La vicomtesse de Beauséant - Paris.fr
 

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Les personnages de La Comédie humaine dessinés par Charles Huard (1874-1965)

Les personnages

La vicomtesse de Beauséant

" Mme la vicomtesse de Beauséant était blonde, blanche comme une blonde, et avait les yeux bruns. Elle présentait noblement son front, un front d'ange déchu qui s'enorgueillit de sa faute et ne veut point de pardon. Ses cheveux, abondants et tressés en hauteur au-dessus de deux bandeaux qui décrivaient sur ce front de larges courbes, ajoutaient encore à la majesté de sa tête. L'imagination retrouvait, dans les spirales de cette chevelure dorée, la couronne ducale de Bourgogne ; et, dans les yeux brillants de cette grande dame, tout le courage de sa maison ; le courage d'une femme forte seulement pour repousser le mépris ou l'audace, mais pleine de tendresse pour les sentiments doux. Les contours de sa petite tête, admirablement posée sur un long col blanc ; les traits de sa figure fine, ses lèvres déliées et sa physionomie mobile gardaient une expression de prudence exquise, une teinte d'ironie affectée qui ressemblait à de la ruse et à de l'impertinence. Il était difficile de ne pas lui pardonner ces deux péchés féminins en pensant à ses malheurs, à la passion qui avait failli lui coûter la vie, et qu'attestaient soit les rides qui, par le moindre mouvement, sillonnaient son front, soit la douloureuse éloquence de ses beaux yeux souvent levés vers le ciel. […] Le sourire de cette femme annonçait une haute conscience de sa valeur. N'étant ni mère ni épouse, repoussée par le monde, privée du seul coeur qui pût faire battre le sien sans honte, ne tirant d'aucun sentiment les secours nécessaires à son âme chancelante, elle devait prendre sa force sur elle-même, vivre de sa propre vie, et n'avoir d'autre espérance que celle de la femme abandonnée : attendre la mort, en hâter la lenteur malgré les beaux jours qui lui restaient encore. "

La Femme abandonnée, La Pléiade, tome II, p. 476-477

Puce culture A la tête de la haute noblesse du faubourg Saint-Germain, parente d'Eugène de Rastignac, la vicomtesse de Beauséant se retire du monde suite au mariage de son amant, le marquis d'Ajuda-Pinto. Elle est trahie une seconde fois par le baron Gaston de Nueil, et termine sa vie seule, dans sa propriété de Normandie.


Remarque : La plaque typographique qui a servi à l'illustration de ce personnage n'est pas visible dans la salle des personnages de la Maison de Balzac.

"Mme la vicomtesse de Beauséant était blonde, blanche comme une blonde, et avait les yeux bruns. Elle présentait noblement son front, un front d'ange déchu qui s'enorgueillit de sa faute et ne veut point de pardon."
Mise à jour le : 29 juillet 2011
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