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Natureparif - Ophélie Alloitteau
[13/12/2010]

Natureparif publie les résultats d'une étude menée entre 2001 et 2009 sur les oiseaux communs, les chauves-souris et les papillons en Ile-de-France.

Si le martinet, la pie  et la corneille  sont très présents il n'en est pas de mème pour la mésange charbonnière , les papillons et la pipistrelle .
Un bilan de santé de la biodiversité francilienne a été dressé par l'Agence régionale pour la nature et la biodiversité en Ile-de-France (Naturparif) et le Muséum national d'Histoire naturelle, sur la base de données collectées sur les oiseaux communs, les chauves-souris et les papillons. Depuis 2001 ce sont ainsi 86.000 oiseaux de 61 espèces qui ont été dénombrés dans 700 points de relevés dans la région. On constate qu’en forêt comme dans les milieux agricoles, selon les groupes d’espèces étudiés, l’Île-de-France accueille de 7 à 33% d’individus de moins. Les milieux urbains n’ont pas subi de chute des effectifs concernant les oiseaux mais se révèlent beaucoup moins hospitaliers pour les chauves-souris et les papillons que les milieux ruraux.


La biodiversité vue par un naturaliste

 

Pourquoi oiseaux, chauves-souris et papillons ?

Les données relatives aux communautés d'oiseaux communs  constituent l’un des outils les plus robustes pour appréhender l'état de santé de la biodiversité. Comme le bilan sanguin apporte quantité d’informations sur l'état de santé d'une personne, un état des lieux des communautés d'oiseaux communs fournit des indications fiables de l'état de la biodiversité en général. Parallèlement, s'intéresser aux populations de chauves-souris, c'est se pencher sur un groupe d'espèces qui présente deux particularités les rendant très sensibles aux dégradations environnementales : elles sont strictement insectivores et rentrent en léthargie -en hibernation- pendant les mois d'hiver. Elles sont donc très fortement pénalisées lorsque leur ressource, les insectes, vient à manquer. Par ailleurs, pour hiberner, elles stockent des réserves adipeuses (graisseuses) constituées pour l’essentiel d’adipocytes bruns, propices à l’accumulation de toxines, faisant de ce groupe un bon indicateur de la charge en polluants présente dans l'environnement.Quand aux papillons ils donnent des indications sur l'intensité de l'usage des biocides. En effet, au stade larvaire, le papillon est chenille, strictement consommatrice de végétaux, et donc cible privilégiée des pesticides. Enfin, point commun à ces trois grandes familles d’espèces sauvages, la dégradation voire la disparition de leurs milieux pèse lourdement sur leur état de santé en les privant de leur habitat, de lieux de reproduction ou de ressources alimentaires.

 

 

Le point sur les oiseaux
Pour les oiseaux communs on observe un déclin très marqué de certaines espèces forestières. Les oiseaux "spécialistes des milieux forestiers" voient leur déclin se poursuivre avec un recul de 8% des populations dans les 286.000 hectares boisés d'Ile-de-France.  Le Pouillot fitis  montre un déclin de près de 60% et la Sitelle torchepot  de 39%.

Pour les espèces spécialistes des milieux agricoles, la situation en Île-de-France ne diffère pas notablement des tendances nationales. Les espèces agricoles franciliennes restent remarquablement stables.

Les espèces spécialistes du bâti  sont en acccroissement. De 2001 à 2009 le Martinet noir  enregistre une croissance de 37% et la Pie bavarde  de 39 %. Ce phénomène s'explique du fait que le Martinet noir est une espèce originaire de milieux rupestres utilisant les bâtiments comme ses falaises d'origine. L'artificialisation devrait donc lui offrir à priori plus de possibilité pour établir son nid. C'est une espèce très peu sensible à l'abondance de ressources en insectes au niveau local car cet oiseau se nourrit de plancton aérien, composé de très petits insectes et surtout, il parcourt pour se nourrir de très grandes distances et dispose donc, même lorsqu'il est nicheur au cœur de la région, d'un large territoire de chasse.
La pie bénéficie en milieu urbain d'une forte disponibilité en nourriture et d'une faible prédation. Ces bonnes conditions et ce faible taux de destruction humaine induit un fort taux d'accroissement et une survie plus élevée dans les zones urbaines et périurbaines.

Situation contrastée pour les espèces généralistes. En région parisienne la Corneille noire  et le Pigeon ramier  bénéficient respectivement d'un accroissement de 49% et 87 % et prospèrent en milieu urbain et périurbain. La Mésange bleue affiche par contre  un déclin de 5% et la Mésange charbonnière  de 6%.

Comment aider les oiseaux a passer l'hiver 

Rubrique oiseaux de Paris

Biodiversité un plan pour Paris

Le livre blanc de la biodiversité (95 propositions pour améliorer le biodiversité en Ile-de-France)

Chauves-souris et papillons moins nombreux en Île-de-France
Pour les chauves-souris et les papillons, pourtant à priori d'écologies très différentes, les milieux agricoles d'Île-de-France se montrent peu hospitaliers. Ainsi, les effectifs de papillons chutent d'un cinquième et les chauves-souris d'un quart lorsqu'on passe de la région francilienne aux départements limitrophes.

Le jardin des papillons au parc Floral

 


La biodiversité s'observe avec Noé conservation

 

L'impact de l'urbanisation
L'absence de structures bocagères dans le paysage francilien pourrait expliquer la baisse de certaines espèces. La pression anthropique (impact des activités humaines) très denses au cœur urbanisé de la région se fait sentir. La densité du trafic routier, la fragmentation résultant des infrastructures indispensables à cette circulation sont autant de facteurs aggravants en ce qui concerne l'état de santé de la biodiversité. La région Île-de-France se caractérise par un centre très urbanisé et dense. Le cœur de la région héberge quelques 90% des 11,8 millions d'habitants que compte la région, population qui a vu ses effectifs doubler en un peu moins d'un siècle. Consécutivement, l'urbanisation s'est considérablement développée pour finalement occuper presque 21% du territoire dont près de la moitié en habitat individuel.
Bien entendu, ce développement ne va pas sans conversion d'espace, principalement de l'agricole vers le bâti, entrainant une minéralisation des espaces convertis. Cette transformation a entrainé l'occupation de ce nouveau milieu par des espèces rupestres qui profitent de la similitude entre milieu bâti et falaises rocheuses. Ainsi, martinets ou Rouges-queues noirs ont-ils rapidement colonisé ces nouvelles falaises. Les villes offrent de manière marginale gite et couvert pour des espèces telles que les Merles noirs ou les Mésanges charbonnières et bleues originaires des forêts ou de l'espace rural. Plus récemment, les espèces en forte croissance partout ailleurs (comme par exemple le Pigeon ramier) se sont disséminées jusqu'au cœur des villes, pour peu que les conditions leurs soient propices.

Rapport Natureparif au format pdf