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Partager sur Facebook | Partager sur Twiter | Partager | Imprimer | A+ | A- | A=La migration des oiseaux en Ile-de-France

Flickr - Hjelle
[01/12/2011]

La migration des oiseaux est un mécanisme complexe qui a toujours fasciné les passionnés de nature. Le LPO d'Ile-de-France nous donne les clés de cet étrange phénomène.

Pourquoi les oiseaux migrent-ils ?

Contrairement à ce que l’on pense les oiseaux ne migrent pas à cause du froid, car il sont tout à fait capable de réguler leur température corporelle (41°C en moyenne) et de résister à l’hiver grâce à des adaptations anatomiques, physiologiques ou comportementales (par exemple leur système de plumes imbriquées et l’air cloisonné entre ses plumes, qui accroît la surface de la couche isolante et limite les pertes de chaleur, ressemble au principe du double vitrage)…

Le phénomène migratoire est principalement lié à la raréfaction de la nourriture (cause indirecte de la baisse des températures).

Quand l'hiver arrive les insectes, cachés dans des interstices, sont présents mais sous des formes inaccessibles. Les oiseaux insectivores stricts vont donc devoir migrer. Le meilleur exemple est celui des hirondelles de fenêtre migratrice reconnues et annonciatrice du printemps. Mai venu elles viennent se reproduire sur les façades des bâtiments parisiens.

D’autres oiseaux sauront adapter leur régime alimentaire et n’auront pas nécessairement besoin de migrer. Les mésanges par exemple, largement insectivores au printemps et en été, visiteront les arbres et arbustes puis les mangeoires en hiver pour y glaner quelques graines supplémentaires.

Comment protéger les oiseaux en périose hivernale?
  
Les migrateurs au long cours


Ils viennent se reproduire en Europe, et passent l’hiver en Afrique. On parle aussi de migrateurs transsahariens, car la plupart traverse le Sahara. En Ile-de-France, nous sommes situés sur le couloir de migration de plusieurs espèces.
hirondelles  

Quelques exemples des migrateurs « long-courrier » qui viennent se reproduire sur Paris :

- martinet noir
- hirondelle de fenêtre
- hirondelle rustique
- et quelques exemples-type, nicheurs en Ile-de-France mais pas sur Paris intramuros : coucou gris, huppe fasciée, rossignol philomèle, busard cendré, , tourterelle des bois.

Et de ceux qui ne font que passer :

- cigogne blanche
- grue cendrée
- oie cendrée

les migrateurs partiels petits ou moyens courriers

Ils effectuent « seulement » quelques dizaines ou centaines de kilomètres. Pour la plupart des espèces, on ne s’aperçoit même pas qu’il s’agit d’autres individus provenant du nord qui viennent remplacer ceux que l’on a l’habitude de côtoyer à la belle saison… et pourtant c’est le cas de nombreuses espèces d’oiseaux.
Canard colvert 
Quelques exemples de migrateurs partiels qui viennent se reproduire sur Paris intramuros:

- canard colvert
- pigeon ramier (bien que les individus de Paris semblent se sédentariser de plus en plus)
- accenteur mouchet
- rougegorge familier (plus ou moins sédentaires, les populations peuvent être complétées en hiver par des individus d’Europe du Nord)
- merle noir et grives
- roitelets
- étourneau sansonnet
- pinson des arbres
- verdier d’Europe

Et de ceux qui ne font que passer dans ou sur Paris : 

- héron cendré
- vanneau huppé
- mouette rieuse
- buse variable
- bécasse des bois
- faucon pèlerin
- alouette des champs

Le tichodrome échelette, lui, ne migre pas du nord vers le sud, mais de façon altitudinale. Il quitte les régions montagneuses pour les falaises des plaines… voire les bâtiments urbains ! (on a pu en observer sur le Panthéon pendant une bonne partie de l'hiver et au Mont-Valérien à Suresnes). 
 
Les sédentaires 

Sitelle torchepot Les espèces qui ne migrent pas sont peu nombreuses au sens strict. En France, cela concerne le faucon crécerelle, quelques rapaces nocturnes (dont la chouette hulotte présente sur la capitale), la tourterelle turque, tous les pics, le troglodyte mignon, les mésanges, la sittelle torchepot, le grimpereau des jardins, la pie bavarde, le geai des chênes et le moineau domestique. De plus, les faucons crécerelles recensés sur la zone d’études sont également sédentaires, mais quelques individus survolent Paris en période de migration.

