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Partager sur Facebook | Partager sur Twiter | Partager | Imprimer | A+ | A- | A=La mise en oeuvre du plan crack

[25/07/2013]

Le plan crack a été inscrit dans le plan gouvernemental 2004-2008 de lutte contre les drogues illicites, le tabac et l’alcool.

Un réseau de prévention du Nord-Est parisien, auquel a participé la mission de prévention des toxicomanies de la Ville de Paris, a engagé un travail dans le cadre du « groupe prévention » du plan crack interdépartemental Paris-Seine-Saint-Denis.

Le crack en France
En France, la diffusion du crack, produit dérivé de la cocaïne, est essentiellement circonscrite à la  région parisienne, aux Antilles et à la Guyane. En métropole, c’est tout particulièrement dans le Nord-Est parisien que se concentre la grande majorité des consommateurs de crack associé à d’autres produits. Les plus marginalisés d’entre eux vivent dehors ou dans des squats, leur état de santé est fortement dégradé et les nuisances associées à la vie dans la rue tendent les relations de voisinage.
Le crack à Paris
Dans le Nord-Est parisien la population dans son ensemble est confrontée au phénomène du crack et des polytoxicomanies. Les riverains s'inquiètent de ce qu’ils constatent autour d’eux : consommation, trafic, violence, état sanitaire déplorable et misère des usagers de drogues.
Certains jeunes - sur fond de déscolarisation - sont déjà consommateurs, d’autres s’engagent dans le trafic, ou les deux. L’utilisation et la visibilité du crack sont vécues par la population de ces quartiers soit comme une conduite à risque possible pour leurs enfants, soit comme des nuisances affectant leur vie quotidienne.
Plan crack : les grands axes de travail
Le plan crack a été organisé autour de cinq thématiques clés :
- la prise en charge sociosanitaire,
- l’hébergement,
- l’articulation entre la police, la justice et la santé,
- le suivi local
- et la prévention.
Les professionnels éprouvent le besoin de compléter leurs connaissances sur le produit crack et les problématiques connexes, de développer un langage commun afin de mieux articuler leurs interventions et ajuster leurs stratégies de prévention. Afin de prendre en compte la complexité du problème et d’identifier les facteurs pouvant conduire à des conduites addictives ou délictueuses, une approche transprofessionnelle et pluri-institutionnelle s’avérait indispensable.
Zoom sur le « groupe prévention » dans le plan crack
Parmi les cinq groupes de travail, le « groupe prévention » est co-piloté par la Mission de Prévention des toxicomanies de la DASES, Ville de Paris et par la Mission de prévention des conduite à risques du Conseil général de Seine-Saint-Denis dans la mesure où le périmètre concerné recouvre les 10e, 18e, et 19e arrondissements de Paris ainsi que des communes limitrophes de la Seine-Saint-Denis : Montreuil, Aubervilliers, Bagnolet, Saint-Denis et Saint-Ouen.

Objectifs
» Comprendre le sens des conduites à risques et des addictions dans les contextes de précarité et de multiculturalité propres au Nord-Est parisien. Les analyser collectivement.
» Penser le contact et le lien avec les jeunes et les familles, et la dimension préventive. Qualifier les intervenants de première ligne.
» Mettre en synergie les acteurs de terrain en s’appuyant sur leurs expériences et leur pratiques de manière à mieux articuler les réponses en terme de prévention.

Méthodologie
C’est pour identifier des actions prioritaires que le « groupe prévention » a choisi de travailler en ateliers à partir de « récits de vie ». La méthode et les objectifs ainsi que la synthèse des travaux et des pistes de travail pour la prévention des conduites à risques dans leur ensemble sont présentés dans le document de restitution des ateliers du groupe de prévention (ci-dessous).
Le groupe prévention a opté pour une méthodologie de travail sous forme d’ateliers s’appuyant sur des « récits de vie ». Quatre demi-journées renvoyant chacune à deux groupes de travail d’une vingtaine de personnes ont été ainsi consacrées aux thèmes suivants :
- la bande de jeunes ;
- la débrouille des familles ;
- les processus de précarisation ;
- les parcours de reconstruction des liens.
Les ateliers conduits au cours de l’année 2006 ont réuni 70 professionnels intervenant sur Paris et la Seine-Saint-Denis.

