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Les arbres remarquables à Paris

crédits : Mairie de Paris - Déborah Lesage

L’arbre remarquable, c’est l’arbre qu'on remarque ! Il se distingue par sa singularité, sa morphologie, son identité ou encore son rôle social. Cette distinction lui permet d’entrer au panthéon du patrimoine naturel, culturel ou paysager. Les quelque 222 spécimens remarquables répertoriés à Paris appartiennent à 80 essences d'arbres différentes. Les platanes (36 sujets) et les hêtres (18 sujets), par leur longévité et leur port impressionnant sont les mieux représentés.

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Carte interactive des arbres remarquables

 


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Les arbres remarquables de Paris sont signalés par une plaquette d'identification.

Plaquette d´identification - arbres remarquables
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Le plus vieil arbre de Paris, le robinier du square Viviani

La curiosité du square René-Viviani - Montebello est sans conteste le plus vieil arbre de Paris, un robinier planté en 1601. Les plants ont été rapportés d'Amérique par Jean Robin (1550-1629), jardinier du Roi et directeur du jardin des Apothicaires (aujourd'hui Jardin des Plantes). Il mesure 15 m de haut et 3,50m de circonférence. La taille maximum habituelle d'un robinier est de 10m. La silhouette de ce très vieil arbre est fatiguée. Son tronc est tellement large que son poids et celui des branches et des feuilles l'ont penché. Habilement dissimulée sous une masse luxuriante de lierre, une structure en ciment supporte et étaye le tronc incliné. Ceci lui permet de tenir encore debout.

Le robinier est un arbre robuste a croissance rapide et qui se propage spontanément. Il ressemble beaucoup à l'acacia et il faut être botaniste pour les différencier. Ses fleurs délicatement parfumées apparaissent en avril-mai. Elles se transforment ensuite en grosses gousses remplies de graines. Les fleurs sont couramment utilisées dans la cuisine Provencale.

Contrairement aux lieux communs qui courent sur le lierre, ce n’est pas une plante parasite. Il émet bien des racines dites crampons qui sont capables de se fixer sur les supports les plus divers, mais elles ne peuvent pas pénétrer dans l’arbre. Depuis des années, les jardiniers maintiennent la présence du lierre sur le robinier du square Viviani. Il masque les étais peu esthétiques. Les bûcherons-élagueurs interviennent toutefois régulièrement pour limiter son développement. Il pourrait en effet étouffer l’arbre en empêchant la lumière de passer et son poids pourrait rompre les rameaux fragiles.

La santé de cet aieul est surveillée de près

Rassurez-vous même si l'arbre paraît un peu bancal il est en parfaite santé. Tous les arbres parisiens subissent un contrôle annuel. Mais les jardiniers municipaux surveillent plus particulièrement ce vénérable ancêtre.  Son évolution est observée avec attention et chaque année, au printemps, les jeunes pousses du lierre sont supprimées. Cette opération s’accompagne du nettoyage de l’arbre et de la suppression du bois mort par les bûcherons de la Ville.

En 2010 une margelle protectrice a été construite en cercle autour de l'arbre. Elle sert à la fois de protection (en délimitant un périmètre protégé et recouvert de broyat pour permettre au sol de respirer autour de l'arbre) et de lieu de repos puiqu'elle comporte un banc circulaire. La margelle est composée d'un tressage en chataignier selon une méthode qui date du moyen âge et qui est à nouveau appliquée dans certains jardins. La partie banc est en chêne.

Le 1er Robinier a été planté Place Dauphine en 1601 mais a disparu depuis longtemps… Issus de celui-ci, 2 autres Robiniers ont été plantés dans Paris : un dans le Square Viviani et un dans le Jardin des Plantes en 1636.

Une voisine très ancienne aussi : l'église Saint-Julien-le-Pauvre
La très ancienne église de Saint-Julien-le-Pauvre , qui jouxte le jardin, était située sur la route des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle. C’était un axe stratégique, à l’intersection de deux voies romaines conduisant à Orléans et le Midi, et vers Lyon et l’Italie.

Le Square René-Viviani - Montebello
Créé en 1928, le square René-Viviani - Montebello est situé au nord et autour de l'église Saint-Julien-le-Pauvre, face à Notre-Dame. Il doit son nom à l'avocat et homme politique français René Viviani, un temps député du 5e arrondissement de Paris à la fin du XIXe siècle, premier ministre du Travail et inventeur de l'impôt sur le revenu, mort en 1925, ainsi que du quai de Montebello qui le longe.

Square René-Viviani - Montebello
2 rue du Fouarre ,75005 PARIS

 

 

L'arbre de la justice, l'orme de Saint-Gervais

L'orme déploie à nouveau son feuillage printanier sur le parvis de l'église St-Gervais-St-Protais (4e).  Biographie d'un arbre parisien qui traverse le temps depuis le Moyen-Age.

Egratigné par la foudre, adulé par les connaisseurs, des visiteurs s'arrêtent souvent pour le saluer et toucher son tronc. Cerclé d'une chaîne protectrice, au pied de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais, l'orme mesure 12 mètres de haut pour 1,50m de circonférence. Son tronc est marqué d'une longue cicatrice due à la foudre mais qu'importe. L'arbre de la place Saint-Gervais (4e) a survécu. Il est le successeur d'une lignée d'orme qui ont occupé depuis le Moyen Âge le centre de la place. Si bien qu'on surnomme parfois cet endroit le carrefour de l'Orme.

