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Paris insurgé, Paris libéré

La libération de Paris

Août 1944, Paris libéré
L' arrivée de la 2e DB et de la 4e DIUS

Puce culture L'arrivée de la 2e DB

A partir du 13 août 1944, la division est regroupée dans la région d’Argentan et le général Leclerc attend impatiemment l’ordre de foncer sur Paris. Cette impatience grandit avec l’annonce de l’ordre d’insurrection de Rol-Tanguy, commandant les FFI d’Ile de France, affiché dans Paris le 18 août. Leclerc envoie de sa propre initiative le 21 août en direction de Versailles, un élément aux ordres du commandant de Guillebon, -polytechnicien, rallié de la première heure- pour tester les défenses allemandes. Face aux hésitations du commandement allié, l’insistance de Leclerc et celle du général de Gaulle auprès du général Eisenhower, commandant en chef allié, l’envoi de la mission Gallois par Rol-Tanguy, l’ordre est enfin donné le 22 août au soir par Bradley de libérer la capitale avec l’aide de la 4e Division américaine.

Leclerc peut enfin remplir la mission politique que lui a confiée le général de Gaulle en décembre 1943. De Gaulle qui l’a rejoint à Rambouillet lui dit « vous avez de la chance ! ». Le 24 août, la division Leclerc, organisée en deux colonnes, se dirige vers Paris : à l’ouest, par la vallée de Chevreuse, Jouy-en-Josas, Clamart, le groupement du colonel Langlade, ce dernier officier de carrière qui a connu le lieutenant de Hauteclocque au Maroc avant-guerre, lui a proposé à l’été 1943, d’intégrer le 12e régiment de chasseurs d’Afrique, à la 2e DB qui doit être formée ; le groupement du colonel Billotte suit un itinéraire au sud par la route d’Orléans, Longjumeau, Massy, Wissous, Fresnes et rencontre une forte défense allemande. Officier fait prisonnier pendant la campagne de 1940, Billotte s’évade avec d’autres camarades et passe en URSS puis de là, rejoint Londres où de Gaulle le fait son chef d’état-major. Après différentes fonctions à Alger, il est affecté au printemps 1944 à la tête du GTV en remplacement de Malagutti. Le 3ème groupement est aux ordres du colonel Dio, qui s’est mis sous les ordres de Leclerc dès le 28 août 1940 au Cameroun. Compagnon fidèle, c’est à lui que Leclerc transmettra le commandement de la 2e DB le 22 juin 1945. Il suit à peu près le même itinéraire que Billotte. Le 24 août au soir, Billotte, Dio, Langlade sont bloqués aux portes de Paris. Une opportunité se présente. A la Croix de Berny, Leclerc ordonne au capitaine Dronne avec 3 chars et 3 sections sur half-tracks dont quelques noms reflètent l’histoire des Républicains espagnols : Terruel, Guernica, Guadalajara, Madrid, Brunete, de prévenir les Résistants de l’arrivée de la 2e DB dès le lendemain. Administrateur colonial, il est aussi un des premiers à avoir rejoint Leclerc au Cameroun en août 1940. Empruntant un itinéraire sans opposition allemande et guidé par un Arménien, la colonne se glisse à travers Fresnes, l’Haÿ-Les-Roses, Bagneux, Cachan, Arcueil, Gentilly la porte d’Italie, puis le boulevard de l’Hôpital, franchit le pont d’Austerlitz longe le quai Henri IV et atteint l’Hôtel de Ville à 21 h 22. Le lendemain, le groupement Billotte suit l’itinéraire de Dronne et installe à la Préfecture de Police avec l’ordre d’intervenir aussitôt sur les Tuileries, la Concorde et l’Hôtel Meurice. Le groupement Dio met en route deux colonnes : Noiret passe par les boulevards extérieurs pour se rabattre sur le Champ de Mars. Rouvillois, s’assurant au passage des ponts principaux converge par les Invalides vers le palais Bourbon et le quai d’Orsay. Le groupement Langlade atteint en début d’après-midi l’avenue Victor-Hugo, l’action principale est portée sur l’avenue Kléber. Ses hommes font la jonction avec ceux de Billotte à la Concorde. Suivi du groupement Dio prêt à intervenir, le général Leclerc s’est réservé avec son escadron de protection la porte d’Orléans et la gare Montparnasse. Chaban, suivant l’ordre de Koenig, se porte à sa rencontre et le guide à bord de son scout-car, jusqu’à la gare Montparnasse où Leclerc établit son PC. En début d’après midi, von Choltitz est fait prisonnier, et signe la convention de reddition que lui tend Leclerc à la Préfecture de Police. A la gare Montparnasse, après la signature de la vingtaine d’ordres de cessez-le-feu par le commandant du Gross Paris, des proches l’entendent murmurer : « Enfin, ça y est ! ». Il est un peu moins de 17 heures lorsqu’il accueille avec le colonel Rol-Tanguy, chef des FFI, le général de Gaulle.


Christine Levisse-Touzé.
André Martel, Leclerc, le soldat, le politique, Albin Michel, 1998, Général Compagnon, Leclerc, Maréchal de France, Flammarion, 1994, Christine Levisse-Touzé, Philippe Leclerc de Hauteclocque, la légende d’un héros, Tallandier, 2002.


Puce culture L'arrivée de la 4e DIUS

Le 23 août, à une 1 h du matin, devant la situation périlleuse à Paris, Gerow, commandant le 5e corps d'armée américain dont dépendent la 4e DIUS et la 2e DB donne comme base d’ordre le « 5e corps avancera sans attendre sur Paris par deux routes, prendra la relève des FFI à Paris, s’emparera des ponts au sud de la ville et établira une tête de pont au sud-est de Paris ».


A ce moment là, la 4e division, commandée par Barton après de durs combats et des pertes, s’est regroupée près d’Arpajon. Le général Barton place le 8e régiment d’infanterie en réserve et choisit le 22e régiment d’infanterie, alors le plus proche de Paris, pour lui intimer de mener les troupes américaines dans la capitale ; motorisé, le régiment prend la route en traversant Athys-Mons, Villeneuve le Roi. Le temps est exécrable, les chemins glissant, la marche exténuante. Et pourtant…Ecartée de la Seine par des coups de canons, la troupe avance sans rencontrer de résistance avec pour écran le 102e groupe de cavalerie du colonel Dolph, et les Américains atteignent Notre Dame (25 août, il semble que ce soit par l’escadron de la 38e à 8h30), malgré l’énorme foule parisienne qui les acclame et retarde l’avance. Les soldats occupent les gares d’Austerlitz, de Lyon, la gare de Vincennes et des éléments de reconnaissance poussent jusqu’aux faubourg nord et nord est de la capitale.

Christine Levisse-Touzé.

Mise à jour le : 13 août 2012
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