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Les personnages de La Comédie humaine dessinés par Charles Huard (1874-1965)
Les personnages
Eugénie Grandet
"Eugénie, grande et forte, n'avait donc rien du joli qui plaît aux masses; mais elle était belle de cette beauté si facile à reconnaître, et dont s'éprennent seulement les artistes. Le peintre qui cherche ici-bas un type à la céleste pureté de Marie, qui demande à toute la nature féminine ces yeux modestement fiers devinés par Raphaël, ces lignes vierges souvent dues aux hasards de la conception, mais qu'une vie chrétienne et pudique peut seule conserver ou faire acquérir; ce peintre, amoureux d'un si rare modèle, eût trouvé tout à coup dans le visage d'Eugénie la noblesse innée qui s'ignore; il eût vu sous un front calme un monde d'amour; et, dans la coupe des yeux, dans l'habitude des paupières, le je ne sais quoi de divin. Ses traits, les contours de sa tête que l'expression du plaisir n'avait jamais ni altérés ni fatigués, ressemblaient aux lignes d'horizon si doucement tranchées dans le lointain des lacs tranquilles."
Eugénie Grandet, La Pléiade, tome III, p. 1076
Humble et soumise à son père, avare et tyrannique, la vie d'Eugénie bascule avec l'arrivée de son cousin Charles à Saumur. La jeune-femme en tombe follement amoureuse et lui donne toutes ses pièces d'or pour qu'il parte faire fortune aux Indes. Mais à son retour, Charles la délaisse. Profondément blessée et plus riche que jamais, elle se marie alors par pure convenance et se consacre à des oeuvres de charité.
Remarque : La plaque typographique qui a servi à l'illustration de ce personnage n'est pas visible dans la salle des personnages de la Maison de Balzac.



