Le coton et la mode, 1 000 ans d'aventures - Paris.fr
 

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Les expositions du musée Galliera

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Le coton et la mode, 1 000 ans d'aventures

 

Qui se souvient de l’interdiction faite aux femmes pendant un demi-siècle de porter des cotonnades imprimées ? Se rappelle-t-on cet engouement étrangement passionnel déclenché dans toute la société par les indiennes, ces toiles de coton à décor peint, teint et/ou imprimé ?


L’exposition, organisée au Musée Galliera à l’automne, est triplement originale. Elle se démarque des manifestations récentes liées aux indiennes dans la mesure où elle considère la consommation de toutes les cotonnades, soulignant la mode des mousselines et des toiles blanches et brodées. Elle met en scène costumes et textiles d’ameublement attestant que ces domaines sont bien inséparables au niveau du goût. Enfin, elle reprend l’histoire du coton à partir du Moyen Age - la pièce la plus ancienne de l’exposition date de l’an Mil – afin d’expliquer les circonstances de l’arrivée des indiennes.Si le parcours de cette manifestation est chronologique, les différentes parties sont fédérées par quatre thèmes , le voyage, l’exotisme, le luxe, la modernité.


Du Moyen Age à 1800, le coton arrive en France par les voies méditerranéenne et atlantique. La mémoire a surtout retenu l’arrivée des cotonnades sur les navires des compagnies des Indes au XVIIème siècle et au XVIIIème siècle, manifestations proches d’un lointain exotique. Car ces cotonnades offrent une matière inédite, légère, sensuelle. Le décor des toiles peintes et teintes, adapté à la sensibilité européenne conserve une étrangeté qui est celle de la main de l’artisan indien ; leurs motifs résistent aux lavages et conservent même toute leur fraîcheur. Les mousselines sont, quant à elles, d’une finesse incomparable. La compagnie des Indes trouve là un produit qui à la fois plaît à tous et peut répondre à des commandes particulières. Les indiennes ont connu un succès immédiat dans toute la société. Au point que, craignant la concurrence, les fabricants de soieries et draperies exigent leur interdiction pendant soixante treize ans. Recherchées par les personnes de qualité, elles garnissent leurs intérieurs et envahissent leurs garde-robes. En 1779, la reine Marie-Antoinette commande une robe en toile de Jouy, consacrant ainsi la manufacture d’Oberkampf installée près de Versailles. La demande croissante de cotonnades a stimulé les recherches techniques en vue d’une augmentation de la production. Le coton devint un des moteurs de la révolution industrielle anglaise, prise en exemple par la France.


L’exposition se termine par une réflexion critique éclairée par la confrontation de costumes et de textiles du XVIIIe siècle et d’aujourd’hui Elle souligne combien le répertoire décoratif des indiennes, toujours exploité par les éditeurs de tissus d’ameublement, participe désormais de notre imaginaire collectif. Elle rappelle que sous le regard stimulant d’artistes occidentales, les artisans indiens, gardiens de savoir-faire ancestraux, continuent à réaliser des cotonnades imprimées et des mousselines adaptées à notre goût.Cette manifestation met en regard des œuvres exceptionnelles. Internationale, elle réunit des pièces de grandes institutions étrangères au fonds en partie inédit du musée Galliera enrichi de prêts de collections privées et de nombreuses institutions françaises.

10 novembre 2000 - 11 mars 2001.

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Mise à jour le : 20 décembre 2012
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