Les bénéfices de la réflexion collective
Agir selon des axes prioritaires
A l’issue de la séance de restitution finale, les participants se sont accordés sur la nécessité de poursuivre la réflexion collective de manière à donner un prolongement concret aux propositions émises dans les ateliers. Le besoin de continuer à échanger, prendre du recul par rapport aux pratiques, aux savoir-faire et aux vécus professionnels a été fortement souligné.
Le travail en atelier a fourni une méthode, un cadre de travail et de réflexion et permis de mieux cerner les difficultés et les points sur lesquels faire porter en priorité l’intervention préventive.
Deux axes prioritaires ont été mis en avant :
- l’échec scolaire ;
- les problèmes liés à l’entrée des jeunes dans l’économie souterraine et le deal.
D’autres problématiques, apparues de manière récurrente au cours de la séance de restitution, pourraient faire l’objet de groupes de travail, avec un suivi concret :
- la situation des jeunes entre et 25 ans ;
- la dimension ethnique et culturelle des conduites à risques ;
- les tensions de genre, et tout particulièrement la situations des jeunes fi lles en situation précaire ;
- le soutien à la parentalité. 

Développer les échanges des savoirs et des expériences
La mise en perspective des situations rencontrées par les intervenants, dans leur diversité, a permis à chaque participant aux ateliers de mieux appréhender les domaines mais aussi les modalités d’intervention des autres professionnels et d’esquisser les lignes de force d’une articulation du travail en réseau.
La nécessité de développer des espaces transprofessionnels permettant, à partir d’expériences concrètes, de capitaliser sur les pratiques de prévention qui réduisent les conduites à risques a été soulignée.
Un groupe de travail permanent, selon des modalités et un rythme à définir, pourrait avoir pour vocation de rendre compte et mutualiser, en les formalisant et éventuellement en les mettant en récit de manière à les faire partager à d’autres, les interventions et expérimentations qui sont
nombreuses dans les quartiers mais restent souvent méconnues des autres acteurs de terrain. Ce groupe pourrait aussi tirer des leçons des réussites comme des échecs, en s’appuyant sur la méthode expérimentée dans les ateliers : coconstruction collective dans la production des savoirs, approche comparative et principe de l’association libre.
La formalisation par l’écrit, la mise en récit des expériences vécues permettent de dégager un cadre de réfl exion en même temps qu’elles constituent une mémoire des interventions. L’accent a été mis sur la nécessité d’approfondir, pour chacun des participants, le sens des conduites à risques des différents publics qu’il côtoie, « se mettre en situation d’enquête », en s’appuyant sur la démarche utilisée dans le cadre des ateliers, de mise en récit.

Evaluer et recenser les besoins des professionnels
Le travail en atelier a montré que les professionnels ne disposaient pas toujours de toute l’information nécessaire sur la nature et le fonctionnement des dispositifs sur lesquels ils peuvent s’appuyer et surtout, les ressources qui leur correspondent. Il a été proposé d’en dresser une liste exhaustive, en regard des difficultés et des besoins recensés, mais aussi d’identifier les manques là où les politiques publiques sont absentes. De même, des récits d’interventions et d’expériences professionnelles parmi les plus significatives pourraient utilement illustrer les problématiques soulevées par le groupe.

Créer un système de veille partagé pour anticiper l'extension du crack
Constat à l’issue des ateliers : « La visibilité du phénomène crack est plus importante dans les 18e et 19e arrondissements de Paris, toutefois son accessibilité permet de penser que sa diffusion dépasse largement ces territoires. Un des enjeux actuels est de comprendre la prévention de cette conduite à risque afin de devancer un peu les choses même si les professionnels de ces territoires n’identifient pas encore la question du crack comme étant un axe majeur.»
Dans un contexte d’augmentation de l’usage et du deal de crack sur certains quartiers, la nécessité d’anticiper, de dégager des directives et des lignes de travail pour en éviter l’extension sur d’autres territoires a été soulignée par plusieurs intervenants.
Un système de veille partagé, au niveau des associations et des intervenants de terrain, sur le modèle de celui mis en place par l’OFDT auprès de certaines équipes de première ligne, pourrait permettre de faire remonter plus rapidement l’information sur les produits et les usages, de mutualiser les connaissances et les informations de manière à être plus réactif, d’avoir une plus grande visibilité sur les phénomènes émergents et de mieux les comprendre aujourd’hui pour prendre des dispositions pour demain.

Partenaires
Ce groupe a été initié en septembre 2005 par le président de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et les toxicomanies (MILDT), le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, l’adjoint au maire de Paris en charge de la santé et des relations avec l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris en associant le Conseil général de la Seine-Saint-Denis et les communes de Saint-Denis, Saint-Ouen, Aubervilliers, Montreuil et Bagnolet. 

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