de l’Ancien Régime. Premier Ventôse, an II : “La société populaire de la section de la Maison commune demande que l’on fasse abattre l’arbre planté par le fanatisme, appelé l’Orme de Saint-Gervais.” Cependant, nul n’est capable de préciser quand il fut effectivement abattu : pendant la Révolution ? en 1806 ? en 1811 ? ou plus récemment encore ? Quoi qu’il en soit, en 1847, le curé de la paroisse demande que les doubles rangées de platanes qui se meurent autour de la place soient remplacés par un orme.”  (Source: Robert Bourdu et Michel Viard, Arbres Souverains, Ed. Dumay, 1998)

Où voir l'Orme ?


Adresse
Place Saint-Gervais (4e)
Métro : Hôtel-de-Ville (lignes 1/11)
Bus : 67 arrêt Pont-Louis-Philippe - 69/76/96 arrêt Saint-Gervais

Un autre arbre de la justice : Le chêne de Saint-Louis
Louis IX de France, plus connu sous le nom de Saint Louis rendait la justice sous un chêne. Le chroniqueur Jean de Joinville, son principal biographe et l'un des principaux témoins lors de son procès de canonisation, rapporte dans sa Vie de Saint Louis que Louis IX rendait la justice sous son chêne à Vincennes : « Il advint maintes fois qu’en été, il allait s’asseoir au bois de Vincennes après sa messe, s’adossait à un chêne et nous faisait asseoir autour de lui. Et tous ceux qui avaient un problème venaient lui parler sans en être empêchés par un huissier ou quelqu’un d’autre. »

Les arbres et les hommes

Des liens étroits ont été tissés de tout temps entre les arbres et les hommes. Devoir couper un arbre séculaire est toujours un déchirement. L'arbre a souvent été représenté comme symbole de vie, de pérennité et de sagesse.
L'arbre de vie
Les arbres de vie peuvent être gravés, peints, brodés, imprimés ou sculptés. Ils symbolisent la force, les origines et le développement de la vie, l'importance des racines. L'arbre est présent dans les traditions islamiques, juives et chrétiennes où il est symbole d'immortalité. L'arbre unit la terre au ciel, il est un symbole de splendeur et de puissance.
Arbre a palabres
En Afrique, l’arbre à palabres est un lieu traditionnel de rassemblement, à l'ombre duquel on s'exprime sur la vie en société, les problèmes du village, la politique. C'est aussi un lieu où les enfants viennent écouter conter des histoires par un ancien du village (source wikipédia).

Les arbres remarquables à Paris
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