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Mais qui est ma tante?

crédits : Marie-Amélie Cogniet Musée Condé chantilly
[09/10/2012]

On a enfin identifié cette fameuse tante qui a donné son nom au Mont-de-Piété : il s’agit de Madame Adélaïde d’Orléans, la fille de Philippe-Egalité et la soeur du roi Louis-Philippe.

Pourquoi dit-on "chez ma tante" pour désigner le crédit municipal

Autour de 1840, le Prince de Joinville, officier de marine, avait régulièrement besoin d’argent parce qu’il menait un train de vie élevé et qu’il jouait beaucoup. Il avait ainsi recours aux services du Mont-de-Piété. Un jour, s’apercevant qu’il ne portait plus la montre à gousset qu’elle lui avait offert, la Reine lui demanda ce qu’il en avait fait. Pris de court, le Prince de Joinville répondit qu’il l’avait oublié chez sa tante !

La Reine Marie-Amélie donna immédiatement l’ordre d’aller chercher la montre de son fils chez sa belle soeur. On ne l’y trouva évidemment pas et le Prince de Joinville, non sans embarras, se vit contraint d’avouer la vérité. La cour fit gorges chaudes de cette anecdote et le mot restat.

Portrait d'Adélaïde d'Orléans, la fameuse tante qui a donné son nom au Mont-de-Piété

Adélaïde d'Orléans naquit au Palais-Royal à Paris le 23 août 1777, l’année même de la création du Mont-de-Piété ! Le hasard fait parfois bien les choses…
Comme pour ses frères Antoine et Louis-Philippe, futur roi et père du Prince de Joinville, son parrain était le roi Louis XVI et sa marraine la reine Marie-Antoinette. Ils furent élevés par Madame de Genlis qui se fit connaître par ses principes sur l’éducation des jeunes gens (inspirés de Jean-Jacques Rousseau) et par de nombreux ouvrages littéraires proches des idées nouvelles.

Tout comme le père d’Adélaïde, le duc d’Orléans, Mme de Genlis était en effet favorable aux idées révolutionnaires et c’est avec enthousiasme qu’elle conduisit Adélaïde à assister à la prise de la Bastille le 14 juillet 1789 !

Les excès de la Révolution encouragèrent cependant Adélaïde, accompagnée de Madame de Genlis, à quitter la France où elle ne reviendrait que vingt-deux années plus tard. A son retour en 1815, célibataire, elle vécut aux côtés de son frère Louis-Philippe. Elle fut pour lui un soutien infaillible, contribuant efficacement à son accession au trône en 1830. « C’était une femme intelligente et de bons conseils, disait Victor Hugo, qui abondait dans le sens du roi sans jamais verser. Madame Adélaïde avait quelque chose de viril et de cordial, avec beaucoup de finesse…

Elle avait partagé son exil, elle partageait un peu son trône. Elle vivait dévoué à son frère, absorbé en lui, ayant pour égoïsme le moi de Louis-Philippe ». Adélaïde mourut le 31 décembre 1847, âgée de 70 ans, quelques semaines avant que son frère fût contraint à abdiquer.

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