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Les personnages de La Comédie humaine dessinés par Charles Huard (1874-1965)

Les personnages

Le colonel Chabert

"Les bords du chapeau qui couvrait le front du vieillard projetaient un sillon noir sur le haut du visage. Cet effet bizarre, quoique naturel, faisait ressortir, par la brusquerie du contraste, les rides blanches, les sinuosités froides, le sentiment décoloré de cette physionomie cadavéreuse. Enfin, l'absence de tout mouvement dans le corps, de toute chaleur dans le regard, s'accordait avec une certaine expression de démence triste, avec les dégradants symptômes par lesquels se caractérise l'idiotisme, pour faire de cette figure je ne sais quoi de funeste qu'aucune parole humaine ne pouvait exprimer. Mais un observateur,  et surtout un avoué, aurait trouvé de plus en cet homme foudroyé les signes d'une douleur profonde, les indices d'une misère qui avait dégradé ce visage, comme les gouttes d'eau tombées du ciel sur un beau marbre l'ont à la longue défiguré."

Le Colonel Chabert, La Pléiade, tome III, p. 321-322

Puce culture Orphelin, il s'engage dans les armées de la République et accède au double rang de colonel de cavalerie de la Garde impériale sous l'Empire, et de grand officier de la Légion d'honneur. Mais la bataille d'Eylau, le 7 février 1807, met fin à sa brillante ascension. En effet, laissé pour mort durant les combats, il entre en convalescence pendant des longs mois, et ne parvient plus à recouvrir son identité. En 1820, malgré le soutien de maître Derville, il abandonne le procès intenté contre sa femme, la riche comtesse Ferraud, qui refuse de lui verser la part de biens auxquels il a droit. Il vit alors dans la misère et termine ses jours à l'hospice de Bicêtre.

"Mais un observateur (...) aurait trouvé de plus en cet homme foudroyé les signes d'une douleur profonde, les indices d'une misère qui avait dégradé ce visage."
Mise à jour le : 29 juillet 2011
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