|
|
A+ | A- | A=
L'appartement
Salle 7
Victor Hugo de 1832 à 1848 - Vie publique
En novembre 1832, Victor Hugo et sa famille après deux années passées rue Jean Goujon, s’installent 6 place Royale où ils resteront de 1832 à 1848. Les motivations de ce choix, alors que le Marais n’est plus à la mode, sont obscures.
L’écrivain se trouve alors dans une phase d’ascension sociale et de reconnaissance littéraire. On note son adhésion politique au régime en place (Monarchie de juillet).
C’est là que Victor Hugo écrit de nombreuses oeuvres : un récit, Claude Gueux (1834) protestant comme le Dernier jour d’un condamné (1829) contre la peine de mort, de grands recueils poétiques : Les Chants du crépuscule (1835), Les Voix intérieures (1837), Les Rayons et les ombres (1840), Le Rhin en 1842, enfin pour le théâtre : Angelo, Tyran de Padoue (1835), Ruy Blas (1838), Les Burgraves(1843). C’est là qu’il conçoit Les Misérables, l’idée de La Légende des Siècles et de nombreux poèmes pour de futurs recueils, comme par exemple, Les Contemplations.
Académicien en 1841 et pair de France en 1845, le poète appartient désormais à la bourgeoisie libérale et aisée. Mais si la reconnaissance sociale et littéraire est réelle, des ombres ternissent ce tableau : l’essoufflement assez rapide du mouvement romantique, les critiques très âpres portées sur son œuvre, le heurt précoce avec la censure du pouvoir. Ainsi le 22 novembre 1832 la pièce Le Roi s’amuse n’est - elle jouée qu’une fois et interdite dès le lendemain, ayant déplu au roi Louis-Philippe.
Dans le domaine privé, la liaison de sa femme Adèle avec son ami Sainte-Beuve est un déchirement affectif profond. Au rêve conjugal brisé s’ajoute la perte d’une amitié et d’une connivence littéraire.
La Révolution de 1848 provoque chez l’écrivain une réaction de prudence et de circonspection. Son hésitation vis à vis de la République est connue :
En nous voyant passer, un homme du peuple se détacha d’un groupe et se campa devant moi. «Citoyen Victor Hugo, dit-il, criez : Vive la République ! - Je ne crie rien par ordre, dis-je.
Comprenez-vous la liberté ? Moi, je la pratique. Je crierai aujourd’hui : Vive le peuple ! parce que ça me plaît. Le jour où je crierai : Vive la République ! c’est parce que je le voudrai. - Il a raison ! c’est très bien !» murmurèrent : plusieurs voix. Et nous passâmes. »
Choses vues. 25 février 1848.
Le 24 février 1848, Louis-Philippe abdique et la IIème République est proclamée. Le 4 juin, Victor Hugo est élu député de Paris. Le 24 juin, son appartement place Royale est envahi par un groupe d’émeutiers, lors de l’insurrection qui suivit l’annonce de la suppression des Ateliers Nationaux. La famille quitte alors définitivement le Marais pour aller s’installer le 1er juillet : 5 rue de l’Isly puis le 15 octobre au 37 rue de la Tour-d’Auvergne.
En juillet, avec l’aval de l’écrivain, ses deux fils, Charles et François-Victor, Paul Meurice et Auguste Vacquerie fondent un journal : L’Evénement, conformément à leur époque, pour qui la presse est le terrain du combat politique. Dans ses interventions officielles, Victor Hugo vote pour la liberté de la presse, l’abolition de la peine de mort et contre la censure au théâtre. Le journal soutient la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte (alors député) aux élections présidentielles de 1848. Ce dernier (contre Lamartine) remportera le scrutin, le 10 décembre avec 5 400 000 voix.



