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Les personnages de La Comédie humaine dessinés par Charles Huard (1874-1965)

Les personnages

Cérizet

"Cérizet, qui n'avait que trente-neuf ans, paraissait être un homme de cinquante, tant il était vieilli par tout ce qui peut vieillir les hommes. Sa tête, sans cheveux, offrait un crâne jaunâtre, mal couvert par une perruque que la décoloration avait jaunie. Son masque pâle et flasque, démesurément ridé, semblait d'autant plus horrible qu'il avait le nez rongé, mais pas assez pour pouvoir le remplacer par un faux nez, car depuis la naissance du front jusqu'aux narines il existait comme la nature le lui avait fait; la maladie, après lui avoir mangé les ailes du bout, n'y laissait que deux trous de formes bizarres qui viciaient la prononciation et gênaient la parole. Les yeux, primitivement bleus, affaiblis par des misères de tout genre, par des nuits consacrées aux veilles, devenus rouges sur les bords, présentaient des altérations profondes, et le regard, quand l'âme y envoyait une expression de malice, eût effrayé des juges et des criminels, enfin ceux-là mêmes qui ne s'effrayent de rien. La bouche, démeublée et où se voyaient quelques dents noires, était menaçante; il y venait une salive écumeuse et rare qui ne dépassait point des lèvres pâlies et minces."


Les Petits Bourgeois
, La Pléiade, tome VIII, p. 78

Puce culture Orphelin, il travaille d'abord comme prote de David Séchard à Angoulême puis le trahit au profit de ses concurrents et rachète son imprimerie (Les Illusions perdues). Condamné à suspendre cette activité, il fait de la prison puis exerce divers métiers sous la Restauration et la monarchie de Juillet -acteur, gérant de journaux d'opposition, financier, homme politique, usurier- avec ruse et malhonnêteté.

 "et le regard, quand l'âme y envoyait une expression de malice, eût effrayé des juges et des criminels"
Mise à jour le : 29 juillet 2011
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