L'antichambre - Paris.fr
 

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L'appartement

Salle 1

L'antichambre

A l’époque où Victor Hugo résidait place Royale, cette pièce était l’antichambre de son appartement avec une même petite fenêtre d’angle donnant sur la place et un même dallage en pierre de liais.


Cette salle évoque aujourd’hui la famille, l’enfance et la jeunesse de l’écrivain, ses lieux de vie, ses fiançailles avec Adèle Foucher, les premières années de leur mariage et la naissance de leurs enfants.


Les grands-parents maternels de Victor Hugo étaient originaires de la région nantaise : Jean-François Trébuchet (1731-1783), capitaine au long cours, et sa femme Renée-Louise née Le Normand (1748-1780). Leur fille Sophie, née en 1772, épouse en 1797 Léopold Hugo (1773-1828), de souche lorraine et républicain.
Plusieurs portraits le représentent, notamment celui de Julie Duvidal de Montferrier, en tenue de Général, entouré de ses frères Louis et François et de son fils Abel, frère aîné de Victor Hugo (qui épousera Julie Duvidal de Monferrier en 1827).
Les deux coffres de voyage, recouverts de cuir et garnis de clous, datant de 1684 et 1731, lui appartenaient.
Léopold Hugo et Sophie Trébuchet eurent trois fils : Abel, né le 15 novembre 1798, Eugène, né le 16 septembre 1800 et Victor, né le 26 février 1802 à Besançon où son père avait été envoyé en garnison.
L’enfance de Victor Hugo fut marquée par le souvenir du jardin des Feuillantines, maison occupée par Sophie, séparée de son mari, et ses enfants entre 1809 et 1813.


En mars 1811, Sophie et ses enfants rejoignent Léopold Hugo à Madrid.
Le voyage en Espagne restera gravé dans la mémoire de Victor Hugo. A Madrid, Victor et Eugène sont pensionnaires au collège des Nobles durant quelques mois, puis regagnent Paris avec leur mère, laissant Abel auprès de leur père.
Ces années voient la naissance de son amour pour Adèle Foucher, amie d’enfance, fille de Pierre Foucher, chef du bureau de recrutement au ministère de la Guerre (Portrait de Pierre Foucher par Auguste de Châtillon, 1836).
En 1822, Victor Hugo fait un séjour à Gentilly où les Foucher louent une maison pour l’été, dont le dessin de Louis Boulanger évoque le souvenir.
En bas, deux vers autographes :
Vallon ! j’ai bien souvent laissé dans ta prairie,
Comme une eau murmurante, errer ma rêverie ;
(Odes, V, X)
Ces vers sont accompagnés d’une mention :
« Ce dessin représente la tour que j’habitais en 1822 et 1823, près du clocher de Gentilly, et m’a été donné par Boulanger, le jour de ma fête, 21 juillet 1832. »


Le mariage de Victor et d’Adèle est célébré le 12 octobre 1822 à l’église Saint-Sulpice. Ils vivent alors chez les Foucher, à l’hôtel du conseil de guerre, rue du Cherche-Midi (dessin de Le Rivercad) jusqu’en juin 1824, puis s’installent rue de Vaugirard où naissent Léopoldine (1824) et Charles (1826). En avril 1827, ils emménagent dans une maison rue Notre-Dame-des-Champs (dessin de Jean Corabeuf), ou naît Victor, leur deuxième fils, en 1828.
Congédiée à la suite de la célèbre « Bataille d’Hernani », la famille s’installe en mai 1830 rue Jean Goujon où Adèle naît, la même année.
En 1832, ils s’installent place Royale. Des dessins des frères Devéria et de Louis Boulanger restituent l’intimité familiale du poète.


Le dessin représentant les armes de Victor Hugo a été exécuté par le poète à l’encre brune et au crayon de graphite. Le blason qu’il adopta à partir de 1845, date de son élévation à la pairie, se compose à gauche des armes de la famille Hugo de Lorraine de laquelle il pensait descendre, à droite de celles de son père, anobli au rang de comte sous l’Empire à la suite de sa victoire sur un chef de guérilla espagnol, en juillet 1810, à Siguenza. Le blason, surmonté d’un casque et d’une couronne comtale, se détache sur le manteau de pair de France lui-même surmonté d’une couronne de vicomte.

Mise à jour le : 26 octobre 2005
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