«« retour

Partager sur Facebook | Partager sur Twiter | Partager | Imprimer | A+ | A- | A=La prévention des crues

Crédits photo : Mairie de Paris - Henry Garat
[04/11/2013]

La crue de janvier 1910 qui paralysa Paris pendant plus d’une semaine a incontestablement fait prendre conscience de la nécessité de préserver autant que possible la capitale et son agglomération du risque inondation.

 

En raison de sa topographie, l’Ile-de-France demeurait, en effet, extrêmement vulnérable. Aussi, depuis lors, des mesures ont été prises et des travaux effectués pour réduire les conséquences d’une nouvelle crue « exceptionnelle » : construction de parapets, rehaussement de ponts et de quais de la Seine, creusement du lit du fleuve, ou encore suppression du barrage-écluse de la Monnaie. Ces travaux ont sensiblement amélioré l’écoulement des eaux qui traversent la capitale.

Des aménagements pour limiter les crues de la Seine

Après la crue de 1924, le Ministère des travaux Publics lança un vaste chantier pour l’aménagement, en amont de Paris, de quatre grands lacs artificiels. Mis en service pendant la période 1950-1990, ils sont actuellement gérés par l’Institution Interdépartementale des Barrages Réservoirs du Bassin de la Seine (IIBRBS) dont la Ville de Paris est membre. Ces « barrages réservoirs» permettent la régulation du débit de la Seine et de la Marne. Ainsi, en cas de crue, l’eau des rivières est prélevée, stockée pour en limiter l’amplitude ; puis restituée progressivement au fleuve ; on estime aujourd’hui que ces barrages permettraient, dans le cas d’une crue de type 1910, de diminuer d’environ 70 cm la hauteur d’eau de la Seine à Paris.

Préserver les Parisiens des conséquences néfastes d’une inondation est une préoccupation constante de la municipalité parisienne. Ainsi, a-t-on pu assister, ces dernières années, à la mise en place de protections permanentes (surélévation de parapets) ou de protections mobiles (batardeaux, barrières anti-crues ou rehausses de parapets). De telle sorte que l’on peut affirmer aujourd’hui que le dispositif pour contenir la Seine dans son lit jusqu’à la cote atteinte en 1910 est désormais opérationnel.

Le réseau municipal d’assainissement a également fait l’objet de nombreux travaux visant à permettre un fonctionnement normal tant qu’il n’y a pas d’inondation de la voie publique. Et le réseau d’alimentation de Paris en eau potable, ne devrait pas connaître de dysfonctionnements tant que les immeubles seront alimentés en énergie électrique. Néanmoins, si une crue devait dépasser le niveau atteint par la Seine en 1910, une partie de l’alimentation en eau dans Paris pourrait ne plus être assurée. Dans ce cas, Paris dispose d’une réserve d’eau supplémentaire utilisable grâce à la nappe de l’Albien située sous son territoire à une profondeur de 600m, et donc insensible aux crues. Dans Paris même, il existe aujourd’hui cinq puits dont chacun dispose d’une capacité de production de 150 000 l/heure. Trois de ces puits sont librement accessibles. La réalisation de deux puits supplémentaires est prévue dans les années à venir.

Le niveau de la Seine est sous sourveillance permanente


Les caractéristiques hydrométriques de la Seine, notamment sa hauteur et son débit, sont surveillées en permanence par le Service de Prévision des Crues « Seine Moyenne Yonne Loing ». Ce service dépend de la Direction Régionale et Interdépartementale de l’Environnement et de l’Energie d’Ile-de-France.

La cote de la Seine est mesurée en permanence à l’échelle dite d’Austerlitz qui est située à proximité du pont du même nom. Le «zéro» de cette échelle a été fixé à 25,92 m NGF-IGN69 (NGF = Niveau Général de la France établi pour la France métropolitaine en 1969 et dont le zéro est déterminé par le marégraphe de Marseille).

Le service de voirie de la ville de Paris mesure également la cote de la Seine au moyen d’une sonde situé au débouché en  Seine du bassin de l’Arsenal.

En temps normal, le niveau de la Seine avoisine le zéro de l’échelle d’Austerlitz (soit environ 26 m NGF) et son débit est de l’ordre de 330 m3/s. En 1910, la Seine avait atteint au pic de la crue une hauteur de 8,62 m pour un débit de 2400 m3/s.

Une autre façon d’évaluer le niveau de la Seine, moins officielle mais tellement parlante pour les parisiens, est d’observer les pieds du zouave du pont de l’Alma. En temps normal, ses pieds sont au sec, mais dès que la crue progresse, ses pieds sont dans l’eau. En 1910, au moment du pic de la crue, le zouave du pont de l’Alma avait les épaules sous l’eau.

La cote de la Seine est quotidiennement transmise à la Préfecture de Police de Paris qui la communique ensuite au Centre de Veille Opérationnelle de la Ville de Paris dès lors que la hauteur de 2,50 m à l’échelle d’Austerlitz est atteinte. Les services municipaux notamment ceux de la direction de la voirie et des déplacements et la direction de la propreté et de l’eau sont placés en situation de vigilance afin de prendre les premières dispositions pour protéger la voie publique et le réseau d’assainissement de la montée des eaux.

Fermeture des voies sur berges :  comment ça marche ?

Entre 3 m 20 et 6 m 10, sept tronçons sont progressivement fermés en fonction de la montée des eaux. 

  • Tronçon 1           3 m 20   Pont Royal – Pont de l'Alma
  • Tronçon 2           3 m 45   Tuileries – Mazas
  • Tronçon 3           3 m 70   Pont du Garigliano – Pont de Bir Hakeim
  • Tronçon 4           4 m 35   Voie d'évitement Valhubert
  • Tronçon 5           4 m 80   Voie sous le Pont National
  • Tronçon 6           5 m 90   Voie Mazas
  • Tronçon 7           6 m 10   Souterrain Citroën Cévennes


En période de crue, le service d’assainissement de la ville de Paris procède également, selon la cote de la Seine, à la fermeture des déversoirs d’orages, organes de liaison entre le réseau d’assainissement et la Seine, afin d’éviter que la Seine inonde le réseau d’égouts.

La fermeture des voies sur berges s’effectue selon l’importance et la durée de la crue soit avec de simples cônes soit avec des batardeaux ou des rehausses de parapets ou encore des barrières anticrue.

Les voies sur berges sont progressivement rouvertes dès lors que le niveau de la Seine le permet et que les voies sur berges ont été nettoyées par les services de la propreté de Paris.

Pour connaître le niveau de la Seine et les prévisions de crues: vigicrues.seine 

Etes-vous en zone inondable?

Carte des zones inondables à Paris 

A noter :

- A partir de 4m30, la navigation fluviale est arrêtée.
- Lors de la crue de 2001, la Seine a atteint la hauteur de 5m21. En 1910, elle a culminé à 8m62.

La carte de Paris - nouvelle fenêtre

La carte de Paris