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Mairie de Paris
[25/07/2013]

Face à la montée en puissance des pratiques d’alcoolisation excessive chez des publics jeunes, dont celle du binge drinking, la Ville de Paris a engagé une démarche de prévention spécifique : La cuite, c’est pas automatique.


Des chiffres alarmants
La dernière enquête ESCAPAD (Enquête sur la santé et les consommations lors de l’appel de préparation à la défense) menée par l’Observatoire français des drogues et toxicomanies fait en effet état d’une augmentation du nombre d’ivresses répétées (au moins 3 dans l’année) chez les jeunes: 27,8% des jeunes en 2011 contre 25,6% en 2008. Les modes de consommation des jeunes ont eux-mêmes évolués : l’expérimentation de l’ivresse excessive (binge drinking) concerne aujourd’hui 53,2% des jeunes (ils étaient 45,8% en 2005) et près d’un quart des jeunes déclarent s’y adonner 3 fois ou plus sur un mois. 

Sources : ESCAPAD 2011, Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT).

Les objectifs de la Ville de Paris
En s’appuyant sur six structures déjà engagées dans la prévention des conduites à risques et, en particulier, des consommations abusives d’alcool chez les jeunes, la Ville de Paris développe un projet qui, dans une première phase, vise deux objectifs :
- travailler avec des groupes de jeunes pour mieux comprendre ce que signifie la pratique du binge drinking ;
- mener un travail de sensibilisation auprès de ces jeunes et de leurs pairs à travers la valorisation de leur expression et de leur créativité autour de la thématique alcool.

La compréhension des pratiques d'alcoolisation des jeunes

Le premier objectif peut surprendre par sa « modestie » mais il est parti du constat que l’on ne saisit pas encore pleinement ce qui motive des jeunes à consommer un maximum d’alcool dans un minimum de temps pour atteindre rapidement un état d’ivresse. Certes, des hypothèses sont énoncées : cette défonce ne serait-elle pas la réponse de jeunes « à une injonction de notre société » : « toujours plus vite, toujours plus intense, toujours plus nouveau » ?, interrogent J.P. Couteron, Président de l’ANIT et P. Fouilland, Président de la F3A.
Soumis à des pressions de plus en plus grandes sur le plan scolaire et sur celui de l’avenir professionnel, les jeunes ne tenteraient-ils pas simplement de « décompresser », de s’échapper… jusqu’à l’oubli ? Sans compter que le contexte de « pression à la consommation » favoriserait largement de tels comportements …
Il semblait que rencontrer les intéressés dans un climat de confiance, les laisser émettre leurs propres hypothèses … ou, pour certains, leurs propres raisons de s’alcooliser de façon massive était un préliminaire indispensable à une possible élaboration de messages de prévention ultérieurs.
Instaurés par chacune des six structures avec des groupes différents, les rencontres et les échanges permettent de travailler sur les représentations des jeunes et un travail de sensibilisation s’enclenche déjà.

La valorisation et l'implication des jeunes

Le deuxième objectif vise à ancrer le processus de prévention : les jeunes sont invités à travers des réalisations personnelles et/ou collectives (pièce de théâtre, slam, clip, expo photos…) et dans le plaisir de la création, à formaliser leurs idées, voire à transmettre un message à leurs pairs.
Sans aucun doute, cette approche ne peut valoir en terme de prévention que si elle s’inscrit dans le quotidien des jeunes ou, plus modestement, dans leurs lieux de fréquentation et de sociabilité ; si elle tient compte de ce que ces jeunes vivent par ailleurs, du contexte social, culturel, économique qui est le leur.

D’où le choix des structures de prévention, partenaires de la démarche "La cuite, c’est pas automatique", de mettre en place dans cette première phase des projets locaux, inscrits dans un territoire, à une échelle modeste (de 10 à 15 jeunes pour chacun des projets).

L'une des difficultés est bien de mobiliser au départ des groupes de jeunes, la thématique de l’alcool étant plutôt jugée rébarbative …ou appréhendée sur un mode défensif ("les problèmes avec l’alcool, c’est pour les autres, moi, je ne suis pas concerné, je gère...").
Il s’agit donc pour les structures de prévention qui montent ces projets locaux de s’appuyer sur leurs partenaires de terrain :
- clubs de prévention, 
- centres d’animation,
- antennes jeunes,
- centres sociaux,
- espaces publics numériques,
- associations de quartiers,
- CHRS "Le Lieu-dit", situé à Paris 11e, qui reçoit exclusivement un public jeune…
Par leur intermédiaire, il est possible de rencontrer les jeunes qui fréquentent ces lieux, de tisser avec eux un lien de confiance, de partir de leurs attentes pour revenir ensuite vers cette thématique. Mais, même dans ce cadre, l’engagement des jeunes n’est pas systématiquement acquis. Par contre, quand ils se mobilisent en effet et réalisent au final une création qui leur soit propre, l’enthousiasme est au rendez-vous.

La compagnie théâtrale Entrées de jeu: l'exemple de théâtre comme outil de prévention.
La compagnie Entrées de jeu collabore à une des plus grandes actions de prévention au niveau européen: théâtres forum et débats intéractifs permettent de sensibiliser les jeunes ou leurs parents sur les phénomènes d'alcoolisation aigüe.
> Retrouvez toutes les informations sur le site entrées de jeu  et sur le blog  de la Compagnie.

Les structures partenaires

ACERMA
ANPAA 75
AREMEDIA
Espace Emergence Tolbiac
Fort de café
Le Kiosque Infos Sida et Toxicomanie.
Entrées de jeu

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