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Bac Philo 2012 : Que gagne-t-on en travaillant ?

crédits : Thomas Thomas/Flickr
[18/06/2012]

L'emblématique épreuve de philosophie a donné lundi le coup d'envoi du baccalauréat, qui concerne plus de 700.000 candidats toutes séries confondues. A 8H00, les élèves des trois séries du baccalauréat général, S (scientifique) ES (économique et social) et L (littéraire) ont ouvert le bal avec l'épreuve emblématique de philosophie qui va durer quatre heures. 

Les sujets 2012

Filière L

Les littéraires ont le choix entre  "Que gagne-t-on en travaillant ?" et "Toute croyance est-elle contraire à la raison ?".

Filière ES

Les "économistes" doivent réfléchir sur : "Travailler est-ce seulement être utile ?" ou "Existe-t-il des désirs naturels ?".

Filière S

Enfin, les scientifiques planchent sur  "Serions-nous plus libres sans l'Etat ?" et "Avons-nous le devoir de chercher la vérité ?"

Fin de l’épreuve de philosophie à midi pour les filières générales.
Cet après-midi ce sera au tour des candidats du bac technologique à partir de 14h.

 

Une épreuve redoutée ou minimisée

Certains ont révisé jusqu'à la dernière minute, comme Thomas, 18 ans, élève du lycée parisien Guillaume-Apollinaire (15e) arrivé devant son centre d'examen, le prestigieux Lycée Henri IV (5e) annales de philo à la main. "Je révise toujours au dernier moment, mais ça va, je ne suis pas stressé", assure-t-il. 
Des dizaines d'élèves rassemblés devant l'établissement avant l'ouverture des portes à 7H30, discutent bruyamment ou fument pour évacuer la tension, avant de devoir choisir entre une dissertation ou un commentaire de texte.
Theo T., 18 ans, casque autour du cou, grille une dernière cigarette. "La philosophie, ce n'était pas ma priorité. J'ai juste relu quelques cours et je vais compter sur le talent que j'espère avoir", explique-t-il. 
 D'autant qu'en terminale S, la philosophie n'a qu'un coefficient 3, souligne-t-il.
 L'épreuve inaugurale pèse davantage pour Alice W., 17 ans, en série littéraire, avec un coefficient 7. "Je ne compte pas spécialement sur la philo pour avoir mon bac, mais plutôt sur l'histoire-géo et les langues", précise-t-elle pourtant. 
 "Ca va, je me dis que la note de philo sera rattrapée par le reste", renchérit Eva P., 17 ans, scolarisée en ES à Henri IV où elle passe l'examen. "J'ai juste hâte de savoir quel sera le sujet. Je préférerais que ce soit le langage". (Source AFP).

Un sésame qui date du 13ème siècle

Les premiers baccalauréats datent en France du 13e siècle avec l'apparition de l'Université de Paris.
Après la Révolution française qui supprime les universités, le baccalauréat a été réorganisé par Napoléon Ier en 1808 par le décret du 17 mars 1808.
Mais en 1808 il n'y eut que 21 bacheliers. En 1830, est introduite la première épreuve écrite et, en 1840, des mentions très bien, bien et assez bien.

À partir de 1852, les baccalauréats ès lettres et ès sciences deviennent symétriques, alors qu'auparavant le baccalauréat ès lettres précédait le baccalauréat ès sciences, divisé en baccalauréat ès sciences physiques et ès sciences mathématiques. Il y avait au 19e siècle suffisamment peu de candidats pour que les professeurs de l'université fassent eux-mêmes passer les épreuves, comme on le voit dans « Le Bachelier » de Jules Vallès. Ainsi, en 1885, il y avait pour l'Académie de Paris 878 bacheliers reçus au premier baccalauréat, et 776 au second baccalauréat. En 1902, des enseignants du secondaire partagent les places au jury avec les universitaires pour la première fois.

Le baccalauréat a connu plusieurs paliers dans sa diffusion parmi la population. Il était initialement destiné aux garçons de la bourgeoisie. La première femme à passer le baccalauréat est Julie-Victoire Daubié en 1861. Mais c’est à partir de 1924, lorsque les programmes secondaires pour garçons et filles deviennent identiques, que le baccalauréat s’ouvre largement aux filles.

Le second palier dans la hausse du nombre de bacheliers intervient à partir des années 1930, quand le lycée public devient gratuit (il était payant auparavant, sauf pour quelques rares boursiers comme Marcel Pagnol ou Georges Pompidou, par exemple). Cependant l’explosion du nombre de bacheliers intervient réellement à partir des années 1960-1970, quand le primaire supérieur (la partie du système scolaire réservée aux familles modestes) est supprimé (en 1963) au profit du collège unique (en 1975).

L'épreuve anticipée de français en classe de première est instituée en 1969, les filières A, B, C, D et E (remplacées en 1995 par les filières S, L et ES), ainsi que technologiques sont mises en place en 1968. Le bac professionnel est établi en 1985.

En 2008, environ 64 % d'une génération est titulaire du baccalauréat.
En 2007, 54 % des bacs obtenus sont des bacs généraux, 26 % des bacs technologiques et 20 % des bacs professionnels.

Le baccalauréat est ainsi passé en un peu plus d’un siècle et demi d’un diplôme élitiste et bourgeois, sélectionnant les futurs cadres de la nation, à un diplôme de base, indispensable à toute formation et à toute carrière professionnelle, remplacé dans son rôle précédent par exemple par les concours d'entrée aux grandes écoles.

 


                   
  

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