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Les personnages de La Comédie humaine dessinés par Charles Huard (1874-1965)
Les personnages
L'abbé Bonnet
"De petite taille et débile en apparence, M. Bonnet frappait tout d'abord par le visage passionné qu'on suppose à l'apôtre: une figure presque triangulaire commencée par un large front sillonnné de plis, achevée des tempes à la pointe du menton par les deux lignes maigres que dessinaient ses joues creuses. Dans cette figure endolorie par un teint jaune comme la cire d'un cierge, éclataient deux yeux d'un bleu lumineux de foi, brûlant d'espérance vive. Elle était également partagée par un nez long, mince et droit, à narines bien coupées, sous lequel parlait toujours, même fermée, une bouche large à lèvres prononcées, et d'où il sortait une de ces voix qui vont au coeur. La chevelure châtaine, rare, fine et lisse sur la tête, annonçait un tempérament pauvre, soutenu seulement par un régime sobre. La volonté faisait toute la force de cet homme. Telles étaient ses distinctions.(...) Les gens à qui les miracles de la Pensée, de la Foi, de l'Art sont connus, pouvaient seuls adorer ce regard enflammé du martyr, cette pâleur de la constance et cette voix de l'amour qui distinguaient le curé Bonnet."
Le Curé de village, La Pléiade, tome IX, p. 719-720
Charismatique et généreux, cet abbé convertit le criminel Tascheron la veille de son exécution. De plus, avec Véronique Graslin, l'amante de ce dernier, il transforme la physionomie économique et morale de Montégnac, petit bourg pauvre du Limousin.



