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Les dessinateurs de l'édition Furne de la Comédie Humaine

Les dessinateurs

Meissonier

Puce culture Jean Louis Ernest Meissonier

Peintre, dessinateur, graveur, sculpteur.


Né le 21 février 1815 à Lyon.
Mort le 31 janvier 1891 à Paris.


Ernest Meissonier est l'un des peintres d'histoire et de scènes de genre les plus populaires et les plus décorés de la monarchie de Juillet et du Second Empire. Il a aussi été un illustrateur reconnu.

Né à Lyon, il s'installe à Paris avec sa famille en 1818. Son père se spécialise dans le commerce de teintures textiles importées et tient un magasin dans le quartier du Marais.
Meissonier fréquente d'abord le lycée Charlemagne, étudie la comptabilité à Paris et à Grenoble puis entre en apprentissage chez un droguiste avant de s'engager dans une carrière artistique. Sa formation est réduite : auprès du peintre Jules Potier d'abord, puis auprès de Léon Cogniet, vers 1833-1834. Au Louvre, il copie les petits maîtres flamands et hollandais. Parallèlement, il gagne sa vie en dessinant avec Louis Trimolet et Louis Steinheil des images pieuses, des calendriers et des éventails pour les marchands de la rue Saint-Jacques à Paris.

En 1835, après la publication de Gil Blas illustré par Jean Gigoux pour l'éditeur Paulin, le livre à vignettes* gravées sur bois* connaît un vif succès et Meissonier s'impose rapidement comme un illustrateur de talent. 
A ce titre, la rencontre avec l'éditeur Léon Curmer, en 1835, est décisive. Ce dernier lui commande d'abord quelques dessins (L'Histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament, par Lemaistre de Sacy, 1835 ; Les Saints Evangiles, 1836 ; Traditions de Palestine, par Miss Harriett Martineau, 1838) puis il lui confie cent trente illustrations pour Paul et Virginie et La Chaumière Indienne, par Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre (1838). Comme François-Louis Français, Meissonier réalise des motifs floraux et végétaux, des natures mortes, de petites scènes de genre et des paysages très précis et détaillés, pour des en-têtes*, des *, des culs-de-lampe* et pour diverses vignettes. Par souci d'exactitude, Léon Curmer incite les deux artistes à se documenter et les accompagne au jardin des Plantes et à la Bibliothèque Nationale, en quête de modèles (note manuscrite de Curmer datée du 8 septembre 1849, citée dans Vicaire, 1894-1910, t. 7, col. 58). Avec ses quatre-vingt-sept dessins pour La Chaumière Indienne, Meissonier est le principal illustrateur de ce livre qui comporte jusqu'à cinq illustrations par page ! Il acquiert grâce à lui une solide renommée.

Il collabore ensuite aux Français peints par eux-mêmes de Curmer (1839-1842), ouvrage pour lequel il donne une centaine de modèles, de nouveaux paysages (Les Arènes de Nîmes), des scènes figuratives de petit format (Le Modèle ; Le Bouquiniste) et cinq personnages contemporains en pleine page dans un style réaliste (Le Maître d'études ; Le Marchand d'habits ; Le Chartreux ; Le Gniaffe ou cordonnier rapportant son ouvrage ; Le Gniaffe travaillant).
Parallèlement, il travaille pour les éditeurs Pierre-Jules Hetzel (Le Livre des enfants, Contes de fées par Mme Elise Voiart et Amable Tastu, 1836-1838), Charles Furne (Œuvres d'Alphonse de Lamartine, La Chute d'un ange, t. XI et XII, 1839), et Jacques-Julien Dubochet (Lazarille de Tormes, par Mendoza, 1846). Tous trois le chargent de cinq dessins pour illustrer La Comédie humaine d'Honoré de Balzac (1842-1846).

Outre les dessins pour des vignettes gravées sur bois, Meissonier donne aussi des modèles pour des gravures sur acier* (Discours sur l'histoire universelle, par Bossuet, 1841 ; Notre-Dame de Paris, par Victor Hugo, 1844). Il dessine également quelques lithographies* et grave quelques eaux-fortes*, seul (Le Grand Fumeur, publié dans Le Cabinet de l'amateur et de l'antiquaire, 1843) ou avec le peintre de paysage Charles-François Daubigny (figure du moine dans Le Moine lisant dans un paysage, 1838 ; figures de La Tonnelle).

A partir des années 1840, l'artiste abandonne progressivement l'illustration au profit de la peinture. De petit format, minutieuse et soigneusement documentée, celle-ci s'inscrit dans le prolongement de ses vignettes et lui emprunte certains sujets (Le Docteur Anglais, au Salon de 1839, reprend le motif d'une eau-forte de La Chaumière Indienne).
Sa dernière contribution importante dans le domaine de l'illustration concerne Les Contes rémois du comte Louis de Chevigné (1856-1858).
Enfin, intéressé par les nouvelles techniques et la photographie, il s'essaie à la photogravure* (Le Héraut de Murcie, Le Héraut et L'Epée et les Femmes, 1881).

Meissonier a reçu de nombreuses médailles au Salon pour son œuvre peint. Il est élu membre de l'Académie des Beaux-Arts en 1861 et président de l'Institut en 1876 et 1891.
Patriote, il lance une campagne pour exclure du Salon de 1872 Gustave Courbet, compromis lors de la destruction de la colonne Vendôme par les Communards.
Il préside également la Société nationale des Beaux-Arts, de sa fondation en 1879, jusqu'en 1891 et reçoit la Grande Croix de la Légion d'honneur en 1889.
Meissonier meurt le 31 janvier 1891 à Paris. Il est enterré à Poissy où il vécut de nombreuses années (1846-1891). Le Musée d'Art et d'Histoire de cette ville conserve un fonds sur l'artiste.


Notice établie par Claire Scamaroni.
Puce culture Jean Louis Ernest Meissonier a réalisé cinq dessins pour l'édition Furne de La Comédie humaine.
Puce culture Liste des oeuvres de Jean-Louis-Ernest Meissonier conservées à La Maison de Balzac (recensement en cours)

- Fonds graphique :

"Madame de Beauséant", La Femme abandonnée, éd. Furne, t. II, 1842 [inv. 1070] ; La Comédie humaine, gravures de l'édition Furne parues dans l'Illustration et le Charivari, 1842 [inv. 390].

- Fonds de la bibliothèque :

La Comédie humaine, Furne, 1842-1846 [8° Ca 28] ; Physiologie du rentier de Paris, 1841 [R 8° Cc 711] ; Oeuvres illustrées de Balzac, Marescq, 1851-1853 [R 4° Ca 2] ; Oeuvres illustrées de Balzac, Lévy, 1867 [R Fol° Ca 1].

Mise à jour le : 07 février 2007
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