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Les collections du musée
Collections
Costumes
Mode masculine
Pourquoi créer un département de mode masculine du XIXe siècle à nos jours à Galliera ?
Il pourrait sembler arbitraire d'avoir scindé mode masculine et féminine au sein du musée pour créer un département spécifiquement dévolu aux hommes pour le XIXe et le XXe siècle. Certains chiffres découvrent cependant l'opportunité d'une telle initiative : les collections du musée, présentées uniquement au travers d'exposition temporaires, recèlent actuellement 12 400 tenues féminines "contre" 2 500 vêtements d'hommes environ !
Cette disproportion exige un renforcement des collections hommes - même si la parité semble utopique. En effet, les collections historiques sont difficiles à compléter car le vêtement masculin a été plus encore victime de mesures d'économie et de réutilisation que le costume de femme. Les témoignages des donateurs ayant traversé la dernière guerre racontent ces manteaux d'un grand-père, retournés, usés, transformés en vêtements pour les enfants, voire en manteau de femme... Pour ces raisons de transmission difficile, les fonds antérieurs aux années 1960 regroupent principalement des vêtements sortant de l'usage quotidien - uniformes, habits de mariage, smokings... Pour Madeleine Delpierre, qui dirigea pendant plus de trente ans le musée, les vêtements d'hommes des XIXe et XXe siècles, en maille, n'ont pu être transmis car les mites les ont rongés.
Par ailleurs, les vêtements quotidiens ou provenant de chez le tailleur, ternes, sombres et lourds, furent longtemps considérés comme peu intéressants, esthétiques ou originaux. Et les donateurs eurent davantage l'idée de donner au musée ce qui leur semblait des chefs-d'oeuvre. Enfin la mode et l'élégance, arts de l'apparence, sont plutôt associés à la femme.
Profil des collections
Deux points forts : uniformes et gilets.
Les uniformes
Un tiers environ du fonds "masculin" est constitué d'uniformes,
- les uniformes civils officiels, 535,
- les costumes religieux, 23,
- les uniformes civils non officiels, 536 livrées.
Il est vrai que les uniformes ont pu suivre la mode ou l'inspirer mais selon un rythme de renouvellement assez lent. Le musée n'entend plus développer cet aspect des collections. Les uniformes sont classés dans les réserves d'après leur fonction et puis par griffe ou marque d'origine. Ce parti-pris de classement qui s'attache moins à la typologie du costume qu'à son histoire commerciale est une logique d'histoire de la mode. Elle permet de représenter le type d'articles que pouvaient diffuser par exemple des maisons ou magasins comme Carette, Le Bon Marché, La Belle Jardinière ou Les Grands magasins du Louvre...
La collection de gilets
Le premier numéro de cet ensemble, du XIXe siècle, pour l'anecdote, serait un gilet de Napoléon - peu spectaculaire d'ailleurs, en piqué de coton, il ne laisse pas deviner sa glorieuse origine. Cependant, les 486 autres pièces des XIXe et XXe siècles, permettent de retracer l'histoire de cet accessoire du costume souvent chamarré, brodé, en cachemire, soie ou coton.
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