Juliette Drouet à Victor Hugo - Paris.fr
 

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L'appartement

Salle 3

Document
Juliette Drouet à Victor Hugo

Guernesey, 13 juillet 1863, mardi après-midi, 2h ½.

… Je regrette, mon grand bibeloteur, de n’avoir pas eu le temps de te dire hier combien j’étais éblouie, ravie et attendrie de toutes les belles choses, jolies, charmantes et ingénieuses que tu as fait faire dans mon nouveau logis.
Je suis obligée, pour te remercier, d’avoir recours à ce gribouillis dont la plume n’est pas mieux pendue que ma langue.
J’espère que ce quasi petit palais aura l’honneur de te recevoir plus souvent que cette pauvre maison trop étroite et plus faite pour les habitudes casanières d’un perroquet que pour les allures souveraines et libres du grand aigle divin qu’on appelle ornithologiquement Victor Hugo.
C’est bête comme tout ce que je vous dis là, mais c’est une plume d’oie qui vous le gribouille pendant que je vous adore.

Guernesey, 6 août 1863, jeudi matin, 7h ¾.

… J’ai à te remercier, mon bon petit homme, de toutes les belles choses que tu fais pour ma sambre qui sera non seulement étourdissante pour tout le monde, mais vénérable et sacrée comme un temple pour moi, car ta pensée y est partout sous la forme divine de l’art.
Aussi il faut que tout cela retourne à ta famille, car tout ce que tu crées est leur héritage autant et bien plus encore que les meubles et les immeubles que tu leur laisseras.
Quant à moi c’est avec le sentiment profond de la stricte probité que je leur rendrai, après ma mort, tout ce que ta générosité m’aura donné pendant la vie.
Ceci dit, une fois pour toutes, je reviens à mon admiration pour cette prodigieuse chambre qui est un véritable poème chinois que notre ex-ami Li-Zou approuverait d’un bout à l’autre sans aucune réserve. J’ai du bonheur à le répéter : j’en suis émerveillée, éblouie, heureuse et reconnaissante de toutes les forces de mon amour…
 

Mise à jour le : 26 octobre 2005
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