En cas d’aggravation extrême des conditions météorologiques, pendant l’hiver notamment, les oiseaux (même les sédentaires) peuvent être également amenés à se déplacer temporairement en quête de lieux plus propices : on qualifie ces déplacements de migration de fuite. Dans ces conditions, de nombreux anatidés (de la famille du canard) et des limicoles également, vont se regrouper autour des pièces d’eau en cas de vague de froid.

Les oiseaux hivernants à Paris
Atlas des oiseaux nicheurs

Pas besoin de boussolle

Pour s’orienter, il semble que les oiseaux emploient principalement une orientation innée guidée par des sortes de boussoles internes présentes dans leurs cellules. On nomme « migration vectorielle » le mécanisme permettant aux jeunes migrants seuls de trouver leur site d’hivernage. Ensuite ils retiendront plus ou moins la latitude « de naissance » pour y retourner.

Au cours de leur vie, ils sont capables aussi de mémoriser des repères visuels et de cartographier les reliefs en quelque sorte, leur permettant d’accéder au même site d’hivernage d’une année sur l’autre.

Ils utilisent également le compas solaire, pour identifier la direction nord-sud entre autres, et apprennent sinon à se repérer sur la carte stellaire. En effet, près de 2/3 des espèces européennes migrent de nuit. L’avantage est de pouvoir se déplacer la nuit et de s’alimenter le jour. De plus, les dépenses énergétiques sont moindres dans l’air plus frais et plus dense.

Les migrateurs diurnes comptent principalement les planeurs (rapaces, cigognes) qui doivent profiter des courants thermiques absents de nuit pour avancer. Les oiseaux de mer sont concernés également ; et quelques passereaux migrant à courte distance, à l’exception des hirondelles.

Des voyages semés d'embûches

Mais leur trajet est semé d’embûches : mer, montagne, désert, lignes électriques, éoliennes, chasse, éclairage nocturne... En règle générale, les continuités de terres seront privilégiées, car les risques sont accrus au-dessus de l’eau, et ils ne peuvent se poser en cas d’épuisement ou de rafales. En effet, un vent sans forcément être violent, peut déporter les passereaux (oiseaux de petite taille) sur plusieurs kilomètres.

Les suivis par télémétrie ont permis de valider les couloirs migratoires de prédilection du Sud de l’Europe pour rejoindre l’Afrique : le détroit de Gibraltar est majoritairement utilisé (mais aussi la Corse puis la Sardaigne ; l’Italie puis la Sicile ; ou encore le détroit du Bosphore pour faire une boucle au niveau des terres avant de franchir le canal de Suez.
Migration formation en V 

Et le vol en « V », à quoi sert-il ?

Commençons d’abord par casser le mythe : la grue cendrée n’étant pas la seule à voler de cette façon. On trouve aussi les cigognes, oies, bernaches et autres canards également.

Pour les migrateurs longue distance, le vol en V a ses avantages, il permet de limiter les frottements de l’air et facilite le vol pour les congénères se trouvant à l’arrière. Bien entendu, les places en tête sont régulièrement échangées.

Quand migrent-ils ?

Leur horloge biologique interne se base sur la durée du jour, mais les dates de migration dépendent des espèces. La migration demande une certaine préparation, les oiseaux doivent effectuer la mue de leurs plumes et constituer des réserves de graisse avant de partir en voyage (certains passereaux peuvent aller jusqu’à doubler leur masse habituelle !).

On distingue la migration prénuptiale et la migration postnuptiale (soit respectivement avant et après la reproduction.

- La migration prénuptiale débute dès la fin janvier pour les plus précoces et dure jusqu’en mai pour les quelques retardataires. Mars signe le retour de la plupart des migrateurs partiels et de quelques arrivages d’Afrique qui se poursuivent en avril.

- La migration postnuptiale est entamé par certains dès le mois d’août et se poursuit pour d’autres jusqu’à fin novembre. En général, la migration postnuptiale est de loin la plus impressionnante des deux, car les regroupements d’oiseaux y sont plus importants en raison de la présence des jeunes de l’année.

Pour en savoir plus

www.faune-iledefrance.org
www.migraction.net
ile-de-france.lpo  

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