Au Moyen-Age, les habitants du quartier avaient coutume de s’y assembler, en particulier pour le règlement de leurs créances. Il était courant de procéder à des assemblées et jugements en plein air.

Des représentations peintes ou sculptées subsistent encore dans quatre des stalles de l’église ou sur les balcons du bâtiment voisin, édifié sous Louis XV, du 2 au 14 rue François Miron.

Abattu sous la Révolution, l’orme d’origine représentait à lui seul plusieurs symboles : sacralisé au début du christianisme pour la couleur rouge de sa sève, comme le sang des martyrs, il était aussi le lieu où l’on rendait justice après la messe, sous ses ramures. On s’y rassemblait également pour boire et danser les jours de fêtes, et l’on topait pour affaire, assis sur la margelle. On raconte aussi que les femmes du quartier prélevaient, secrètement la nuit, des morceaux d’écorces, utiles contre la fièvre. Il a été abattu sous la Révolution pour servir à la construction d'affûts de canons.

L’Orme actuel a été planté au début du XX° siècle et perpétue la tradition ainsi que les mutliples représentations qui se trouvent dans le quartier. Certaines histoires racontent qu’il fut autrefois le lieu de rencontre privilégié des Francs-Maçons, et aujourd’hui des magnétiseurs de la capitale…

Plusieurs fois remplacé mais toujours là

Robert Bourdu, “Il y a tout lieu de penser que l’orme fut remplacé plusieurs fois. En effet, une estampe du XVII° siècle représente sur le parvis de l’église un orme jeune entouré d’une margelle : il n’a guère plus de 7 à 8 mètres de haut et ressemble fort à celui d'aujourd’hui. Sur un manuscrit du XVIII° siècle, il n’est pas beaucoup plus grand mais toujours entouré d’un muret de pierre, muret qu’on retrouve sur toutes les représentations anciennes, sur de vieilles enseignes conservées au musée Carnavalet, sur une plaque de cheminée rue François-Miron, comme en-tête de facture d’artisans et de commerçants : “A l’Orme de Saint-Gervais”. Cet orme a marqué profondément la vie du quartier et de la paroisse. Il figure sur les balustrades en fer forgé du premier étage des maisons de la rue François-Miron et de la rue des Barres, sur les miséricordes des stalles de l’église, il orne la bannière paroissiale, le sceau et les jetons des marguilliers… (...)

A la révolution, il est violemment menacé comme symbole de l’Ancien Régime. Premier Ventôse, an II : “La société populaire de la section de la Maison commune demande que l’on fasse abattre l’arbre planté par le fanatisme, appelé l’Orme de Saint-Gervais.” Cependant, nul n’est capable de préciser quand il fut effectivement abattu : pendant la Révolution ? en 1806 ? en 1811 ? ou plus récemment encore ? Quoi qu’il en soit, en 1847, le curé de la paroisse demande que les doubles rangées de platanes qui se meurent autour de la place soient remplacés par un orme.”  (Source: Robert Bourdu et Michel Viard, Arbres Souverains, Ed. Dumay, 1998)

Où voir l'Orme ?

Place Saint-Gervais (4e)
Métro : Hôtel-de-Ville (lignes 1/11)
Bus : 67 arrêt Pont-Louis-Philippe - 69/76/96 arrêt Saint-Gervais

 

Un autre arbre de la justice, le chêne de Saint-Louis
Louis IX de France, plus connu sous le nom de Saint Louis rendait la justice sous un chêne. Le chroniqueur Jean de Joinville, son principal biographe et l'un des principaux témoins lors de son procès de canonisation, rapporte dans sa Vie de Saint Louis que Louis IX rendait la justice sous son chêne à Vincennes : « Il advint maintes fois qu’en été, il allait s’asseoir au bois de Vincennes après sa messe, s’adossait à un chêne et nous faisait asseoir autour de lui. Et tous ceux qui avaient un problème venaient lui parler sans en être empêchés par un huissier ou quelqu’un d’autre. »

 

Les arbres et les hommes

Des liens étroits ont été tissés de tout temps entre les arbres et les hommes. Devoir couper un arbre séculaire est toujours un déchirement. L'arbre a souvent été représenté comme symbole de vie, de pérennité et de sagesse.
L'arbre de vie
Les arbres de vie peuvent être gravés, peints, brodés, imprimés ou sculptés. Ils symbolisent la force, les origines et le développement de la vie, l'importance des racines. L'arbre est présent dans les traditions islamiques, juives et chrétiennes où il est symbole d'immortalité. L'arbre unit la terre au ciel, il est un symbole de splendeur et de puissance.
Arbre a palabres
En Afrique, l’arbre à palabres est un lieu traditionnel de rassemblement, à l'ombre duquel on s'exprime sur la vie en société, les problèmes du village, la politique. C'est aussi un lieu où les enfants viennent écouter conter des histoires par un ancien du village (source wikipédia).

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