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Les personnages de La Comédie humaine dessinés par Charles Huard (1874-1965)
Les personnages
La duchesse de Langeais
" La duchesse de Langeais avait reçu de la nature les qualités nécessaires pour jouer les rôles de coquette, et son éducation les avait encore perfectionnées. […] Tout en elle s'harmoniait, depuis le plus petit geste jusqu'à la tournure particulière de ses phrases, jusqu'à la manière hypocrite dont elle jetait son regard. Le caractère prédominant de sa physionomie était une noblesse élégante, que ne détruisait pas la mobilité toute française de sa personne. Cette attitude incessamment changeante avait un prodigieux attrait pour les hommes. Elle paraissait devoir être la plus délicieuse des maîtresses en déposant son corset et l'attirail de sa représentation. En effet, toutes les joies de l'amour existaient en germe dans la liberté de ses regards expressifs, dans les câlineries de sa voix, dans la grâce de ses paroles. Elle faisait voir qu'il y avait en elle une noble courtisane, que démentaient vainement les religions de la duchesse. Qui s'asseyait près d'elle pendant une soirée, la trouvait tour à tour gaie, mélancolique, sans qu'elle eût l'air de jouer ni la mélancolie ni la gaieté. Elle savait être à son gré affable, méprisante, ou impertinente, ou confiante. Elle semblait bonne et l'était. Dans sa situation, rien ne l'obligeait à descendre à la méchanceté. […] Mais pour la bien peindre ne faudrait-il pas accumuler toutes les antithèses féminines ; en un mot, elle était ce qu'elle voulait être ou paraître. "
La Duchesse de Langeais, La Pléiade, tome V, p. 947-948
Amante d'Armand de Montriveau, la duchesse de Langeais se joue de lui pendant près de trois mois. Sommée par le général de se livrer, la belle Antoinette, follement amoureuse, obtempère, mais un malentendu les sépare à jamais. La duchesse, devenue soeur Thérèse, décède dans un couvent de Carmélites, sur un petite île espagnole, tandis que Montriveau s'apprête à l'enlever.
Remarque : La plaque typographique qui a servi à l'illustration de ce personnage n'est pas visible dans la salle des personnages de la Maison de Balzac.



