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Paris insurgé, Paris libéré

La libération de Paris

Août 1944, Paris insurgé
Les insurgés

Puce culture Rol Tanguy et son Etat Major

Lors de la création des Forces françaises de l’Intérieur le 1er février 1944, résultant de la fusion théorique de l’Armée secrète, des Francs-Tireurs et partisans et de l’Organisation de Résistance de l’armée, la France a été divisée en 12 régions militaires et des chefs militaires et régionaux ont été désignés. Le manque d’armes leur fait dépendre presque exclusivement des parachutages alliés.


L’intensification de la répression allemande et de celle du gouvernement de Vichy avec l’installation de la milice en zone nord, décime les rangs de l’état-major FFI en Ile-de-France. Dejussieu-Poncarral est arrêté en mai puis le commandant Lefaucheux début juin.
Le 5 juin, le colonel Henri Tanguy-Rol- lui succède à la tête des FFI de la région parisienne. Il dispose d’un adjoint pour le département de la Seine, le colonel de Marguerittes, Lizé officier de carrière, résistant de l’Organisation civile militaire. Le 8 août, les FTP ed Charles Tillon se mettent à la disposition du colonel Rol et Alexandre Parodi, ministre des territoires occupés, met sous ses ordres, les forces gouvernementales (gendarmes, policiers, sapeurs-pompiers) dirigées par le général Hary.


Le 19 août, dans l’après midi, le poste de commandement du chef des FFI d'Ile de France est transféré de la rue de Meaux, dans le 19e arrondissement, au 9 rue Schoelcher (14e arrondissement), dans les souterrains d’un immeuble du service de l'assainissement, relié par un réseau téléphonique indépendant avec les différents postes d’égouts de la capitale. L’emplacement choisi tient également compte de la marche des armées alliées attendues par le sud de la capitale. Rol a été informé en juin par Chaban-Delmas que ce serait la 2e DB qui libèrerait la capitale.

Fort de son expérience de la guérilla lors de la guerre civile espagnole, Rol dirige en liaison avec le COMAC l’insurrection militaire de Paris avec compétence et lucidité.

Christine Levisse-Touzé
 

Puce culture Les Etrangers
 

Au cours des années 20 et 30, la France est un important pays d’accueil pour des centaines de milliers d’étrangers. Alors que les uns regagnent l’Hexagone pour y trouver du travail, les autres y trouvent refuge contre les persécutions politiques ou racistes, comme elles ont lieu, par exemple, en Allemagne nazie ou en Italie fasciste.

Mais l’accueil qui leur est réservé n’est pas toujours chaleureux. La crise économique mondiale ainsi que les fortes crises intérieures créent, en effet, un climat souvent hostile et défavorable à une politique d’immigration. Des restrictions comme les limitations du droit d’asile ou du droit de travail sont mises en place afin de faire reculer les chiffres de l’immigration.

Cependant, les flux migratoires ne cessent guère. Au début des années trente, la France compte plus de 2,5 millions d’étrangers ; un chiffre qui reste plus ou moins stable jusqu’à ce que la Seconde Guerre mondiale éclate. A ce moment-là, un grand nombre de ces étrangers exprime le souhait de participer à une guerre contre l’Allemagne hitlérienne dans les rangs de l’armée française en s’inscrivant sur les listes de volontaires.

Mais leur désir n’a guère d’écho. La méfiance est de mise au sein des autorités. Leur volonté de combattre concerne avant tout les immigrés de conviction communiste ou des ressortissants d’un pays ennemi, comme les Allemands et les Autrichiens. Au lieu d’être envoyés au front, ces derniers sont, pour la plupart, envoyés dans des camps d’internement où ils partagent le sort des républicains espagnols et des membres des Brigades internationales ayant combattu en Espagne aux côtés des Républicains et qui se sont repliés avec ces derniers au début de 1939. Enfin, on leur accorde seulement l’engagement volontaire dans la Légion étrangère ou bien on les oblige à servir en tant que prestataires dans les Compagnies de Travailleurs Etrangers (CTE). Quant aux volontaires d’autres nationalités, considérés comme non-suspects, on les incorpore dans les régiments de marche de volontaires étrangers (RMVE). Seuls les Polonais et les Tchécoslovaques bénéficient de la possibilité de former leurs propres unités en France.

Après la défaite de 1940, le destin des immigrés devient souvent incertain, en particulier pour les fervents opposants au régime nazi et pour les Juifs. Ceux qui ne parviennent pas à quitter le sol français pour trouver asile au Royaume-Uni ou en Amérique, prennent souvent le chemin de la clandestinité en France occupée et sont déterminés à s’opposer à la machinerie de guerre et à la terreur nazie : ils se joignent aux mouvements de la Résistance et sont même à l’origine de nombreuses initiatives. De cette manière, ils contribuent fortement à la Libération de la France ainsi qu’à celle de Paris.


Franz Kuhn


Peschanski, Denis, Des étrangers dans la Résistance, Editions de l’Atelier / Les Editions Ouvrières, Paris, 2002.
Schor, Ralph, L’opinion française et les étrangers en France : 1919-1939, Publications de la Sorbonne, Paris, 1985.

Le comité médical de la Résistance
Puce culture Le comité médical de la Résistance
 
Les services de santé sont unifiés au sein du comité médical de la Résistance présidé par le professeur Pasteur-Vallery-Radot,(Célier) membre du mouvement de l’Organisation civile et militaire. Le Comité résulte de la fusion en septembre 1943 du service de santé de la Résistance et du Front national des Médecins du professeur Debré (Flaubert).

En liaison avec le CNR, un service de la Santé a été organisé pour assurer les tâches de Santé publique en vue de la Libération.
Le comité médical de la Résistance est actif sous l’égide de son secrétaire général le professeur Milliez et de son adjoint le docteur Pette. Il met sur pied des dépôts clandestins de matériels et de médicaments, constitue des valises chirurgicales pour les interventions d’urgence. Pour éviter que les hôpitaux de l’Assistance publique ne tombent aux mains des Allemands, le comité départemental de la Santé prend modèle sur les circonscriptions des FFI : secteurs, arrondissements, quartiers. Chaque secteur comprend des hôpitaux clandestins avec deux ou trois antennes chirurgicales mobiles qui se portent vers les centres de combats. Chaque arrondissement est doté de 15 à 20 médecins, 3 à 4 infirmières et d’une dizaine de brancardiers attachés à des postes de secours fixes dont de nombreux postes de la Croix rouge.


Les jeunes médecins et les étudiants en médecine du groupe médical de secours des Equipes nationales, sont envoyés à la demande. Le matériel et les médicaments ont été récupérés par des personnels médicaux. Ils ont 500 kg de permanganate pour assainir l’eau destinée à la population, 10 kg de sulfamides, 20 000 pansements individuels, 500 kg de plâtre chirurgical, 20 000 ampoules de sérum antitétanique et autant de morphine.


Christine Levisse-Touzé

Puce culture Les Pompiers
 

Les sapeurs-pompiers ont effectué 1098 sorties dont 312 pour des feux. Parmi les principaux, on peut rappeler ceux des Magasins généraux et des Grands Moulins de Pantin le 19 août ; du Grand Palais le 23 ; du central téléphonique de St-Amand (15ème), après une explosion le 24.. 47 feux ont été mis volontairement par les Allemands, tandis que 90 ont été occasionnés par les combats contre les FFI. Ils ont aussi transporté plus de 303 blessés et malades. (Emmanuel Ranvoisy, Le Régiment de sapeurs-pompiers de Paris, 1938 - 1944).

Emmanuel Ranvoisy

Mise à jour le : 13 août 2012
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