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Partager sur Facebook | Partager sur Twiter | Partager | Imprimer | A+ | A- | A=Un peu d'histoire

Mairie de Paris
[30/10/2006]
A plus d'un titre, la Seine est au cœur de Paris. Géographiquement, elle en est l'axe central, conséquence du rôle qu'elle a joué dans l'histoire de la ville. Très tôt perçue comme un atout territorial et économique majeur, elle accompagne l'essor parisien.

 Aux sources de Paris

Paris trouve son origine autour de la Seine. Les pirogues et les vestiges retrouvés à Bercy attestent une présence humaine dès le Néolithique. Mais c'est l'île de la Cité qui constitue le véritable noyau autour duquel s'est développée la ville : Lutèce, l'antique cité des Parisii, mentionnée par César, n'était initialement qu'un oppidum. Son implantation stratégique, sur un site naturel formant un carrefour entre un passage à gué et la voie fluviale, est déterminante pour son expansion.

 Entre expansion et danger

Le fleuve, conditionnant l'extension de la ville entre ses deux rives, en constitue le centre topographique et le moteur économique. Le contrôle de la navigation, première source de richesses, assure dès le Iier siècle un important pouvoir à la confrérie des marchands appelés Nautes. Le pilier retrouvé sous Notre-Dame, élevé en l'honneur de l'empereur romain Tibère, laisse supposer qu'ils détenaient également une autorité politique. Liaison économique avec la mer, la Seine reste aussi un axe d'invasion : entre 885 et 888, les Vikings tentent à plusieurs reprises d'assiéger Paris en remontant le fleuve.

 Pouvoir des marchands de l'eau

Ville royale, Paris voit également se préciser un pouvoir municipal en grande partie issu d'une corporation de marchands, la Hanse, qui représente la principale activité de Paris : le commerce par voie d'eau. Si sa filiation avec les Nautes n'est pas certaine, son rôle est toutefois le même : assurer le contrôle des marchandises entrant et sortant de Paris. Autorisée à percevoir des taxes pour l'entretien des ports et infrastructures fluviales, cette corporation, dont la première mention date de 1211, dispose d'une juridiction reconnue par le roi, confirmée par Louis VII et renforcée par Philippe Auguste.

Cette confrérie donne naissance à la bourgeoisie urbaine qui gère l'administration parisienne : les prévôts des marchands et les échevins sont choisis parmi ses membres. Dès lors, le siège des activités municipales se confond de manière très significative avec le lieu où se réunit la Hanse : tout d'abord le " parloir aux bourgeois ", situé à proximité de l'actuelle rue Saint-Jacques, puis, après 1357, la " Maison aux piliers ", emplacement de l'actuel Hôtel de Ville. Cette symbiose se retrouve dans les emblèmes de Paris, qui adoptent les symboles même de cette confrérie. De nos jours encore, les armes figurent un bateau et la devise reste " Fluctuat nec mergitur " (" Il vogue mais ne sombre pas ").

 Fleuve nourricier

Si certaines marchandises ne font que transiter par la capitale, la Seine est aussi la première voie pour l'approvisionnement de Paris en matériaux de construction, en bois de chauffage et en denrées alimentaires. Celles-ci fournissent foires et marchés qui donnent à Paris un rayonnement commercial d'importance régionale. Du Moyen-Age au XVIIIe siècle, le potentiel économique du fleuve crée toute une activité autour de son exploitation.

Les ports sont disséminés dans tout Paris, et plus particulièrement sur la rive droite où il est plus facile d'aborder. Le plus important d'entre eux, le port de Grève, qui s'étende de l'actuelle place de l'Hôtel de Ville au pont Marie, reçoit toutes sortes de marchandises. D'autres se spécialisent : ports au bois, au blé, au vin… Par ailleurs, la Seine est également une source d'énergie pour les moulins, les laminoirs et la pêche, autant d'activités qui se poursuivent sans discontinuer jusqu'au XVIIIe siècle.

 Voie de circulation

Au milieu du XVIIIe siècle, la volonté d'assainir Paris amène à considérer la Seine sous un jour nouveau. Les abords en sont dégagés et ordonnés, ce qui tend peu à peu à faire disparaître les activités dont le fleuve était le centre. Le transport devient progressivement sa fonction principale et le trafic fluvial s'accroît.

Dès le début de XIXe siècle, la circulation est améliorée par la reconstruction des ponts et la canalisation de la Seine. La création des canaux permet également de compléter les communications par voie d'eau. Dès lors, la Seine peut accompagner le développement industriel de Paris dont les activités nouvelles se déploient à l'Est et à l'Ouest de la capitale, lieu où se fixe alors l'activité portuaire, bientôt relayée à l'Est par le chemin de fer, avec l'implantation de gares.

Aujourd'hui, en dehors des cimenteries et carrières, reportées en périphérie de la capitale, l'industrie a globalement quitté les bords de la Seine dans Paris. C'est désormais l'agrément qui prime dans l'usage des rives de la capitale.

 Paris, 2e port fluvial d'Europe

Reliant l'Ile-de-France et la Champagne à la mer du Nord, la Seine est la voie navigable la plus fréquentée de France avec 21,3 millions de tonnes de marchandises qui y transitent chaque année. Si les grands sites portuaires sont situés en dehors de Paris, à Gennevilliers, Bonneuil-sur-Marne et Limay, une quinzaine de ports linéaires subsiste intra muros, comme le pont Victor (rive gauche), permettant d'acheminer les matériaux de construction et d'évacuer les déblais.

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